Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé mardi réduire de moitié son assistance en Cisjordanie en raison du manque de financements, ramenant à 200.000 le nombre de bénéficiaires.
« Le PAM est contraint de réduire de moitié le nombre de personnes que nous aidons en Cisjordanie. Et cela alors que les besoins alimentaires en Cisjordanie ont plus que doublé par rapport à il y a deux ans », a déclaré aux journalistes à Genève un représentant de l’organisation en territoire palestinien, Shaun Hughes.
« Nous sommes à court de fonds, ce qui signifie qu’à partir d’aujourd’hui, quelque 200.000 personnes n’auront plus accès à une aide vitale », a-t-il ajouté.
Le PAM estime que 900.000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire en Cisjordanie.
« La recrudescence des violences commises par les colons et les déplacements de population perturbent les moyens de subsistance, aggravent la faim et plongent les familles toujours plus profondément dans la crise », indique l’organisation dans un communiqué.
Depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie, siège de l’Autorité palestinienne, où plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies illégales au regard du droit international, parmi trois millions de Palestiniens.
Jusqu’à présent, l’aide du PAM bénéficiait à 400.000 personnes parmi les plus vulnérables.
« La dernière analyse du PAM sur la sécurité alimentaire montre que plus d’un tiers de la population peine à subvenir à ses besoins fondamentaux et à s’offrir une alimentation nutritive », a souligné M. Hughes.
« Les denrées sont peut-être disponibles sur les marchés, mais les populations n’ont tout simplement pas les moyens de les acheter », a-t-il relevé.
Le PAM, en collaboration avec ses partenaires, soutient les familles en Cisjordanie grâce à des aides financières, alimentaires et nutritionnelles.
Gaza
Le manque de financements menace également ses opérations à Gaza, où elle soutient 1,5 million de personnes, dont un million bénéficient d’une aide alimentaire mensuelle, selon le communiqué.
En juillet, l’agence a déjà réduit de 40% l’aide financière versée à 375.000 personnes à Gaza et prévient que de nouvelles coupes seront inévitables sans financements supplémentaires.
A Gaza, les deux tiers de la population sont confrontés « à des niveaux de faim correspondant à des situations de crise ou d’urgence », a indiqué M. Hughes.
« Si l’aide alimentaire humanitaire n’est pas maintenue, jusqu’à 90% de la population sera confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë d’ici la fin de cette année », a-t-il dit, citant des données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un outil utilisé par l’ONU pour évaluer la situation alimentaire d’un pays.
Le PAM dit avoir besoin de 386 millions de dollars au cours des six prochains mois pour venir en aide à près de deux millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire à Gaza et en Cisjordanie.
La situation sur place à Gaza « reste brutale et extrêmement instable », a déploré M. Hughes.
« Les frappes aériennes et les bombardements se sont multipliés ces derniers jours, notamment encore ce matin. Les entrepôts du PAM ont été touchés et endommagés dans de nombreuses zones, en particulier à proximité de la ligne jaune », séparant la zone occupée par Israël et le reste du territoire, a-t-il indiqué.
Seuls 3% des terres cultivables de la bande de Gaza restent intactes et accessibles aux agriculteurs, une situation critique due principalement à l’extension des zones d’exclusion militaire, a récemment mis en garde l’ONU.
Source : AFP
