L’exclusion du Liban des négociations entre Washington et Téhéran a plongé la position officielle, lundi, dans une paralysie et une confusion totales, retardant la publication de la moindre analyse officielle. Les réactions tardives des présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam se sont d’ailleurs révélées ternes, limitées et totalement déconnectées des transformations en cours.
Dans ce marasme, le seul fait nouveau est venu des appels téléphoniques du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, aux présidents Joseph Aoun et Nabih Berri. Si M.Aoun a perçu l’intégration du Liban dans la dynamique régionale comme un signal positif, il a immédiatement émis des réserves face à l’absence de modalités d’application.
De son côté, M.Berri a exigé que le Liban ne soit pas dissocié des engagements de cessation des agressions, mettant en garde contre le piège d’une zone d’exception sécuritaire permanente avant de lancer : « Celui qui est vexé par l’accord américano-iranien n’est pas fier de sa libanité ».
Lors de ces deux échanges, M.Araghchi a été catégorique : l’arrêt des hostilités contre le Liban est immédiat et s’étend sur les 60 jours de négociations, la responsabilité d’en garantir le respect incombant exclusivement aux États-Unis et aux garants du protocole d’accord.
Face à cela, le Premier ministre Nawaf Salam s’est focalisé sur la phase exécutive — retrait israélien, reconstruction et retour des déplacés —, une approche passive qui trahit la lourde pression pesant sur un exécutif dépourvu de véritables rapports de force. Preuve de ce détachement : l’ensemble du dossier n’a même pas été effleuré lors de la session du Conseil des ministres de lundi.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar