mardi, 01/09/2026   
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Révision grecque des engagements de défense : la vulnérabilité aérienne menace l’Arabie saoudite

Par Luqman Abdallah

L’Arabie saoudite fait face au risque d’un découvrant aérien total après avoir épuisé d’importantes quantités de munitions de défense antiaérienne durant la guerre américano-israélienne contre l’Iran et lors de l’actuelle escalade avec le Yémen.

Face aux craintes croissantes de perdre sa capacité à assurer une défense minimale de son territoire, le Royaume tente de redéployer ses dernières défenses autour de ses installations pétrolières stratégiques — comme à Yanbu, dans l’Ouest, grâce à la batterie Patriot grecque.

En contrepartie, Riyad s’est vue contrainte de laisser son ciel septentrional, face au Yémen, sans couverture aérienne.

Une brèche qui a facilité la tâche aux forces de Sanaa pour frapper les sites du géant pétrolier Aramco à Najran et Jizan, et toucher l’aéroport international d’Abha. À l’instar du Japon, de la Corée du Sud ou des pays européens dépendants de l’armement occidental, l’Arabie saoudite se heurte à la difficulté de reconstituer ses stocks — un processus s’étalant sur plusieurs années —, tout en subissant le revirement de certains partenaires, à commencer par la Grèce.

Dans l’ensemble, les défis saoudiens s’articulent autour de trois axes principaux :

Premièrement : Selon plusieurs rapports, l’Arabie saoudite aurait consommé, dès les premières semaines du conflit avec l’Iran, près de 86 % de son stock d’intercepteurs Patriot PAC-3, tirant environ 2 400 missiles sur une réserve estimée à 2 800 unités.

Cet usage massif a provoqué un affaiblissement critique de ses capacités défensives, aujourd’hui quasi impossibles à combler en raison des besoins propres des États-Unis.

Quant au système saoudien THAAD, les rapports font état de frappes iraniennes l’ayant directement ciblé pendant la guerre, endommageant notamment le radar AN/TPY-2 sur la base aérienne Prince Sultan, située à 80 kilomètres au sud de Riyad.

Deuxièmement : Les divergences s’accentuent entre Riyad et certains alliés européens. La signature de l’accord de défense commune entre le Royaume, la Turquie et le Pakistan a particulièrement irrité Athènes, qui considère Ankara comme son rival stratégique majeur en mer Égée et en Méditerranée orientale.

Écartée des discussions préalables selon la presse grecque, Athènes réévalue le maintien de sa batterie Patriot — déployée sur place depuis 2021 — en faisant passer le suivi de sa mission d’un rythme annuel à mensuel, l’option d’un retrait pur et simple étant désormais sur la table.

La presse grecque a indiqué la semaine dernière qu’au lieu d’envoyer un nouveau contingent à la fin du mois de septembre, l’avenir des troupes grecques et de la batterie installée à Yanbu sera tranché lors du prochain Conseil des affaires étrangères et de la défense grec. Deux options sont à l’étude : prolonger la mission d’un unique mois pour la réexaminer en octobre, ou y mettre un terme définitif et rapatrier le matériel.

Selon ces mêmes médias, l’Arabie saoudite n’aurait pas honoré ses engagements financiers contractuels depuis la signature de l’accord en 2021.

Des arriérés de plus de 50 millions d’euros couvrant les soldes, indemnités, déplacements, le logement des troupes, et surtout la facture des munitions. Par ailleurs, si des négociations étaient en cours pour moderniser les batteries Patriot grecques grâce à un financement saoudien de 350 millions de dollars, elles ont été gelées dès le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février dernier, sous la pression de la forte tension sur les systèmes de défense et les munitions.

Ce désengagement grec survient alors que Riyad a un besoin vital de blindage aérien : l’agence Reuters a révélé il y a quelques jours, citant des sources de sécurité grecques, que le système Patriot opéré par des militaires grecs a intercepté une escadrille de drones au-dessus de la zone industrielle de Yanbu.

La presse grecque a souligné que cet incident faisait suite à quatre autres interceptions en juillet, où ce même système avait détruit deux drones ainsi que deux missiles balistiques tirés depuis le Yémen vers les infrastructures pétrolières de la région.

Troisièmement : L’impasse saoudienne dépasse l’épuisement des stocks de Patriot ou les hésitations d’Athènes. Depuis la relance des hostilités avec le Yémen, des rapports indiquent que Riyad tente de pousser Washington à s’impliquer davantage, voire à prendre la tête des opérations. Mais fait inédit, les priorités de la Maison-Blanche ne semblent plus alignées sur les intérêts saoudiens, tranchant avec la posture américaine observée lors des phases précédentes du conflit.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar