mardi, 27/10/2026   
   Beyrouth 20:41

Les pays exportateurs de gaz adoptent la « Déclaration de Moscou » et rejettent les sanctions unilatérales

Les chefs d’État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) ont adopté mardi à Moscou la « Déclaration de Moscou », à l’issue de leur 8e sommet, tenu à l’occasion du 25e anniversaire de l’organisation, à l’invitation du président russe Vladimir Poutine.

Dans le texte, les signataires se disent « profondément préoccupés » par l’impact des évolutions géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient, sur la stabilité du marché mondial du gaz, citant les ruptures d’approvisionnement, les risques accrus pour les investissements et la forte volatilité des prix.

Rejet des mesures coercitives

Ils rejettent « résolument » l’application extraterritoriale de normes juridiques nationales et régionales, ainsi que les mesures coercitives unilatérales non autorisées par l’ONU. Ils s’alarment aussi de l’effet des mesures tarifaires, qui pourraient entraver le fonctionnement des marchés et les flux d’investissement.

Mécanismes de crise et protection des infrastructures

Les membres s’engagent à établir des mécanismes de réponse aux crises du marché gazier, notamment par des consultations de haut niveau pour évaluer l’impact des chocs externes et coordonner les actions. Ils prévoient également de renforcer leur coopération pour garantir la continuité des chaînes d’approvisionnement, la liberté de navigation et la protection des infrastructures critiques (installations de production, gazoducs, méthaniers) face aux menaces physiques, cyber et hybrides.

Contrats de long terme et diversification

La déclaration appelle à un « prix équitable » du gaz, par le recours aux contrats de long terme et à des mécanismes de prix diversifiés, dont l’indexation sur le pétrole. Elle plaide pour la diversification des routes commerciales maritimes et terrestres et le développement de hubs gaziers régionaux.

Place du gaz dans la transition

Les signataires défendent une transition « pragmatique, juste et équilibrée » vers une énergie bas carbone, avec le gaz comme vecteur central, dans le respect du principe de « neutralité technologique ». Ils veulent promouvoir le gaz comme combustible de destination à long terme et alternative bas carbone aux énergies plus émettrices. Le texte met aussi l’accent sur le captage et stockage du carbone (CCUS), l’hydrogène bleu et la réduction des émissions de méthane.

Autres engagements

Le texte prévoit encore le renforcement du rôle du FPEG comme plateforme de coordination des positions de ses membres, la coopération scientifique via l’Institut de recherche gazière du Forum, et un programme dédié aux jeunes professionnels et à la promotion des femmes dans le secteur.

Lors de la séance plénière, Poutine a appelé les pays exportateurs à renforcer leur coopération face aux perturbations du marché. Il a par ailleurs critiqué la décision de l’Union européenne de renoncer aux approvisionnements en gaz russe, qui, selon lui, nuit à l’industrie et au secteur social de la région.

Le FPEG

Le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) est une organisation intergouvernementale qui sert de plateforme d’échange d’expériences et d’informations entre ses membres. Il compte 12 pays membres : l’Algérie, la Bolivie, l’Égypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago, les Émirats arabes unis et le Venezuela.

Huit pays ont le statut d’observateur : l’Angola, l’Azerbaïdjan, l’Irak, la Malaisie, la Mauritanie, le Mozambique, le Pérou et le Sénégal.

Selon le FPEG, ses membres détiennent 70 % des réserves prouvées de gaz naturel dans le monde, assurent 38 % de la production commercialisée, 42 % des exportations mondiales de gaz et 47 % des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

Source : Anadolu