Des soldats israéliens ont été tués et blessés dans une embuscade menée par la résistance à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, ont rapporté les médias israéliens, selon lesquels c’est l’opération la plus dangereuse depuis le 7 octobre. L’embuscade rappelle celle qui avait eu lieu le 25 juin dernier au cours de laquelle 7 soldats du 605e bataillon de génie de combat ont péri carbonnisés dans l’explosion d’un engin piégé au passage d’un véhicule Puma à Khan Younès.
L’armée israélienne a permis d’annoncer que 5 soldats ont succombé et 14 autres ont été blessés. Le site Hadashot Bazman a indiqué que les soldats ont été brûlés et mutilés.
Le premier incident s’est produit lorsque des combattants de la résistance ont fait exploser un engin explosif dans un véhicule blindé transportant des soldats, selon la chaine qatarie al-Jazeera citant des médias israéliens.
Mais les sites web israéliens ont assuré que toute la force de l’armée d’occupation qui se trouvait sur les lieux est tombée dans un champ de mines puis a fait l’objet de tirs d’obus anti blindés. « Tous les véhicules sont passés sur un champ de mines et après son explosion, ils ont été frappés par des obus RPG », a indiqué le site Hadashot Bazman.
Le second incident s’est produit selon al-Jazeera lorsqu’un robot chargé de munitions a été visé avec un missile antichar alors qu’il était en cours de préparation, également à Beit Hanoun.
Le correspondant de la chaine libanaise al-Mayadeen a rendu compte d’une énorme explosion due au ciblage d’un robot qui transportait des tonnes de produits explosifs.
Selon al-Jazeera, la résistance a pris pour cible une équipe de secours israélienne qui s’est précipitée sur le site du véhicule blindé visé.
Une autre version des faits indique qu’un premier engin piégé a visé un char, un second a explosé avec l’arrivée de la première équipe de secours et le troisième a visé la force de sauvetage qui a accouru pour secourir cette dernière. L’explosion d’un quatrième engin suivie de tirs de feu aurait visé tous ceux qui avaient été blessés dans les explosions précédentes.
Une autre version avance qu’un engin piégé a explosé au passage d’un véhicule blindé de transport de soldats qui a été suivi par le ciblage d’un bulldozer D9 et d’un char, puis du bombardement d’u robot qui transportait des explosifs. Cette version assure que les équipes de secours ont elles aussi été visées.
Les habitants d’Ashkelon ont entendu une « énorme explosion », ont rapporté ces sites selon lesquels l’un des blessés est un officier supérieur.
Les soldats visés appartiennent à l’unité du génie Yahalom, qui travaille à la détonation d’explosifs et au bombardement d’habitations palestiniennes dans la bande de Gaza, selon Najwan Samri, correspondant d’al-Jazeera en Palestine.
La radio militaire israélienne assure quant à elle que 4 soldats tués faisaient partie du bataillon Netzah Yehuda (97) de la brigade Kfir, tandis que le 5ème appartenait à la brigade du Nord division de Gaza .
Des hélicoptères sont arrivés sur les lieux pour transporter les blessés vers 5 hôpitaux et ont ouvert le feu nourri.
Version de i24
L’opération a débuté samedi soir, précise i24, avec le lancement d’une offensive menée conjointement par la brigade Nord et la brigade de réserve 646 dans la zone de Beit Hanoun, dans l’objectif de nettoyer et sécuriser un secteur encerclé par les forces israéliennes.
Vers 22h00, une force du bataillon Netzah Yehuda progressait à pied pour sécuriser l’arrière de l’offensive principale quand elle a été prise dans une embuscade. Selon les premiers éléments de l’enquête, au moins deux engins explosifs improvisés de forte puissance ont été déclenchés contre la patrouille, selon ce média. Les équipes de sauvetage, une fois arrivées sur les lieux, ont essuyé de tirs de feu par des combattants palestiniens causant des blessés supplémentaires.
Toujours selon i24, l’armée israélienne s’interroge sur les circonstances qui ont permis une telle embuscade dans une zone si proche de la frontière, et qui avait déjà fait l’objet de multiples opérations militaires. Les enquêteurs estiment que « les explosifs ont été déclenchés à distance, et que les terroristes palestiniens visaient probablement les chars et véhicules blindés présents dans le secteur ».
Selon des sites, le ministre de la Défense Israel Katz a réprimandé le chef d’état-major Zamir, qui a menacé de démissionner suite à l’opération de Beit Hanoun.
On rapporte que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en visite à Washington, suit personnellement l’évolution de l’opération de Beit Hanoun dans un contexte de black-out médiatique total. Les détails étant strictement confidentiels.
« Un schéma récurrent »
Les opérations de résistance se sont considérablement intensifiées ces dernières semaines, tuant et blessant des soldats et des officiers dans diverses zones de la bande de Gaza.
Doron Kadosh, le correspondant de la radio militaire conclut que les engins explosifs improvisés constituent la principale menace pour l’armée israélienne dans la bande de Gaza : Plus de 70 % des pertes humaines des forces terrestres à Gaza ces derniers mois ont été causées par ces engins qui ont coûté la vie à 27 des 38 décès depuis la reprise des combats à Gaza en mars dernier. Il se répartissent en deux grandes catégories : les embuscades routières (19 morts) et les bâtiments piégés (6 morts).
Le correspondant de la radio de l’armée israélienne constate que les embuscades de tirs de feu qui suivent l’explosion d’engins piégés sont devenues un schéma récurrent ces dernières semaines, lors d’incidents au cours desquels des militants du Hamas ont placé des engins explosifs aux forces de Tsahal.
« La ville, située à moins de trois kilomètres de la colonie de Sderot, a été occupée à plusieurs reprises par l’armée, et à chaque opération, et à chaque retrait de l’armée, les militants reviennent. Durant les opérations, l’armée a constaté que le Hamas renforçait sa présence dans la zone, apparemment grâce à un réseau de tunnels souterrains, et a maintenu Beit Hanoun comme un point de combat actif et continu pendant longtemps », estime ce correspondant.
Selon lui, les récentes opérations au cours desquelles des soldats ont été tués dans la bande de Gaza se sont caractérisées par le fait que les assaillants ne se sont pas retirés des lieux après l’opération, mais sont restés et ont visé les secours, tentant de maximiser leur « exploit ». Le tournage fait indéniablement partie intégrante de cette stratégie : leur objectif clair est de produire des vidéos de haute qualité, parfois sous plusieurs angles, pour la diffusion médiatique.
Le correspondant militaire israélien Hillel Biton-Rosen déplore que « depuis un an et huit mois, nos soldats combattent à Beit Hanoun, et malheureusement, cela s’accompagne toujours d’un grand nombre de victimes. »
Le mois de juin dernier a été le mois le plus sanglant pour l’armée d’occupation israélienne, avec 20 soldats et officiers tués et d’autres blessés, selon les chiffres officiels publiés par les médias israéliens la semaine dernière.
Il y a dix jours, l’armée israélienne a reconnu la mort d’un officier et de six soldats lors de combats dans le sud de la bande de Gaza.
Cette déclaration fait suite à l’annonce par les médias israéliens de la mort de quatre soldats et de 17 blessés lors d’une embuscade complexe contre des soldats israéliens à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza.
Source: Médias