« Plus vite et plus fort ». Emmanuel Macron a appelé, le jeudi 15 janvier, la France et ses armées à consentir « des efforts à la mesure de notre rude époque » et annoncé, face à des alliés américains devenus des « compétiteurs » inattendus, l’envoi de nouveaux « moyens terrestres, aériens et maritimes » au Groenland.
« Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a déclaré le président français en présentant ses voeux aux armées sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), dans la foulée d’un conseil de défense à l’Elysée consacré à la situation au Groenland et en Iran.
Dans un contexte de tension transatlantique inédit au sein de l’OTAN la France va envoyer des moyens supplémentaires, dans le cadre d’une mission européenne, « dans les prochains jours » au Groenland, territoire autonome danois convoité par les Etats-Unis.
Une « quinzaine » de chasseurs alpins français ont déjà été mobilisés pour cette « opération de « dissuasion » visant à « montrer aux États-Unis que l’OTAN est présente », avait précisé un peu plus tôt sur franceinfo l’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor.
« Des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause (…) L’Europe a des compétiteurs qu’elle ne pensait pas voir. Elle a parfois des alliés qu’on pensait prévisibles, impavides, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui doutaient le moins », a lancé Emmanuel Macron dans une allusion au Danemark et aux pays de l’Est européen.
Donald Trump, invoquant des nécessités de sécurité nationale face à la Russie et à la Chine, menace de s’emparer du Groenland par tous les moyens, y compris la force si nécessaire.
Par ailleurs, Macron a appelé le Parlement à « adopter d’ici le 14 juillet » l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d’euros, afin de renforcer les moyens de la défense.
Il réclame 36 mds d’euros de plus d’ici 2030 pour les armées « pour accélérer notre réarmement », dont une rallonge de 3,5 mds dès cette année et une autre de 3 mds l’an prochain.
Cette « surmarche » est toutefois suspendue pour 2026 à l’adoption d’un budget toujours dans les limbes.
L’actualisation de la LPM a déjà été plusieurs fois reportée. Avec cette trajectoire, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 mds d’euros annuels dès 2027 et non plus 2030.
