mardi, 14/07/2026   
   Beyrouth 16:57

Crise au sein de l’armée israélienne en mission au Liban : Pénuries de personnel et d’équipement. « Un bataillon n’est pas un bataillon »

La radio de l’armée israélienne a rapporté que le système des forces de réserve de l’armée israélienne est confronté à des défis croissants, que des sources sur le terrain décrivent comme approchant un état d’« effondrement réel » dans certaines unités, en raison de pénuries de personnel et d’équipement et d’une diminution de la capacité à maintenir les structures militaires à leur taille organisationnelle habituelle.

La station de radio a rapporté qu’une brigade blindée des forces de réserve avait pris en charge ces derniers jours un important secteur opérationnel au sein de la zone de sécurité du sud du Liban, mais la situation sur le terrain, d’après les témoignages des commandants et des combattants de la réserve, diffère de ce qui est présenté au public et aux décideurs.

Elle a souligné que parler de « brigades » et de « divisions » militaires ne reflète pas nécessairement la taille réelle des forces déployées sur le terrain, expliquant que nombre de ces formations opèrent avec des effectifs bien inférieurs à leur taille supposée.

Selon le rapport, la compagnie de chars des forces de réserve comptait autrefois entre 10 et 12 équipages, mais l’armée israélienne est actuellement confrontée à une pénurie de chars en état de marche.

La station de radio a attribué cela aux dommages subis par un certain nombre de chars lors des combats dans le sud du Liban, ce qui a entraîné leur mise hors service et a nécessité de longues périodes d’entretien et de remise en état.

Elle a ajouté que cette situation avait contraint les forces d’occupation à faire fonctionner les compagnies avec moins de chars qu’auparavant, ce qui avait également affecté le mécanisme de mobilisation des réservistes. Avec un nombre réduit de chars disponibles, tous les membres des compagnies n’étaient pas mobilisés ; seul un nombre limité l’était, en fonction des ressources disponibles.

La station de radio a souligné que ce mécanisme influe sur les taux d’enrôlement annoncés pour les forces de réserve, ces taux étant calculés en fonction du nombre de personnes ayant répondu à l’appel parmi celles initialement convoquées. Selon le reportage, la réduction du nombre de personnes appelées donne l’impression d’afficher des taux d’enrôlement relativement élevés aux yeux du public, alors que la réalité sur le terrain est plus complexe.

Elle a également souligné que le fait de classer certaines personnes comme engagées ne signifie pas nécessairement leur participation pleine et entière pendant toute la durée de la mission militaire, car nombre d’entre elles ne participent que pendant des périodes limitées en raison de diverses circonstances, ce qui aggrave la pénurie réelle d’effectifs au sein des unités. Par conséquent, les unités dont le taux d’engagement se situe entre 50 et 70 % peuvent, en pratique, souffrir d’un déficit d’effectifs bien plus important lors des missions opérationnelles.

La radio de l’armée israélienne a cité un commandant de réserve déclarant : « Les unités de réserve sont aujourd’hui en grande partie vides. Un bataillon n’est plus un bataillon complet, et une compagnie n’est plus une compagnie réelle de la taille qu’on lui connaît. Le public et les décideurs entendent parler de brigades entières déployées au Liban, mais la réalité est tout autre : ces unités opèrent avec un nombre bien plus réduit de combattants, de chars et de véhicules militaires. »

Le commandant a ajouté que certaines parties du système de réserve se trouvent, de fait, dans une situation très difficile, notant qu’il existe une disparité entre les unités en termes de préparation et de capacités, mais que chacun essaie de continuer malgré les défis croissants.

Dans un autre exemple cité par la radio concernant la réalité des unités sur le terrain, il était mentionné qu’une des compagnies de réserve avait récemment achevé une mission opérationnelle au Liban et qu’il ne restait plus qu’un seul officier dans sa structure de commandement.

Elle expliqua que le commandant de compagnie avait été relevé de ses fonctions et qu’il n’y avait pas de commandant adjoint, ce qui nécessitait la désignation d’un soldat pour l’intérim. Elle fit également remarquer que la compagnie ne comptait qu’un seul chef de section ayant le grade d’officier, tandis que d’autres soldats commandaient des sections sans pour autant posséder ce grade.

La station de radio a également souligné que cette réalité a entraîné un net déclin de la hiérarchie dirigeante au sein de certaines unités, certaines entreprises étant désormais gérées par des mécanismes exceptionnels et non conventionnels en raison de la pénurie de cadres dirigeants et de personnel qualifié.

Source : Médias