mercredi, 28/10/2026   
   Beyrouth 11:37

Des organisations des droits de l’homme demandent d’empêcher la candidate des EAU d’accéder au poste de SG de l’ONU

Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appelé les grandes puissances à empêcher la candidate émiratie Lana Nusseibeh d’accéder au poste de secrétaire générale des Nations Unies, au motif que son pays est accusé de financer les Forces de soutien rapide dans leur guerre contre l’armée au Soudan.

Cette décision fait suite à la candidature de la diplomate de 48 ans, après l’incapacité à parvenir à un consensus sur un successeur au Portugais Antonio Guterres, dont le second mandat s’achève à la fin de l’année.

Nusseibeh a reçu le soutien des États du Golfe, mais elle a fait l’objet d’un examen minutieux concernant les relations de son pays avec Israël et le rôle présumé d’Abou Dhabi dans la guerre au Soudan, où l’armée soudanaise et les observateurs internationaux accusent les Émirats arabes unis de financer les Forces de soutien rapide dans un conflit qui a tué plus de 20 000 personnes et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

En revanche, Nusseibeh, ministre d’État aux Affaires étrangères et envoyée spéciale auprès des Nations Unies et de l’Union européenne, a déclaré dans une interview accordée au journal allemand Die Welt qu’« il est injuste de tenir son pays pour responsable de la poursuite du conflit ».

Lors d’une conférence de presse en ligne, Ken Roth de Human Rights Watch a jugé la nomination de Nusseibeh totalement inappropriée car elle « nie la réalité », tandis que Kate Ferguson de l’organisation britannique Protection Approaches a constaté un manque de preuves de l’indépendance de la candidate vis-à-vis de son pays, mettant en garde contre une tentative de régimes autoritaires de prendre le contrôle de l’organisation avec le soutien américain, et soulignant que le poste de secrétaire général exige que les candidats soient indépendants de leurs gouvernements.

Pour sa part, Nusseibeh a annoncé qu’elle prenait congé de son poste ministériel en raison des exigences de l’indépendance, décrivant le conflit au Soudan comme une « véritable épreuve » et affirmant qu’elle soutiendrait les missions d’enquête pour une justice transitionnelle.

Nusseibeh, née aux Émirats arabes unis a vécu une partie de sa vie à Londres. Elle est la fille de Zaki Nusseibeh, conseiller du fondateur des Émirats arabes unis, Zayed ben Sultan, et est issue d’une famille palestinienne musulmane.

Source : Médias