mercredi, 24/06/2026   
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4 exigences israéliennes à Washington calquées sur les demandes de l’autorité libanaise soumise à la tutelle

La cinquième session de négociations à Washington a ouvert un nouveau chapitre de l’incertitude qui entoure l’avenir du front libanais, au moment où les efforts diplomatiques se déploient sur deux voies parallèles dont la convergence reste floue.

La première, initiée en Suisse, a débouché sur un ensemble d’ententes et de mécanismes encore à l’étude ; la seconde consiste en des négociations directes à Washington censées tester la faisabilité de la traduction de ces ententes en réalités politiques et sécuritaires.

Entre ces deux voies, l’horizon est loin d’être dégagé, d’autant que les indices s’accumulent quant à l’existence de divergences au sein même des États-Unis sur la gestion du dossier libanais et sur les limites de l’ouverture aux arrangements régionaux qui y sont liés.

Cette opacité est accentuée par ce qui s’apparente à une rébellion israélienne contre la trajectoire que Washington tente de consacrer.

En effet, alors que l’administration américaine pousse à la consolidation du cessez-le-feu et à la création de mécanismes pour empêcher son effondrement – conformément à l’accord préliminaire avec l’Iran –, le gouvernement de Benjamin Netanyahu continue de marteler qu’il n’entend pas renoncer à sa « liberté d’action militaire » dans le Sud, et qu’il ne considère pas les ententes proposées comme une référence finale et contraignante.

4 exigences pour ‘Israël’

Avec le lancement mardi de la 5ème session des négociations de Washington, la scène libanaise s’est retrouvée face à un test d’une extrême sensibilité.

Cela survient sur fond d’une impression croissante selon laquelle des parties au sein de « l’autorité soumise à la tutelle » poussent à l’adoption de positions calquées sur la stratégie de l’ennemi, consistant à lier tout retrait à des mesures liées au désarmement de la Résistance.

En pratique, cela revient à offrir une couverture à la poursuite de l’occupation et à précipiter le pays vers une confrontation interne d’une extrême gravité.

C’est ce qui s’est concrètement traduit dans les directives remises à la délégation pour les négociations, notamment en ce qui concerne l’acceptation des « zones d’expérimentation » voulues par ‘Israël’ selon les règles fondamentales suivantes :

1-L’autorité libanaise doit charger l’armée libanaise de prendre le contrôle de la zone d’Ali al-Taher, d’en expulser les combattants du Hezbollah et d’y détruire les installations existantes, le tout sous supervision américaine directe. Une fois l’exécution des demandes vérifiée, les forces d’occupation se retireront des régions de Zaoutar et de Kfar Tibnit. Des mesures similaires seront ensuite appliquées à plus grande échelle avant tout repli israélien supplémentaire au sud du fleuve Litani.

2- Concernant le dossier des prisonniers, ‘Israël’ veut mener à bien ce qu’il considère comme une ancienne mission datant de plus de vingt ans : élucider le sort du pilote israélien Ron Arad. Il pose ainsi une équation reposant sur la remise de ses restes avant toute libération de prisonniers.

3- ‘Israël’ s’accroche au maintien de ce qu’il nomme la « zone de sécurité » et cherche à imposer une nouvelle ligne frontalière à son périmètre, en interdisant toute approche, qu’elle soit civile ou militaire. Cette zone sera considérée comme une menace imminente et, par conséquent, comme une zone de tir à mort.

4- ‘Israël’ exige que la mise en œuvre de ces arrangements se fasse par le biais d’une coordination directe et sans intermédiaires entre l’armée libanaise et les forces d’occupation présentes sur le territoire libanais, tout en restreignant les mouvements de l’armée libanaise sur le terrain en les liant à cette coordination préalable.

Les USA complaisants envers ‘Israël’

Dans ce contexte, on a noté mardi l’appel conjoint passé par le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio au président de la République, Joseph Aoun.

Ils y ont réaffirmé « le soutien des États-Unis aux orientations de l’État libanais » et ont informé Aoun que le mécanisme conclu avec l’Iran et le Qatar était toujours à l’étude et que sa formule finale n’avait pas encore été arrêtée.

Cet appel a coïncidé avec des informations publiées par le journal Israel Hayom concernant de « sérieuses divergences au sein de l’administration de Donald Trump sur le dossier libanais et les répercussions des récentes ententes régionales ».

Le journal rapporte que le département d’État « s’oppose fermement à l’idée de créer la cellule de médiation régionale évoquée à la suite des réunions en Suisse, estimant que cette formule pourrait offrir à Téhéran une marge d’influence supplémentaire sur le processus de négociation entre le Liban et Israël ».

En revanche, les données indiquent que l’entourage du vice-président a fait preuve de plus de flexibilité à l’égard de l’initiative, après que Doha a réussi à la promouvoir comme faisant partie d’arrangements plus larges pour appliquer le protocole d’accord entre Washington et Téhéran.

Rubio aurait quant à lui déclaré : « Tant que le Hezbollah et les groupes qui lui sont loyaux sont présents dans la région, parler d’un cessez-le-feu global n’est pas réaliste ».

‘Israël’ teste par le feu

Au milieu de cette atmosphère, l’ennemi a cherché à tester les intentions de Washington en commettant un nouveau crime : ses forces au sol et ses drones ont ouvert le feu, faisant des martyrs et des blessés.

Des sources bien informées ont indiqué que l’ennemi « profite de ces divergences pour poursuivre ses opérations, le terrain ne reflétant aucun signe réel d’apaisement ».

Cette violation s’est accompagnée d’un message politico-sécuritaire direct contenu dans un communiqué conjoint de Netanyahu et du ministre de la Guerre Israël Katz, dans lequel ils affirment que « l’armée israélienne continuera de cibler toute menace qu’elle estime exister sur le territoire libanais, et que les règles d’engagement accordées aux forces déployées sur le front nord n’ont subi aucune modification ».

La 5ème session de négociations

C’est là que surgissent les craintes de voir ce qui se passe s’inscrire dans le cadre d’une manœuvre politique et sécuritaire plus vaste menée par Netanyahu en parallèle du lancement de la cinquième session de Washington.

Celle-ci consisterait à traverser la phase actuelle avec le moins de frictions possible avec l’administration américaine, sans pour autant renoncer à un objectif stratégique : déconnecter le front Sud des parapluies régionaux et internationaux qui tentent de le lier au processus de règlements en cours d’élaboration.

Quant à la délégation libanaise, elle a abordé les négociations sur la base de priorités claires liées à la consolidation du cessez-le-feu, à l’arrêt des violations israéliennes, au parachèvement du retrait des territoires libanais, au renforcement du déploiement de l’armée et au traitement du dossier des prisonniers.

Pendant ce temps, ‘Israël’ continue de proposer des approches basées sur des retraits partiels et conditionnels, liant toute étape supplémentaire à son évaluation des performances de l’État libanais dans le Sud.

L’ambassadeur israélien à Washington a reflété ce climat de division en avertissant, après la première séance, que « le processus de négociation dévie, se transformant en un mécanisme pour éviter les affrontements au lieu de se concentrer sur les armes du Hezbollah ».

De même, des informations indiquent que les réunions de la cinquième session ont examiné un projet de déclaration d’intentions couvrant les aspects politiques, sécuritaires et militaires, les discussions devant se poursuivre au cours des trois prochains jours.

Il a été précisé que la réunion a débuté sous une formule conjointe, diplomatique et militaire, avant que les deux délégations ne se séparent en deux réunions distinctes, l’une militaire et l’autre diplomatique.

En contrepartie, la chaîne israélienne Channel 14 a révélé mardi que les directives concernant les ouvertures de feu au Liban, après coordination entre les niveaux politique et militaire, stipulent l’autorisation de tirer depuis le sol vers les zones et les zones suspectes.

De plus, tout élément repéré dans la « ligne jaune » est immédiatement ciblé, même s’il ne représente pas un danger imminent.

Les tirs immédiats sont autorisés dès le repérage d’un danger manifeste, comme des cellules de missiles ou de drones, tandis que les menaces non immédiates restent hors de la zone de ciblage.

De même, l’autorité de validation des bombardements aériens est passée aux mains du commandant de la division plutôt qu’à celles du commandant de la région.

Sur le plan des canaux diplomatiques, Paris poursuit ses contacts avec le président Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre des députés Nabih Berri, cherchant à préserver un rôle européen actif dans la période à venir, notamment à l’approche des échéances liées à l’avenir des forces de la FINUL et des mécanismes de contrôle international.

Mardi, le président français Emmanuel Macron a affirmé que « le cessez-le-feu au Liban doit conduire à un retrait israélien simultané avec le déploiement de l’armée libanaise ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar