mercredi, 14/10/2026   
   Beyrouth 22:00

Des chefs militaires africains conviennent de renforcer la coopération sécuritaire et de mettre en place un mécanisme conjoint pour faire face aux menaces

Des chefs de la défense et des responsables militaires de plus de 18 pays africains ont examiné les moyens de renforcer la coopération militaire et de développer des capacités de défense communes pour faire face aux menaces sécuritaires croissantes sur le continent. Ces discussions se sont tenues sous le thème : « Renforcer les réponses militaires flexibles et non liées au combat face aux menaces sécuritaires complexes et émergentes en Afrique ».

Cette initiative a eu lieu lors de la conférence inaugurale des chefs de la défense africains consacrée aux « opérations militaires autres que la guerre », organisée à Kampala, la capitale ougandaise. L’événement a réuni des chefs de la défense, de hauts responsables militaires, des représentants de l’Union africaine et d’organisations régionales, des attachés militaires accrédités en Ouganda, ainsi que des chefs de missions de maintien de la paix des Nations unies et de l’Union africaine.

La conférence a offert une plateforme stratégique pour débattre des mutations du paysage sécuritaire africain et explorer les moyens de renforcer la capacité des États à prévenir, gérer et répondre aux crises complexes. Ce besoin s’inscrit dans un contexte de défis croissants dépassant le cadre des guerres conventionnelles, imposant le développement de capacités militaires plus flexibles et adaptables, ainsi que le renforcement de la coopération régionale et la coordination des réponses sécuritaires.

Les discussions ont porté sur l’amélioration de l’échange de renseignements, le développement de programmes d’entraînement militaire conjoint, l’optimisation des mécanismes d’alerte précoce et la coordination entre les institutions et agences concernées, tout en visant à élargir la coopération régionale pour contrer les menaces transfrontalières. Les participants ont souligné l’importance d’harmoniser les doctrines opérationnelles, de renforcer la coopération civilo-militaire et de développer des capacités militaires interopérables. Ces mesures visent à faciliter la mise en œuvre de réponses conjointes, coordonnées et opportunes, tout en renforçant la capacité des États africains à gérer des crises dépassant leurs frontières nationales.

Les responsables de la défense ont également insisté sur la nécessité d’intégrer les principes relatifs aux droits de l’homme, à la responsabilité et à la protection des civils dans les opérations militaires. Cette intégration est particulièrement cruciale lors d’urgences humanitaires, d’opérations de secours en cas de catastrophe et d’autres missions non combattantes nécessitant une coordination étroite entre les institutions militaires et les acteurs civils concernés.

De son côté, le président ougandais, Yoweri Museveni, a mis en exergue, lors de son allocution d’ouverture, le lien étroit entre sécurité nationale, développement économique et intégration régionale, affirmant que le renforcement de capacités de défense durables repose sur des fondations économiques solides. Il a appelé les États africains à aligner leurs priorités sécuritaires sur les efforts de création de richesse, de promotion du développement industriel et de soutien à une prospérité continentale inclusive, soulignant l’importance de l’intégration des dimensions sécuritaires et économiques pour bâtir des capacités de défense capables de répondre à des défis en constante évolution.

Les participants ont convenu de mettre en place un mécanisme institutionnel chargé de coordonner la mise en œuvre des recommandations formulées et d’en assurer le suivi. L’Ouganda a été désigné pour accueillir le secrétariat de ce mécanisme, offrant ainsi un cadre organisationnel propice à la poursuite de la coordination entre les États participants et au renforcement de la coopération militaire à l’échelle du continent. Le forum doit se tenir tous les deux ans, avec pour objectif d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations, de renforcer les partenariats militaires et de faire avancer les priorités en matière de sécurité commune, favorisant ainsi l’élaboration de réponses africaines plus coordonnées et plus efficaces face aux menaces sécuritaires émergentes.

Source : Médias