mardi, 08/09/2026   
   Beyrouth 18:15

Cheikh Al-Khatib à l’ambassadeur américain : La position américaine doit être juste et équilibrée

Le vice-président du Conseil suprême islamique chiite, Cheikh Ali Al-Khatib, a reçu cet après-midi l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michael Issa, au siège du Conseil à Hazmieh. Ils se sont entretenus pendant plus d’une heure avec lui au sujet de la situation au Liban et dans la région.

Des sources du Conseil chiite ont indiqué que la réunion avait été très franche, l’ambassadeur Issa ayant souligné la position de l’administration américaine à ce stade, et le cheikh Al-Khatib ayant expliqué la position de la communauté chiite en général face à l’occupation israélienne et à l’agression en cours contre le Liban.

Le grand ayatollah Al-Khatib a souligné « la nécessité pour les États-Unis de jouer un rôle juste et équilibré, à tout le moins, dans la résolution de cette crise », insistant sur le fait que « les chiites ne sont pas des terroristes et n’ont pas pris les armes par plaisir, mais bien en raison de l’occupation israélienne. Ils sont aujourd’hui prêts à aborder cette question si des garanties et une protection leur sont apportées, ce qui les rassurera quant à leur avenir. »

Il a exhorté l’administration américaine à « faire pression sur Israël afin qu’il prenne ne serait-ce qu’une mesure ouvrant la voie à des discussions sur la stratégie de sécurité nationale préconisée par le président de la République », notant que l’accord-cadre n’avait permis aucune avancée en ce sens. Il a également réitéré son appel à un dialogue national sous l’égide du président de la République afin d’élaborer une vision nationale globale pour aborder la prochaine phase.

Il a déclaré à l’ambassadeur américain : « La République islamique d’Iran a soutenu la résistance libanaise pour libérer le pays, tandis que vous soutenez Israël par tous les moyens alors qu’il occupe ce même territoire. Pourquoi l’un est-il interdit et l’autre permis ? »

Il a ajouté : « Les Arabes se sont accordés, lors du sommet de Beyrouth, sur la solution à deux États. Où en est cette solution aujourd’hui, et qu’ont fait les États-Unis pour la mettre en œuvre ? »

Il a poursuivi : « Est-il logique de me demander de rendre mes armes alors que vous occupez mon pays ? Quelle loi justifie cela ? Qu’Israël se retire, et nous pourrons alors discuter. »

Cheikh Al-Khatib a conclu en appelant l’administration américaine à œuvrer pour la levée du blocus du Liban, notamment en ce qui concerne l’acheminement de l’aide et des fonds destinés à secourir et héberger les personnes déplacées.

À l’issue de la réunion, l’ambassadeur des États-Unis s’est adressé aux médias : « J’ai rencontré aujourd’hui Son Éminence, et cette rencontre était cruciale car la communauté chiite est la plus touchée par la situation au Liban. Étant donné son impact majeur, je tiens à connaître l’avis de ses représentants. Nous avons abordé des questions importantes concernant la manière de transmettre le message américain à cette communauté, message que nous nous efforçons de bien comprendre. »

Il a affirmé : « Nous ne souhaitons rien d’autre que le bien de cette communauté, afin que le Sud soit restitué à ses propriétaires légitimes et que les habitants puissent regagner leurs villages et leurs foyers. Cependant, nous rencontrons une difficulté : nous ne parvenons pas à un accord avec une partie de cette communauté. La meilleure solution pour cette communauté est que cette partie prenne conscience de ses responsabilités. »

Interrogé sur ses propos tenus à Dar al-Fatwa concernant le Hezbollah, selon lesquels les États-Unis seraient prêts à négocier avec ce dernier s’il avait des propositions, Issa a déclaré : « Mes propos ont été mal interprétés. Je voulais dire que c’est l’État libanais qui négocie au nom du Liban et que nous sommes prêts à négocier avec eux par son intermédiaire afin de transmettre ce que nous pouvons. Nous ne sommes que des médiateurs. »

Source : Agence