Le président américain Donald Trump et le premier ministre de l’occupation, Benyamin Netanyahu, ont tenu à la Maison-Blanche leur huitième rencontre depuis la victoire du premier à la présidentielle. Cet entretien de près de 90 minutes a été principalement axé sur le dossier iranien. Ont pris part à la réunion le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, le directeur de la CIA John Ratcliffe ainsi que l’envoyé présidentiel Steve Witkoff.
Parallèlement à cette rencontre, il est apparu clairement qu’une campagne orchestrée était menée en ‘Israël’ et dans certains médias américains pour répandre un climat d’« optimisme » excessif autour de cette visite.
Cela s’est manifesté, par exemple, dans les commentaires similaires diffusés par les médias israéliens et les correspondants politiques, qui rejoignaient en tous points le communiqué du bureau de Netanyahu qualifiant la réunion de « fructueuse », affirmant qu’« Israël n’exerce aucune pression sur les États-Unis concernant l’Iran » et que les deux parties partagent « l’objectif d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire ».
Dans le même ordre d’idées, la 12ème chaîne a rapporté, citant de hauts responsables de l’entourage de Netanyahou, que « la réunion a été très bonne et positive » et que les deux parties ont passé en revue les différents fronts, notamment le front iranien, « réaffirmant leur engagement commun à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires ».
La 15ème chaîne a de son côté cité un responsable affirmant que « Trump et Netanyahu ont souligné qu’il est hors de question de permettre à l’Iran d’obtenir une arme nucléaire », que ce soit par un accord ou sans lui.
Quant à Israel Hayom, il a qualifié la rencontre d’« une des étapes de coordination les plus importantes entre les deux parties sur la question iranienne », tandis que la Maison-Blanche s’est contentée de déclarer que les réunions de Trump avec Netanyahu et avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky avaient été « positives ».
À l’issue de l’entretien, Netanyahu a déclaré avoir eu une discussion qu’il a qualifiée d’« excellente » avec Trump, reflétant « un partenariat total, un soutien mutuel et une compréhension de l’objectif commun visant à garantir que l’Iran n’obtienne pas d’armes nucléaires, entre autres objectifs ».
Netanyahu a ajouté que cette rencontre figurait « parmi les meilleures conversations qu’il ait eues avec un président américain », ayant permis un échange d’idées et la coordination des dispositions relatives à la sécurité et à l’avenir d’Israël.
Cependant, comme l’a souligné Barak Ravid, correspondant de la 12ème chaîne, il est apparu nettement que Netanyahu est arrivé cette fois à la Maison-Blanche dans une « position plus faible et moins influente que lors de ses sept visites précédentes ».
Il avait néanmoins apporté avec lui de nouveaux renseignements qui, selon la chaîne Kan, comprenaient « des données indiquant la poursuite du développement par l’Iran d’installations nucléaires, en parallèle des négociations en cours entre Washington et Téhéran ».
La 12ème chaîne a également rapporté, citant un responsable israélien, que Netanyahu avait insisté auprès de Trump sur « sur le caractère inévitable de nouvelles frappes contre les installations nucléaires iraniennes réhabilitées ».
En face, Trump avait adopté, lors d’une attaque préventive avant la réunion, un ton teinté de critiques implicites à l’égard de Netanyahu. Il a ainsi déclaré, lors d’un entretien accordé à Fox News, qu’il « n’avait pas besoin » que ce dernier lui fournisse des renseignements sur l’activité iranienne dans le site souterrain du « mont de la Hache » (Jabal al-Fas).
Il a ajouté que « les États-Unis disposent des meilleurs moyens d’imagerie et de surveillance pointés sur le site et savent exactement ce qui s’y passe ». Il a rappelé que les États-Unis avaient détruit des installations nucléaires iraniennes, poursuivant qu’ils « pouvaient facilement détruire le mont de la Hache à défaut d’un accord ».
En parallèle à la rencontre Netanyahu – Trump, les appels à la reprise de l’agression contre l’Iran se sont poursuivis en ‘Israël’. Le ministre Eli Cohen a déclaré, dans des propos rapportés par la 14ème chaîne, que « Netanyahu est censé demander à Trump de finir le travail », estimant qu’« un accord avec l’Iran n’a aucune valeur ».
De même, le président de la Commission des affaires étrangères et de la défense au Knesset, Boaz Bismuth, a estimé que « la bataille contre l’Iran n’est pas terminée, et la phase actuelle n’est qu’une trêve entre les combats ».
Bismuth a comparé l’affrontement à une pièce de théâtre en trois actes, affirmant que « les premier et deuxième actes sont terminés, et un troisième acte viendra trancher la question ». Il a ajouté que « l’Iran sait qu’il ne vaincra pas ‘Israël’ sur le champ de bataille », prétendant que « le régime vit en sursis ».
Dans un contexte similaire, la chaîne i24 a rapporté que l’estimation dominante en ‘Israël’ indique que « la poursuite de la pression économique sur l’Iran finira, à un moment donné, par briser le régime ». Dès lors, cette analyse préconise de « maintenir le statu quo et de poursuivre la pression si la décision de retourner à la guerre n’est pas prise ».
Pendant ce temps, la 12ème chaîne a mentionné que des responsables au niveau politique israélien, dont plusieurs ministres, ont été informés ces derniers jours que « l’Iran intensifie ses efforts pour cibler directement des responsables israéliens, qu’ils soient actuellement en poste ou qu’ils l’aient été auparavant, et à tous les niveaux, afin de réaliser un gain stratégique et de marquer les esprits ».
La chaîne a ajouté que cette motivation iranienne a toujours existé, mais que l’appareil sécuritaire israélien indique « détecter actuellement un danger accru et met en garde contre une escalade des tentatives d’exécution d’opérations de ce type ». En conséquence, le Shin Bet a renforcé la protection accordée à plusieurs responsables.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
