La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara Zein, a annoncé ce vendredi que l’« armée » israélienne a brûlé plus de 16 000 hectares de terres agricoles et forestières, entre octobre 2023 et septembre 2026, en raison de bombardements effectués à l’aide d’obus au phosphore et d’autres types de munitions.
Dans un appel lancé à l’occasion de la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé, Mme Zein a ajouté que l’occupant a utilisé 1 800 tonnes d’explosifs lors de trois séries d’explosions dans le sud du pays.
Mme Zein a précisé que le Liban est confronté à des dommages environnementaux considérables, notamment l’incendie de terres agricoles et de forêts, la dégradation de réserves naturelles, et la perte, pour les agriculteurs, de leurs récoltes et de leurs moyens de subsistance. À cela s’ajoutent des explosions qui ont altéré la physionomie des zones visées par les bombardements israéliens.
Elle a interrogé : « Qui porte la responsabilité de ces dommages, et qui garantira que les Libanais ne se retrouvent pas seuls face à leurs conséquences et au coût de leur traitement ? »
Risques environnementaux à long terme
Mme Zein a mis en garde contre des risques environnementaux à long terme, soulignant la nécessité de surveiller l’impact des polluants et des résidus de munitions sur les sols, les ressources en eau et la sécurité de la production agricole.
Pour illustrer l’ampleur des dégâts, la ministre a présenté les conclusions d’un rapport élaboré par le ministère de l’Environnement concernant les explosions provoquées par l’« armée » israélienne dans des zones du sud du Liban. Selon le rapport, l’« armée » a utilisé environ 80 tonnes d’explosifs à Majdal Zoun (district de Tyr), 700 tonnes aux abords de la citadelle de Beaufort (Qalaat al-Shaqif, district de Nabatieh) et 1 100 tonnes sur la colline d’Ali al-Taher, dans ce même district, sans toutefois préciser les dates de ces opérations.
Des répercussions qui affectent la vie des habitants
Al-Zein a ajouté que les explosions ont généré des ondes sismiques équivalentes à des séismes d’une magnitude de 3,1, 3,8 et 4,2 sur l’échelle de Richter, respectivement.
Elle a souligné que les conséquences de ces dommages dépassent les pertes environnementales directes, affectant également la vie des habitants et leurs moyens de subsistance.
Par ailleurs, elle a appelé la communauté internationale et les Nations unies à « soutenir le Liban dans la gestion des dommages environnementaux et à tenir Israël pour responsable ».
Al-Zein a également plaidé pour la mise en place d’un mécanisme indépendant et efficace visant à traduire en justice les responsables de ces dommages environnementaux, et à les contraindre à en assumer les coûts de traitement ainsi qu’à verser des indemnisations.
Ces revendications interviennent alors que l’agression israélienne contre le sud du Liban se poursuit, malgré l’annonce d’un « cessez-le-feu ». Le ministère libanais de la Santé a annoncé, hier jeudi, que le bilan des victimes depuis le 2 mars dernier s’élevait à 4 390 morts et 12 429 blessés.
Source : Médias
