mercredi, 30/09/2026   
   Beyrouth 12:36

Affaire Epstein : des ministres norvégiens passés au gril

Le Parlement norvégien a lancé mercredi des auditions de ministres, actuels et anciens, pour examiner le contrôle et la culture au sein du service diplomatique, après les révélations sur les liens passés entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et des responsables du pays.

En toile de fond : plus de 130 millions de couronnes (12 millions d’euros au taux actuel) versés entre 1997 et 2018 par le ministère des Affaires étrangères à l’International Peace Institute (IPI), un centre de réflexion que le Norvégien Terje Rød-Larsen a dirigé de 2005 à 2020.

A la suite des révélations des documents Epstein, qui ont mis en lumière leurs liens avec le financier, M. Rød-Larsen et son épouse, la diplomate Mona Juul, architectes des accords d’Oslo en 1993, font l’objet d’une enquête en Norvège. Elle pour « corruption aggravée », lui pour « complicité de corruption aggravée ».

Le couple nie avoir commis une quelconque infraction.

Au total, 11 responsables – dont l’actuel Premier ministre Jonas Gahr Støre – ayant occupé les postes de ministre des Affaires étrangères ou de ministre de l’Aide au développement depuis 2005 vont être entendus par la commission de contrôle et des affaires constitutionnelles du Storting, le Parlement monocaméral du pays.

Outre M. Rød-Larsen et Mme Juul, les documents Epstein ont mis en lumière les liens entretenus par le criminel sexuel, mort en prison en 2019, avec Thorbjørn Jagland, ancien Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, secrétaire général du Conseil de l’Europe et président du comité Nobel, ainsi qu’avec l’ex-chef de la diplomatie Børge Brende.

M. Jagland fait lui aussi l’objet d’une enquête pour soupçons de « corruption aggravée » et ne figure pas parmi les responsables convoqués par le Parlement.

« Culture de défaillance »

M. Brende, qui a démissionné en février de la présidence du Forum économique mondial, doit quant à lui être entendu mercredi.

« Les documents Epstein soulèvent de graves questions sur de possibles abus de fonction, une culture de défaillance dans l’établissement des responsabilités et une mauvaise gestion des fonds d’aide au développement », a déclaré Jonas Andersen Sayed, un membre de la commission de contrôle.

« L’affaire touche à la confiance du public dans l’ensemble du système. Il est essentiel que toute la lumière soit faite, que les responsabilités soient établies et que les réformes nécessaires soient mises en œuvre », a-t-il ajouté.

Ces auditions n’ont pas de pouvoir de sanction en elles-mêmes.

Parallèlement, le Parlement a mis en place une commission d’enquête indépendante, chargée d’un examen beaucoup plus large de l’affaire et qui doit rendre son rapport final d’ici au 31 janvier 2028.

Source : AFP