vendredi, 16/01/2026   
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Reuters : L’opposition iranienne à l’étranger divisée et sans soutien populaire clair dans le pays

Selon un rapport de Reuters, « les opposants au régime de la République islamique résidant à l’étranger sont confrontés à une profonde et ancienne division qui mine l’opposition depuis avant la révolution islamique de 1979 ».

L’agence a ajouté que « cette division est particulièrement visible entre les monarchistes fidèles à Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, et l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (MEK), d’orientation gauche, qualifiée d’organisation terroriste ». Le rapport a souligné « la difficulté d’évaluer le niveau de soutien dont bénéficie l’une ou l’autre faction en Iran, ainsi que leur capacité à influencer l’avenir ».

Le rapport a indiqué que, « depuis des décennies, analystes et diplomates constatent que les deux camps jouissent d’une popularité nettement supérieure auprès des Iraniens de l’étranger qu’à l’intérieur du pays. Nombre d’Iraniens vivant à l’étranger expriment leur scepticisme à l’égard des deux camps, malgré l’absence d’alternatives d’opposition organisées », d’après Reuters.

Le rapport a ajouté que « l’absence de consensus autour d’un mouvement d’opposition unificateur ou d’un leader a compliqué la position internationale sur les événements en Iran ». Il a noté que « le président américain Donald Trump lui-même a mis en doute l’ampleur du soutien dont bénéficie Reza Pahlavi, alors même qu’il envisageait des options militaires contre l’Iran ».

Lors de récents événements, certaines vidéos ont montré des chants en faveur de la monarchie et du fils du défunt Shah, qui réside aux États-Unis et affirme œuvrer pour un « système démocratique » en Iran. Les diplomates occidentaux étaient partagés quant à savoir si ces chants reflétaient un véritable soutien en Iran.

À l’inverse, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), selon le rapport, réfute l’idée que « Pahlavi jouisse d’une popularité dans le pays et s’oppose à la fois au régime actuel et à l’ancienne monarchie ».

Reuters a rapporté que « l’organisation, qui a mené des attaques armées avant et après la révolution, reste largement impopulaire en Iran, notamment en raison de son rôle pendant la guerre Iran-Irak, et que sa présence dans le pays est quasi inexistante depuis des décennies ».

Le rapport conclut également que les divisions entre la République islamique, les monarchistes et l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) sont devenues obsolètes pour de nombreux Iraniens, soulignant que « la plupart des grands mouvements politiques iraniens après 1979 ont cherché à renforcer ou à réformer la République islamique, plutôt qu’à la renverser entièrement, jusqu’aux vagues successives de protestations de ces dernières années ».

Il convient de noter que l’OMPI/MEK a perpétré une série d’attentats et de bombardements visant des institutions étatiques iraniennes au début des années 1980. Elle a également bombardé le siège du Parti républicain islamique à Téhéran en 1981, faisant des dizaines de morts, dont de nombreux responsables, parmi lesquels le chef du pouvoir judiciaire de l’époque, l’ayatollah Mohammad Beheshti, et plusieurs dirigeants du parti.