La procureure général d’Israël a rejeté, faute de preuve, une demande d’enquête du Shin Bet visant trois hommes politiques arabes en lien avec des accusations de fraude dans les élections législatives. Après quoi la Commission électorale israélienne a écarté toute atteinte à l’intégrité des élections législatives, à quelques heures du début des consultations visant à former le prochain gouvernement.
Netanyahu et son parti, le Likoud, ont multiplié ces derniers jours les accusations de fraude contre les formations arabes israéliennes, auxquelles il attribue de l’avoir privé de majorité en récoltant un nombre de sièges record lors de ce scrutin le 27 octobre. Il craint que les 19 voix dont elles disposent ne soient allouées au camp de l’opposition qui en a besoin pour disposer de la majorité nécessaire pour la formation d’un gouvernement.
Le Likoud avait dénoncé l’ingérence du Qatar, via la distribution de pots-de-vin et de bons de carburant, visant à influencer le taux de participation des électeurs arabes. Ce que Doha a démenti.
Une enquête sans preuve
Dans une énième tentative, le chef du Shin Bet, David Zini, un fidèle de Netanyahu avait présenté une demande d’enquêter sur trois hommes politiques arabes soupçonnés d’ingérence étrangère et de fraude lors des élections à la Knesset. Il avait exigé que l’affaire soit classée comme une violation de la sécurité afin d’accorder à l’agence des pouvoirs élargis, notamment celui d’empêcher les suspects de rencontrer leurs avocats, de les écouter et de collecter leurs données de communication.
Faute d’avoir obtenu les preuves qu’elle a réclamées, la procureure générale israélienne, Gali Baharav-Miara a rejeté la demande de Zini.
Dans un communiqué diffusé par son porte-parole, Baharav-Miara a souligné que la loi n’autorise pas l’enquête sur des citoyens ou des élus sans motifs ni preuves justifiant une telle enquête.
Sans tarder, le parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a attaqué la procureure générale, l’accusant d’« entraver l’enquête et de dissimuler des manipulations du processus électoral ».
De son côté, le chef de l’opposition, Gadi Eisenkot, a accusé sur la plateforme X, « le parti Likoud et Netanyahu de tenter de perpétrer un massacre contre la démocratie et l’État de droit, cherchant à nous entraîner tous dans une grave crise constitutionnelle. »
Pour sa part, la Liste arabe unie a publié un communiqué déclarant : « Zini a perdu la raison, et nous ne permettrons pas que le choix et le vote du public arabe soient transformés en une menace pour la sécurité », ajoutant que « le public arabe n’a pas besoin de l’approbation de Netanyahu ou du chef du Shin Bet pour influencer son avenir politique ».
« Aucune irrégularité »
Ce mercredi matin, à quelques heures de la publication des résultats officiels, la Commission électorale a annoncé que ses vérifications n’avaient révélé « aucune irrégularité ou preuve indiquant que l’intégrité des élections a été compromise ou que les résultats ont été altérés », a rapporté l’AFP.
Dans un communiqué, la commission a indiqué avoir étudié tous les recours déposés par des partis ou des individus, et avoir procédé à un examen poussé de plus de 9.000 urnes, « un nombre sans précédent ».
Cette mise au point en forme de conclusion intervient alors que le président israélien Isaac Herzog doit recevoir à partir de 15H00 GMT les représentants des partis élus à la Knesset, pour des consultations visant à choisir le candidat qu’il jugera le plus à même de former le prochain gouvernement.
Ces consultations s’annoncent longues et ardues, car le scrutin s’est achevé sans dégager la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset, ni pour le camp de Netanyahu (53 sièges), ni pour le bloc principal de l’opposition mené par le centriste Gadi Eisenkot (48 sièges).
Source : Médias
