Un puissant séisme de magnitude 7,7 a secoué samedi matin l’est de l’Indonésie, faisant au moins 20 morts et poussant des milliers d’habitants des côtes à évacuer de crainte d’une montée des eaux.
Des journalistes de l’AFP ont vu des résidents du nord de l’île de Flores se hâter de s’éloigner du littoral, craignant une montée destructrice des eaux. Sur certaines habitations, des pans entiers de façades s’étaient effondrés.
L’épicentre du séisme, qui s’est produit à 05H58 locales (21H58 GMT) à une faible profondeur, se trouve à 68 kilomètres de la ville d’Ende, dans la province du Nusa Tenggara Oriental, selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS).
« Soudain, ça a commencé à secouer et j’ai paniqué », a témoigné auprès de l’AFP Lukas Lotar, responsable de service de gestion des patients dans un hôpital.
« Des patients ont aussi fui l’hôpital, le séisme était fort. J’ai vu que des murs s’étaient fissurés », a-t-il dit.
Plusieurs répliques ont frappé, dont une de magnitude 6,1.
« D’après les informations que nous avons reçues, 20 personnes sont mortes, six sont blessées et deux sont toujours ensevelies », a déclaré au téléphone Fathur Rahman, un responsable des opérations de recherche et de sauvetage de la ville de Maumere.
Le vaste archipel indonésien connaît une activité sismique et volcanique fréquente en raison de sa position sur la « ceinture de feu du Pacifique ».
Après avoir mis en garde contre un risque de tsunami avec des vagues d’un demi-mètre à trois mètres dans les provinces du Nusa Tenggara oriental, occidental, et du Sulawesi du Sud, les autorités ont levé l’alerte.
« Mais nous allons continuer de surveiller le niveau de la mer », a assuré en conférence de presse Wijayanto, directeur du département séismes et tsunamis à l’agence de météorologie, de climatologie et de géophysique nationale.
Les habitants de la zone avaient été auparavant appelés à s’éloigner des côtes, ou à rejoindre les hauteurs.
« Nous exhortons les populations du long de la côte nord de Florès et des zones du Sud, des îles méridionales et de la région Sud, à évacuer de manière autonome immédiatement », a déclaré Abdul Muhari, un responsable de l’agence nationale de gestion des catastrophes.
« Les gens paniquaient »
Sur l’île de Florès, un correspondant de l’AFP a vu des habitants du village de Maumere en train de quitter les lieux.
« La secousse était forte. Heureusement, nous étions déjà à l’extérieur », a raconté à l’AFP Yohanes Babo, qui était au marché quand la terre s’est mise à trembler.
« Les gens paniquaient, couraient dans tous les sens. Nous évacuons pour le moment (…) et essayons de rejoindre les hauteurs », a ajouté cet homme de 56 ans, habitant de Nagekeo. « Ma famille est saine et sauve. Personne n’a été blessé ».
Un séisme de magnitude 6,2 avait déjà frappé l’est de l’archipel indonésien début juillet, sans faire de victimes ni de dégâts majeurs.
En 2018, 2.200 personnes avaient été tuées à Palu, ville d’environ 400.000 habitants et capitale de la province de Sulawesi central (centre), par un séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami.
La même année, plusieurs secousses avaient fait quelque 550 morts sur l’île touristique de Lombok et dans la région de Sumbawa (centre-sud).
Et en 2004, l’Indonésie a connu l’une des pires catastrophes sismiques de son histoire avec le séisme de magnitude 9,1 qui avait frappé au large de la grande île de Sumatra (ouest), déclenchant un terrible tsunami responsable de la mort de 170.000 personnes dans le pays et d’environ 50.000 autres dans des pays voisins.
Source : AFP
