jeudi, 21/05/2026   
   Beyrouth 18:59

Les détails d’une vive dispute au sein de l’administration Trump concernant l’Iran, selon un média israélien.

Le journal israélien Israel Hayom a rapporté les détails des coulisses d’une vive dispute qui a eu lieu dans les couloirs de la Maison Blanche, la décrivant comme une conversation « houleuse » et une division au sein des piliers de l’administration du président américain Donald Trump sur la manière de gérer la question de la guerre avec l’Iran, sur fond de déception israélo-émiratie face à la décision de Washington de donner une chance aux négociations.

Le correspondant diplomatique du journal, Danny Zaken, a rapporté que Trump avait accepté de poursuivre les contacts avec l’Iran malgré l’opposition de hauts responsables, notant que la décision de donner une nouvelle chance aux pourparlers avec l’Iran avait été prise à la Maison Blanche après une discussion très animée et intense entre le président Trump et son vice-président, JD Vance, avec la participation des secrétaires à la Défense et d’État.

D’après des sources proches du dossier, ces deux derniers ministres ont estimé qu’à ce stade, il était impossible d’obtenir des concessions de l’Iran sans une pression considérable, y compris la possibilité d’une frappe militaire et d’un renforcement des sanctions économiques. À l’inverse, Vance a affirmé que la dernière proposition iranienne témoignait d’une flexibilité susceptible de permettre de progresser vers un accord, même préliminaire, menant à la fin des combats.

Les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner se sont également joints à la discussion, apportant leur soutien à la position de Vance après s’être entretenus avec des dirigeants du Golfe opposés à la reprise des combats.

Le journal rapporte que le vice-président Vance et les émissaires insistaient sur la nécessité d’un accord préliminaire, tandis que les secrétaires à la Défense et d’État préconisaient une pression accrue et une frappe militaire pour obtenir des concessions de Téhéran. Il note  que la confrontation s’était intensifiée lorsque Trump a critiqué Vance et les émissaires, les accusant de permettre à l’Iran de gagner du temps et de nuire à l’image de Washington. Vance avait répondu fermement, déclarant que les efforts devaient se concentrer sur la fin de la campagne militaire, le rapatriement des troupes, la baisse des prix du pétrole et le traitement des questions intérieures – une réponse qui avait surpris les personnes présentes.

En dehors des États-Unis, une nette divergence des positions est apparue, lorsque Trump s’était entretenu avec des dirigeants de la région, à savoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed. Ces deux derniers ont exprimé leur soutien à une position ferme et énergique contre l’Iran, ainsi qu’à la nécessité de protéger leurs installations sensibles.

À l’inverse, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’émir qatari Tamim ben Hamad Al Thani préfèrent éviter une escalade et une reprise des combats en maintenant des canaux de communication continus avec Téhéran afin de réduire les risques sécuritaires, se basant sur des évaluations indiquant la stabilité et la force du régime iranien.

Netanyahu est frustré

Le journal israélien a également fait état d’une conversation nocturne entre Trump et Netanyahu, au cours de laquelle différentes options ont été évoquées, allant d’une frappe militaire à la poursuite des négociations. Selon certaines informations, Trump aurait choisi de laisser les pourparlers se poursuivre, dans l’attente de la réponse de l’Iran après les rencontres entre le ministre pakistanais de l’Intérieur et de hauts responsables des Gardiens de la révolution.

Un responsable américain a indiqué que Netanyahu avait exprimé sa frustration face au comportement de l’Iran et à la capacité de Téhéran à gagner du temps, tandis que Trump a confirmé qu’il était toujours en pleine réflexion.

Dans un contexte similaire, le journal israélien a indiqué que la conversation nocturne entre Trump et Netanyahu avait également abordé la question libanaise et la possibilité de parvenir à des accords avec le gouvernement libanais, ainsi que les estimations selon lesquelles les chances que le Hezbollah accepte de tels arrangements restent faibles.

Cette hésitation américaine était manifeste dans les récentes déclarations de Trump. Au lendemain de ses propos laissant entendre que son pays pourrait lancer une nouvelle attaque contre l’Iran « vendredi ou durant le week-end », Trump a fait volte-face, affirmant que les États-Unis « mettront fin à la guerre très rapidement », et exprimant son espoir d’un « règlement rapide et pacifique du conflit ».

Source : Médias