mardi, 27/10/2026   
   Beyrouth 11:42

Der Spiegel enquête sur les tactiques d’extermination pendant la guerre génocidaire à Gaza

Suite aux révélations du documentaire israélien NASA, le magazine allemand Der Spiegel a réalisé une enquête auprès de 10 soldats israéliens qui ont révélé un schéma systématique d’extermination et de vengeance contre les civils pendant la guerre génocidaire à Gaza.

Intitulée « La règle était : Tirez sur tous ceux que vous voyez », l’enquête de Der Spiegel, publiée le 11 octobre s’est basée sur des témoignages recueillis par l’organisation israélienne Breaking the Silence après un examen approfondi et indépendant.

Elle révèle les tactiques pour le meurtre délibéré de centaines de civils aux points de passage et aux frontières de la Ligne jaune, sans aucune raison militaire ni menace imminente pour la sécurité.

L’un des soldats de réserve, David, évoque des ordres explicites de détruire les immeubles de grande hauteur à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, et de tuer tous ceux qui seraient repérés.

Un autre soldat Yuval, a rapporté une visite du plus ancien soldat de réserve, Ezra Yachin (90 ans), l’un des participants au massacre de Deir Yassin en 1948. Ce dernier a incité les soldats à ne faire preuve d’aucune pitié et de tuer chaque Palestinien en âge de combattre, même s’il était accompagné d’un enfant, soulignant que la plupart des pratiques visaient à satisfaire un pur désir de vengeance sans aucune justification militaire.

L’enquête a mis au jour la doctrine des opérations à travers le concept de « criminalisation rétroactive », selon les propos du soldat Tal, citant le double attentat à la bombe contre le complexe médical Nasser le 25 août 2025, qui a tué 22 civils, dont 5 journalistes et ambulanciers, en direct à la télévision, avant de requalifier faussement les victimes rétroactivement en « combattants » pour dissimuler le crime.

De même, l’opérateur de drones Yaïr a révélé que la marge de mortalité autorisée passait de 5 à 20 civils par cible, les autorisations étant accordées en quelques secondes.

Ces déclarations concordent avec le témoignage de l’officier de renseignement Noam selon lequel le chef d’état-major avait autorisé de tuer 300 civils pour assassiner un chef du camp de Jabalia, dans le nord, autorisation qui était exprimée par le terme militaire hébreu NASA, signifiant « dommages collatéraux ».

Depuis octobre 2023, Israël a tué plus de 74.000 Palestiniens et en a blessé plus de 175.000 au cours de sa guerre génocidaire à Gaza. Ce conflit a également provoqué des destructions massives, touchant près de 90 % des infrastructures civiles du secteur et nécessitant des investissements en matière de redressement et de reconstruction estimés par les Nations Unies et l’Union européenne à environ 71,4 milliards de dollars.

Lundi, la Commission internationale indépendante d’enquête des Nations unies a de nouveau accusé Israël de poursuivre le génocide à Gaza, même après le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, et de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans les territoires palestiniens occupés.

Source : Médias