vendredi, 22/05/2026   
   Beyrouth 14:06

Sanctions US contre le Hezbollah, Amal et des officiers en service : terrorisme intellectuel américain pour isoler la Résistance

Alors que les alliés des USA multiplient les discours sur les « combats de soutien » dans le cadre de leurs critiques des positions du Hezbollah et de l’activité de la Résistance, les États-Unis ont franchi, le jeudi 21 mai, une étape supplémentaire de soutien à l’autorité de tutelle, injectant une dose d’appui additionnelle au processus de négociation directe et de concession au profit de l’ennemi israélien.

L’annonce par les ministères des Affaires étrangères et du Trésor à Washington de l’inscription de neuf personnes sur les listes de sanctions, sous prétexte qu’elles soutiennent une « organisation terroriste », reflète le niveau de grande tension, à la lumière de l’incapacité américaine à réaliser des percées politiques qualitatives pour imposer des accords sécuritaires et politiques entre le Liban et l’ennemi.

Il est à noter que la démarche américaine était attendue par certains milieux qui sentaient depuis un certain temps que la partie libanaise active dans le soutien au processus de négociation, que ce soit à Beyrouth ou via ses partisans à Washington, s’employait à lancer une campagne médiatico-politique visant à terroriser les forces et les personnalités qui refusent de négocier avec l’ennemi selon la formule par laquelle l’autorité de tutelle gère ce processus.

Ces efforts ont réussi à arracher la décision d’imposer des sanctions, dans une tentative de suggérer que le camp libanais engagé dans le processus de négociation humiliant avec l’ennemi bénéficie d’un large soutien américain, et pour adresser un message de menace aux forces et personnalités refusant de négocier, signifiant que la persistance dans le refus des diktats américains pourrait ouvrir la voie à des mesures punitives visant pratiquement à les isoler politiquement.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte destiné à imposer un cordon politique et médiatique autour du Hezbollah, et à empêcher tout contact ou coordination officielle entre lui et les institutions de l’État, en plus d’adresser un message d’avertissement de haut niveau au président de la Chambre des députés, Nabih Berri, pour le pousser à se distancier du parti à ce stade.

Les premières réactions au sein des milieux du Hezbollah et du mouvement Amal ont reflété une certaine indifférence face à la décision, tout en insistant dans le même temps sur la nécessité d’« attirer l’attention des forces locales et extérieures sur le fait que la décision cible directement des personnalités politiques et militaires chiites », estimant que de telles mesures « ne faciliteront pas la gestion par le Liban du dossier de la guerre avec Israël, mais vont plutôt compliquer les choses et imposer de nouvelles réalités au travail des institutions officielles ».

Elles ont ajouté qu’« il appartenait au pouvoir de prendre l’initiative de publier une position claire en réponse à cette démarche, non pas pour défendre la Résistance, mais pour empêcher l’ingérence américaine dans la nature de la représentation politique et dans le travail des institutions militaires et de sécurité ».

Si le Hezbollah est soumis aux sanctions américaines depuis des décennies, la partie américaine a franchi hier, dans sa décision, deux étapes supplémentaires, ce qui reflète un indicateur clair de la trajectoire d’escalade et des pressions attendues sur le Liban, avec les observations suivantes :

Premièrement : L’imposition de sanctions à des personnalités du mouvement Amal mené par le président Nabih Berri, en se concentrant sur ceux que Washington considère comme ayant des rôles sécuritaires soutenant le Hezbollah face à l’agression israélienne.

De même, les Américains ont inauguré une nouvelle phase d’ingérence flagrante dans le travail des institutions officielles militaires et de sécurité, en imposant des sanctions au général de brigade Khattar Nasser El-Dine, chef du département de l’analyse sécuritaire à la Sûreté générale, et au colonel Samer Hamade, chef du renseignement de l’armée libanaise dans la banlieue sud. Tous deux ont été accusés de « fournir des renseignements importants au Hezbollah lors du conflit en cours durant l’année écoulée ».

Les sanctions ont inclus l’ancien ministre Mohammad Fneich, que la décision a décrit comme étant le chef du Conseil exécutif du Hezbollah et le responsable de la réorganisation de sa structure administrative, le député Hassan Fadlallah, dont il a été annoncé qu’il a été chargé il y a quelques semaines de la mission de coordination avec le président de la République, le député Ibrahim al-Moussaoui, récemment nommé président de la commission des médias du parti, et le député Hussein Haj Hassan, chargé du suivi des représentants du parti au sein du gouvernement.

Les sanctions ont également inclus le cadre du mouvement Amal, Ahmad Baalbaki, et son adjoint, Ali Safawi, pour des accusations liées à l’intimidation des opposants à la Résistance et à la participation à des opérations contre l’ennemi, ainsi que l’ambassadeur iranien, Mohammad Reza Sheibani, en tant que « persona non grata au Liban » et « agissant contre ses intérêts ».

Dans une interview accordée à la chaîne « Al Jazeera », un responsable du département d’État américain a déclaré que l’objectif des sanctions est d’empêcher l’obstruction des négociations en cours entre le pouvoir au Liban et ‘Israël’, brandissant la menace d’imposer davantage de mesures contre quiconque s’emploie à perturber le processus de négociation ou à soutenir le Hezbollah et ses opérations contre Israël.

Le mouvement Amal a publié un communiqué dans lequel il a considéré que ce qui a été émis à l’encontre de Baalbaki et Safawi, « en plus d’être inacceptable et injustifié, cible en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique soucieux des causes nationales et de la protection de l’État et des institutions ».

De son côté, le Hezbollah a considéré dans un communiqué que la décision est « une tentative d’intimidation du peuple libanais libre afin de consolider l’agression israélienne contre notre pays, et de lui donner une dose politique illusoire après l’échec de ses crimes à dissuader les Libanais d’exercer leur droit légitime à la résistance ».

Il a qualifié le ciblage des officiers libanais de « tentative flagrante d’intimider nos institutions de sécurité officielles et de soumettre l’État aux conditions de la tutelle américaine », appelant le pouvoir à « défendre ses institutions constitutionnelles, sécuritaires et militaires, afin de préserver la souveraineté nationale ainsi que la dignité du Liban et des Libanais ».

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar