dimanche, 27/09/2026   
   Beyrouth 20:00

Cheikh Qassem : la résistance se poursuivra jusqu’à la libération. La capitulation signifie la fin du Liban

Le secrétaire général du Hezbollah cheikh Qassem a prononcé le discours qui a clôturé le festival central organisé par le Hezbollah le samedi 27 septembre 2026, pour commémorer le deuxième anniversaire du martyre des deux secrétaires généraux du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, le Maître des Martyrs de la Oumma, et Sayyed Hachem Safieddine, au mausolée de Sayyed Hassan Nasrallah.

Il a ouvert son discours en disant : « Nous nous réunissons, à l’occasion du deuxième anniversaire du martyre des deux secrétaires généraux (que Dieu sanctifie leurs âmes), avec un groupe de moudjahidines, de martyrs, d’hommes, d’enfants et de femmes. Cet anniversaire est béni par le statut élevé des martyrs et par la poursuite du combat ; il nous a apporté la constance et la résilience. »

« Au Maître des Martyrs de la Nation : tu as tracé la voie. »

Cheikh Qassem s’est adressé au Maitre des martyrs de la oumma sayyed Nasrallah, en ces termes : « Mon maître bien-aimé, compagnon de route et frère leader dans le combat du Hezbollah et de sa résistance, tu as marqué nos cœurs, illuminé nos esprits et tracé les jalons de notre chemin. Mon maître bien-aimé, tu es la résistance, et la résistance c’est vous ; tu es êtes devenu le symbole pour les peuples libres du monde. Mon maître bien-aimé, tu es devenu le guide inspirant du monde. »

S’adressant au martyr sayyed Hachem Safieddine il a dit : « tu n’as jamais connu le repos, la fatigue ni la lassitude au service de cette cause. Tu as été un soutien et un allié précieux pour le maître des martyrs de la oumma. Mon maître, sayyed Hachem Safieddine, tu nous as quittés prématurément, mais ton courage inébranlable restera un repère sur la voie du djihad pour la résistance et ses combattants. »

Hommages aux dirigeants martyrs

Dans son discours, cheikh Qassem a rendu hommage aux autres dirigeants martyrs de la première Bataille des Braves, à savoir Fouad Chokour, « l’assistant djihadiste, comptait parmi les fondateurs de la résistance au sein du Hezbollah et a joué un rôle majeur dans la mise en place des formations de résistance », à Hajj Ibrahim Aqil, également assistant djihadiste, qui « a consacré sa vie au djihad depuis l’invasion israélienne et a joué un rôle déterminant dans la création de la Force Al-Radwan. »

Il a poursuivi avec « L’assistant djihadiste, Haj Abdel-Meneim Karky, a consacré plus de quatre décennies à la lutte islamique, établissant les premières cellules de résistance et assumant la responsabilité du quartier général de sayyed al-Chouhada durant la période de soutien. L’assistant djihadiste, avec sayyed Souhail Husseini, a pris la responsabilité de l’état-major en 2008, développant les formations et jouant un rôle d’éducateur et d’intellectuel.

Il a aussi évoqué le chef martyr, « le moudjahid Cheikh Nabil Qawouq, était un véritable pilier pour Sayyed al-Chouhada, assumant de nombreuses responsabilités, dont la dernière était la responsabilité préventive. »

Cheikh Qassem a rendu hommage au « commandant martyr Abbas Niloforoushan qui était un assistant, un conseiller et un chef de la résistance », notant que « Hajj Mortada, Hajj Adel Muhammad Bahsoun et Hajj Maher Shahin se sont élevés en martyrs aux côtés de Sayyed Safieddine ».

Cheikh Qassem a aussi adressé « un message spécial aux martyrs vivants, aux blessés des bipeurs qui ont donné un exemple admirable, ainsi qu’aux prisonniers opprimés et à tous leurs proches ».

Il a salué la mémoire des « 3 400 martyrs, hommes et femmes, de la part des résistants et du peuple de la Bataille des Braves ».

“Nous sommes fidèles à l’alliance”

Par ailleurs, cheikh Qassem a expliqué que « le Conseil de la Choura du Hezbollah a décidé de baptiser toute la période allant de la bataille des Braves à nos jours par le mot d’ordre : “Nous sommes fidèles à l’alliance” ».

Et de préciser : « “Nous sommes fidèles à l’alliance” signifie que nous poursuivons notre action, et donc que les dirigeants tombés en martyrs sont remplacés par d’autres qui continuent sur la même voie. “Nous sommes fidèles à l’alliance” signifie que nous restons fidèles à nos principes…

Nous restons fidèles à nos principes, dont le fondement est la résistance courageuse et divinement ordonnée contre l’agression. Cette résistance est islamique, nationale et humanitaire, et nous la poursuivrons contre l’ennemi jusqu’à ce qu’il quitte notre terre et que nous obtenions la libération des territoires occupés. Nous restons fidèles à notre engagement, c’est-à-dire que nous respectons le martyre de Sayyed Hassan Nasrallah. Nous restons attachés à la préservation de l’unité nationale et de la coexistence, et à la satisfaction des besoins de la population. Nous restons attachés à tirer les leçons du passé. »

Cheikh Qassem a critiqué le comportement des autorités libanaises, et mis en valeur l’action de la résistance en déclarant :

« Il semble qu’elles ont oublié de se poser la question de savoir ce qu’a fait l’État ? Qui repousse l’agression contre un État ?

Il a affirmé que « la résistance, en coopération avec les résistants et les personnes honorables, a déjoué les objectifs de l’agression. La résistance a prouvé que les hordes étaient incapables d’atteindre leur but, celui de l’anéantir. Nous affrontons Israël, qui est soutenu par les États-Unis de toutes ses forces. Et les résistants ont su tenir tête à ces immenses hordes.

Que les sionistes sachent bien qu’avec ces résistants, le sang du maître des martyrs de la nation et ces sacrifices, nous ne pourrons que continuer et nous ne serons jamais vaincus. »

« Trois mois de résilience pour Ali Al-Taher »

Alors que le secrétaire général du Hezbollah rappelait que « les résistants ont stoppé l’avancée des brigades et de l’armée ennemie », il expliquait : « Nous avons tenu bon autant que le terrain le permettait à Bint Jbeil, Naqoura, Aïta al-Chaab, Ali al-Taher, et partout où la résistance s’est opposée pendant une période significative. À Ali al-Taher , la résistance a persévéré pendant trois mois, mais notre mission n’est pas de tenir le terrain. »

Il a ajouté : « Nous devons bien savoir que la résistance se combat de deux manières : en la combattant sur le lieu et au moment opportuns, dans toute la mesure du possible en termes de calculs de profit et de perte, et en empêchant l’ennemi de s’installer et de consolider son occupation. »

Il a souligné qu’« il est de la responsabilité des dirigeants de définir les étapes qui ne sont pas claires pour le peuple, et il est naturel pour une personne de ne pas révéler ses secrets », indiquant que « le silence sur certains détails est lié à la nature de la gestion du conflit ».

Il a poursuivi en disant : « Nous avons confiance en la victoire de Dieu, et elle se manifestera sous la forme que les gens désirent, avec la libération, si Dieu le veut. La résistance n’a été établie qu’en réaction à l’agression. »

Il a averti que « capituler face à l’ennemi signifierait la fin de la coexistence au Liban et l’établissement de colonies sur son territoire », ajoutant : « Ce pays est le nôtre, et nous ne céderons pas un pouce de ses 10 452 kilomètres carrés. L’avenir du pays est au Sud-Liban. Le Liban est un et le restera, ou il cessera d’exister », a déclaré le cheikh Qassem.

« Le mémorandum d’entente iranien a permis de réduire l’escalade. »

Cheikh Qassem a salué les résultats positifs du mémorandum d’entente iranien sur le Liban, déclarant : « Grâce à Dieu Tout-Puissant, dans la bataille de la « Paille rongée », le mémorandum a réduit l’escalade au niveau auquel nous assistons aujourd’hui », tout en soulignant que « la résistance a été capable de limiter le mouvement d’agression ».

Cheikh Qassem s’est adressé à l’ennemi sioniste en disant : « L’exigence que l’armée libanaise soit un instrument à votre service vous pèsera lourdement. Il s’agit d’une armée nationale. »

Il a averti que le Liban, sans résistance, disparaîtrait, et que l’ennemi voulait tout le Liban, pour y semer la discorde interne et soumettre le pays à l’administration américaine.

« Le président viole la constitution et l’accord de Taëf. »

Le secrétaire général du Hezbollah a par la suite critiqué l’accord-cadre conclu par les autorités libanaises.

« L’accord-cadre est une concession honteuse de tous les atouts que cette autorité pourrait posséder et utiliser pour tenter d’obtenir les droits du Liban…

L’autorité soutient le projet israélo-américain au lieu de le combattre.  L’autorité est responsable du maintien de la situation sécuritaire instable suite aux attaques, et elle ne tire aucun profit de la résistance et de la fermeté du peuple ».

Tout en reconnaissant que « le président a le droit de négocier, mais qu’il n’a pas le droit de violer la constitution et l’accord de Taëf et de renoncer au droit du Liban de poursuivre l’ennemi », cheikh Qassem a appelé à « mettre fin aux concessions », ajoutant : « Nous voulons que le président soit un arbitre et un unificateur, et non quelqu’un qui divise les Libanais. »

Il a réaffirmé que « le Hezbollah est prêt au dialogue », tout en demandant : « Mais comment pouvons-nous dialoguer avec ceux qui ont décrété que la résistance est hors-la-loi ? »

Il a souligné que si « Israël » se retirait aujourd’hui ou demain, ou acceptait toute action dans l’intérêt du Liban, cela serait le fruit de la résistance et du mémorandum d’entente, et non le fruit de l’accord et du « cadre de négociation ».

Message au peuple de la résistance

Cheikh Qassem s’est adressé au peuple de la résistance en disant : « Notre peuple résistant a stupéfié le monde, et nos combattants de la résistance se sont illustrés de façon légendaire face à l’ennemi. Nos chefs sont toujours sur le terrain et n’ont pas changé. »

Ô notre peuple qui souffre de grands sacrifices : nous savons que vous êtes un modèle de patience et que vous coopérez grandement pour préserver le mouvement. Je vous annonce que nous sommes déterminés à fournir des abris et à participer à la reconstruction grâce à nos moyens et à nos dons, et nous exhortons l’État à remplir son devoir. »

« La libération avant l’exclusivité des armes. »

Concernant la soi-disant « exclusivité des armes », cheikh Qassem a déclaré en s’adressant aux autorités : « Nous sommes prêts au dialogue et à la discussion sur la question de l’exclusivité des armes . Mais il faut d’abord parvenir à la libération. »

« L’Amérique veut contrôler le monde »

Dans la dernière partie de son discours, cheikh Qassem a également averti que « le danger s’étend à la région voire au monde entier, accusant l’Amérique de tenter de contrôler le monde et de dominer ses ressources.

Selon lui, « il n’y a plus de système de justice mondial ni de droit international », étant donné « qu’elle essaie d’occuper tous les territoires qu’elle peut, qu’elle a attaqué l’Iran en plein jour et qu’elle poursuit son agression et son siège sans aucune justification, si ce n’est celle de dominer, de contrôler et de s’emparer des ressources sous de fallacieux prétextes ».

Il a souligné que l’ennemi israélien commet des massacres au cœur de la Palestine occupée, notamment à Gaza, où le nombre de martyrs a atteint 75 000 et le nombre de blessés 175 000, en demandant : « Où est ce monde qui veut la justice ? »

Il a ajouté que ces massacres se déroulent sous le plein parrainage et la direction des États-Unis, et que « cet ennemi criminel ne cessera pas ses agissements », considérant la récente scène aux Nations Unies comme « la preuve qu’il s’agit d’un ennemi ostracisé à l’échelle mondiale, non seulement au sein de l’ONU, mais aussi auprès des peuples ». Il a déclaré : « Soyez assurés que c’est l’une des choses qui contribueront à faire tomber cet ennemi. »

« L’avenir appartient aux peuples »

Cheikh Qassem a salué la position de « l’Iran héroïque, martyr et généreux », affirmant qu’il avait offert « le Guide suprême, l’Imam Khamenei, que son secret soit sanctifié, qui est considéré comme le grand symbole de notre arène, de notre œuvre, de notre résistance et de notre protection », et qu’il avait consenti le sacrifice des dirigeants, des martyrs et des fils du peuple, tout en restant inébranlable ».

Il a décrit le peuple iranien comme un grand peuple, le louant, ainsi que les Gardiens de la révolution, les forces de sécurité, les dirigeants et les travailleurs, et a exprimé son espoir que l’Iran continuerait à progresser « sous la direction de l’ayatollah Sayyid Mojtaba, puisse son ombre perdurer ». Il a déclaré que l’Iran prouvera au monde qu’il l’avait protégé de la chute et de la descente dans l’abîme, pour le bien des forces de résistance et de l’humanité.

Concernant la Palestine, cheikh Qassem a exprimé l’espoir qu’elle devienne « le symbole et le visage de l’avenir » malgré tous les sacrifices, soulignant que son peuple est « grand, généreux et altruiste, et qu’il est, en définitive, le véritable propriétaire de cette terre ». Il a ajouté : « Quant à l’occupant, il ne restera pas longtemps, si Dieu le veut. »

Il a également adressé ses salutations au mouvement Ansarullah au Yémen, ainsi qu’au peuple yéménite, à ses combattants, à ses martyrs et à ses représentants, soulignant que « ce peuple soutenait la Palestine, l’Iran, le Liban et toutes les questions de la région ».

Il a souligné que le peuple yéménite œuvre aujourd’hui à se libérer des pressions économiques et politiques, considérant cela comme son droit naturel, et a déclaré : « Dieu Tout-Puissant vous donnera la force et la détermination, et si Dieu le veut, vous serez victorieux, si Dieu le veut. »

Pour terminer, cheikh Qassem a souligné que « l’avenir appartient aux peuples de la région » et que les justes martyrs qui ont quitté ce monde pour l’autre ont ouvert la voie à la victoire, ajoutant : « Il ne s’agit pas seulement d’une victoire locale, mais d’une victoire plus grande et plus vaste. La question exige de la patience. »

Et cheikh Qassem de conclure en récitant le verset suivant : « Seigneur, affermis nos pas et accorde-nous la victoire sur les incrédules. »

Source : Al-Manar