lundi, 26/10/2026   
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Elections israéliennes : Eisenkot prône l’unité, Netanyahu brandit la menace iranienne

A deux jours des législatives israéliennes, Gadi Eisenkot a promis dimanche de réconcilier un pays profondément divisé, tandis que son rival, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, redoublait d’attaques contre l’opposition et recevait à nouveau le soutien de Donald Trump.

Devant plusieurs centaines de partisans réunis à Tel-Aviv pour son dernier meeting, l’ancien chef d’état-major, dont le bloc est donné au coude-à-coude avec celui de Netanyahu, a lancé un vibrant plaidoyer pour l’unité nationale.

« Notre objectif n’est pas qu’un camp l’emporte sur l’autre », a-t-il déclaré. « Nous travaillerons à rassembler à nouveau tous les Israéliens – ceux qui ont voté pour nous et ceux qui ne l’ont pas fait. »

Il s’est adressé directement aux électeurs du Likoud de Benjamin Netanyahu : « au fond de vous, vous savez vous aussi qu’Israël ne peut pas continuer ainsi », a-t-il lancé.

Réaffirmant « son engagement en faveur de la sécurité et de l’économie », il a promis de rompre avec la gouvernance de son adversaire, présent sur la scène politique depuis trois décennies.

« Je vous regarderai toujours dans les yeux et vous dirai la vérité. J’assumerai la responsabilité tant des succès que des échecs, car c’est ça le véritable leadership », a-t-il assuré.

Imputant à Benjamin Netanyahu des responsabilités dans les défaillances sécuritaires ayant permis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, Eisenkot s’est engagé à créer une commission d’enquête indépendante sur ces événements.

« Catastrophe »

Benjamin Netanyahu a reçu le soutien renouvelé du président américain. « Lorsque vous irez voter, n’oubliez pas que Bibi a été un Premier ministre guerrier exceptionnel », a écrit Donald Trump sur son réseau social, citant en exemple la guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran.

Sur la chaîne 14 privée, qui lui est favorable, le Premier ministre a lui de nouveau accusé ses adversaires de vouloir créer un État palestinien, « ce qui serait une catastrophe pour Israël ».

Benjamin Netanyahu a centré sa campagne sur la sécurité, affirmant pouvoir en être le seul garant.

Tout au long de la campagne, des affiches à son effigie ont été placardées à travers le pays, portant le slogan: « Soit la droite, soit la Palestine ».

Il a aussi brandi la menace iranienne, revendiquant les résultats de la guerre lancée en février contre Téhéran aux côtés de Donald Trump, qui a publiquement soutenu sa candidature.

« Nous avons accompli 90 % du travail, il en reste 10 %. Qui va s’en charger ? Eisenkot et les Frères musulmans ? Non. Moi seul peux le faire », a-t-il lancé.

Plus tôt dimanche, il avait publié une image générée par intelligence artificielle montrant un champignon atomique engloutissant ce qui semble être Tel-Aviv, accompagnée d’un texte présentant l’Iran comme une menace existentielle éclipsant tous les autres enjeux électoraux.

Gadi Eisenkot, qui s’oppose lui aussi à la création d’un Etat palestinien mais promet de réprimer les violences de colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, accuse son rival d’instrumentaliser la menace iranienne.

« Vous avez une fois de plus échoué de manière spectaculaire et flagrante à atteindre les objectifs de guerre que vous vous étiez vous-même fixés », lui a-t-il reproché samedi sur X.

Yaïr Lapid, figure de l’opposition ayant promis de s’allier à Eisenkot, s’est également indigné de la mise en scène atomique du Premier ministre. « Cet homme a perdu les pédales. Nous devons impérativement le renvoyer chez lui. »

Source : Avec AFP