samedi, 17/10/2026   
   Beyrouth 15:07

L’Italie élargit son enquête sur les abus contre la flottille pour Gaza à Israel Katz

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, ainsi que de hauts responsables militaires, policiers et pénitentiaires font l’objet d’une enquête en Italie concernant le traitement réservé aux militants de la flottille pour Gaza, ont annoncé les procureurs italiens.

Le parquet de Rome a indiqué vendredi que l’enquête, initialement centrée sur le ministre d’extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, portait sur des soupçons de torture, d’enlèvement, de blessures volontaires, de vol et de dégradations lors des interceptions par Israël de bateaux à destination de Gaza en 2025 et 2026.

Les enquêteurs ont ouvert cette procédure à la suite de plaintes déposées par 50 ressortissants italiens détenus par les autorités israéliennes lors de deux missions de la flottille Global Sumud, en septembre-octobre 2025 et en avril-mai 2026.

Outre Israel Katz et Itamar Ben-Gvir, les procureurs ont désigné comme suspects 12 hauts responsables militaires, policiers et pénitentiaires israéliens, dont le chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir.

Menaces de mort et passages à tabac

L’enquête visant Itamar Ben-Gvir avait été ouverte après la condamnation internationale suscitée par des images diffusées par le ministre en mai, montrant des militants de la flottille détenus, agenouillés et les mains liées.

Dans l’une des vidéos, des agents ont plaqué au sol une militante après qu’elle eut scandé : « Libérez la Palestine, libérez la Palestine ».

Le gouvernement italien avait dénoncé un traitement « inacceptable » et convoqué l’ambassadeur israélien. Rome avait ensuite demandé à l’Union européenne d’examiner la possibilité de sanctions contre Itamar Ben-Gvir.

Les militants détenus lors de la première mission ont fait état de passages à tabac, de blessures, de menaces de mort, d’insultes et d’accusations de terrorisme, selon les procureurs.

Les participants à la deuxième mission ont déclaré avoir subi des traitements encore plus brutaux, notamment des coups dans l’obscurité ainsi que l’utilisation de pistolets à impulsion électrique et de balles en caoutchouc.

Les enquêteurs ont indiqué avoir identifié des personnes au sein des chaînes de commandement militaires et policières impliquées dans les opérations.

En juin, les procureurs ont adressé à Israël une demande d’entraide judiciaire afin d’obtenir des informations permettant de reconstituer les faits et d’établir les responsabilités individuelles. Ils n’ont pas précisé si les autorités israéliennes avaient répondu à cette demande.

Ils ont également mené des discussions avec Eurojust, l’agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire, alors que des enquêtes similaires sur les deux missions étaient en cours dans d’autres pays européens, dont ils n’ont pas révélé les noms.

En vertu du droit italien, les infractions commises à l’étranger contre des citoyens italiens peuvent faire l’objet de poursuites à Rome.

Le fait d’être visé par une enquête ne signifie pas que la culpabilité est établie et n’entraîne pas automatiquement un procès. Les procureurs peuvent demander formellement la tenue d’un procès s’ils estiment que les charges sont justifiées.

Les organisateurs de la flottille affirment que ces missions visaient à briser le blocus israélien de Gaza et à acheminer de l’aide humanitaire.

Source : TRT