vendredi, 27/02/2026   
   Beyrouth 17:02

Mobilisation américaine sans précédent en ‘Israël’ parallèlement aux négociations de Genève

Le F-22 Raptor est un chasseur furtif de cinquième génération

‘Israël’ est témoin, ces dernières semaines, d’un flux remarquable de forces américaines. Cette démarche coïncide avec des cycles de négociations nucléaires sensibles entre Washington et Téhéran dans la ville suisse de Genève, sur fond d’une escalade sans précédent du renforcement militaire américain au Moyen-Orient et de menaces réciproques d’options militaires en cas d’échec des efforts diplomatiques.

Le site israélien « Walla » a révélé que des centaines de soldats américains sont arrivés ces dernières semaines dans des bases militaires à l’intérieur d’Israël, précisant que ces soldats sont spécialisés dans l’exploitation de systèmes technologiques et opérationnels, au sol comme dans les airs.

Selon la même source, les forces arrivées sont expertes dans le maniement de systèmes d’armes avancés de défense et d’attaque, ainsi que dans les technologies de commandement et de contrôle, tandis que l’armée américaine a déployé des équipes d’experts dans les domaines de la maintenance, de la logistique et du renseignement.

Chasseurs « F-22 » : Un double message

Dans un développement militaire notable, 12 chasseurs américains de type F-22 Raptor ont décollé de la base britannique de Lakenheath en direction d’Israël, transpondeurs éteints, disparaissant ainsi des sites de suivi public ; seuls les avions ravitailleurs qui les accompagnaient sont apparus au-dessus de la Méditerranée.

Ce mouvement est intervenu seulement deux jours avant un nouveau cycle de négociations à Genève, et dans un contexte de renforcement militaire américain croissant dans la région.

Selon certains rapports, le déploiement de ces chasseurs est interprété comme faisant partie d’une stratégie de renforcement de la dissuasion et de création d’une pression directe sur l’Iran lors des négociations, afin de le pousser vers un compromis avant de passer à des options plus radicales.

Le F-22 Raptor est un chasseur furtif de cinquième génération, conçu pour établir la supériorité aérienne, pénétrer les espaces aériens hostiles sans être détecté et mener des frappes de précision contre des cibles aériennes et terrestres de haute sensibilité.

Seuls les États-Unis possèdent cet avion, la constitution américaine interdisant sa vente à tout autre pays.

Le secret entourant une grande partie de ses capacités de combat fait de son déploiement hors des bases américaines une mesure inhabituelle portant un double message militaire : à Téhéran, que Washington est prête à utiliser la force immédiatement ; et à la région, que toute opération potentielle se ferait sous coordination directe américano-israélienne.

Mouvement des porte-avions

En parallèle, le porte-avions américain USS Gerald R. Ford a quitté la base navale de Souda sur l’île de Crète (Grèce) pour se diriger vers l’est de la Méditerranée, alors que les négociations américano-iraniennes se poursuivent à Genève sous médiation du Sultanat d’Oman.

Le Gerald R. Ford est le plus grand porte-avions au monde. Ces mouvements coïncident avec le déploiement de plus de 300 avions et chasseurs militaires américains dans le périmètre du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) au Moyen-Orient.

Le déploiement suffit à frapper les capacités de l’Iran

Du côté israélien, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que le déploiement militaire actuel dans la région est suffisant pour frapper les capacités balistiques iraniennes, estimant que Téhéran traverse une phase de « faiblesse ».

Il a ajouté qu’Israël ignore si le Hezbollah libanais participera à une éventuelle guerre aux côtés de l’Iran, soulignant qu’Israël doit être prêt à tout scénario.

Bennett a prétendu que l’Iran cherche à posséder des missiles intercontinentaux capables d’atteindre les États-Unis et qu’il redéveloppe ses capacités d’enrichissement d’uranium dans le but d’obtenir la bombe nucléaire.

Pressions américaines et avertissements iraniens

Les États-Unis exigent que l’Iran cesse totalement ses activités d’enrichissement d’uranium, transfère l’uranium enrichi hors du pays et abandonne son programme de missiles balistiques, menaçant de recourir à la force militaire — si nécessaire — pour y parvenir.

JD Vance, vice-président américain, a déclaré lors d’un entretien avec Fox News : « L’Iran ne peut pas posséder d’arme nucléaire, ce sera l’objectif final de l’action militaire ».

En contrepartie, Téhéran considère que Washington et Tel-Aviv inventent des prétextes pour une intervention et un changement de régime.

Elle promet de répondre à toute agression militaire, même limitée, tout en maintenant sa position sur la levée des sanctions économiques en échange de restrictions sur son programme nucléaire.

Dans ce contexte, le commandant des forces terrestres de l’armée iranienne a souligné que la stratégie de son pays repose sur le renforcement des capacités et une préparation globale, affirmant que les forces armées « défendront le régime et la Révolution islamique jusqu’au dernier souffle ».

Les discussions entre Téhéran et Washington, sous médiation omanaise, ont repris le 6 février dernier, après une suspension consécutive aux attaques israélo-américaines contre l’Iran en juin 2025. Le deuxième cycle a eu lieu à Genève le 18 février courant.

Source : Traduit à partir d'AlJazeera