samedi, 04/07/2026   
   Beyrouth 15:22

Carlson soutient la création d’un 3e parti aux USA et accuse Israël de vouloir détruire son pays.

Le célèbre commentateur politique américain conservateur Tucker Carlson a annoncé son intention de contribuer à la création d’un troisième parti politique et critiqué avec virulence l’ingérence et l’influence israélienne dans son pays dans le but de le detruire.

Il avait quitté le Parti républicain après son désaccord avec le président Donald Trump au sujet de la guerre contre l’Iran, après avoir été l’un de ses alliés médiatiques les plus importants pendant l’élection présidentielle. Il s’était alors excusé d’avoir « induit en erreur » les Américains en le soutenant.

« Etat à parti unique »

Lors d’une interview accordée à la Columbia Journalism Review, Carlson a déclaré qu’il « consacrera ses efforts à aider à construire un nouveau parti », estimant que les États-Unis ont besoin d’« une tentative honnête pour déterminer ce qui est bon pour le pays » .

Selon lui, la situation actuelle donne au pays l’apparence d’un « État à parti unique qui prétend être une démocratie », ajoutant que cette réalité « doit changer » et qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour y parvenir, selon le New York Times.

Carlson estime que les électeurs manquent désormais d’une véritable alternative politique, étant donné que les deux partis n’offrent pas de différence fondamentale sur des questions telles que les guerres et les politiques financières et étrangères.

Le Parti républicain est confronté à des divisions concernant la guerre menée par l’administration Trump contre l’Iran, tandis que le Parti démocrate connaît une montée en puissance de son aile progressiste sur fond de désaccords croissants concernant sa position sur Israël et sa guerre contre la bande de Gaza, selon le New York Times.

Carlson a souligné que son projet politique n’a pas pour but de concurrencer Trump ni de le remplacer, niant les spéculations qui ont circulé ces derniers mois quant à la possibilité qu’il se présente à la présidence après l’escalade de ses critiques à l’égard du président.

Expliquant que sa relation avec le président remonte à de nombreuses années, il a indiqué qu’il ne lui a plus parlé depuis le début de la guerre avec l’Iran, ajoutant : « Je ne suis pas intéressé à lui parler. »

La rupture entre les deux hommes est survenue après que Carlson a estimé que l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Iran constituait un écart par rapport à l’une des promesses de campagne les plus importantes de Trump, à savoir éviter de s’impliquer dans des guerres étrangères, ce qui l’a incité à annoncer son départ du Parti républicain après plus de trois décennies durant lesquelles il affirmait en être resté un défenseur.

Trump, soumis à Israël

Carlson accuse surtout Trump d’être soumis à Israël dont il critique ouvertement l’ingérence dans la politique de son pays et de le pousser à mener des guerres au détriment des intérêts américains.

Dans son interview avec Columbia Journalism Review, il a indiqué que depuis la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche au début du second mandat de Trump, il estimait que l’administration américaine avait commencé à dilapider son capital politique « au profit d’un autre pays », ce qui l’avait incité à s’opposer publiquement à cette politique.

Il a révélé qu’il ne considérait pas Israël comme un pays important du point de vue des intérêts américains, malgré ses nombreux voyages d’affaires et touristiques et son admiration pour la ville de Jérusalem.

Israël veut détruire mon pays

Il a ajouté : « Je me suis rendu en Israël à de nombreuses reprises, pour le travail et en tant que touriste. J’adore Jérusalem, c’est une ville magnifique, mais Israël ne m’intéresse pas. Je ne pense pas que ce soit un pays important du point de vue américain. Il n’est pas situé dans notre hémisphère et n’en a pas les ressources. Je ne m’en souciais donc pas. Mais quand ce pays commence à s’immiscer dans mon système politique et à détruire mon pays, alors j’ai le droit de m’en préoccuper. Et maintenant, je m’en préoccupe. »

Carlson considérait cela comme un tournant radical dans sa carrière journalistique, révélant que pendant près de 30 ans, il avait délibérément évité de critiquer Israël en raison de ce qu’il décrivait comme une « règle non écrite » associant toute critique d’Israël à l’antisémitisme. Il a souligné qu’il n’avait pas souhaité aborder cette question car il n’est « pas antisémite ».

Il a déclaré que le tournant avait été la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, qui, selon lui, ne visait pas le programme nucléaire iranien, mais constituait « le premier coup de feu d’une tentative menée par Israël pour changer le régime de Téhéran », ce qui, d’après lui, contredisait les promesses qui avaient porté le président américain Donald Trump à la Maison Blanche.

L’ex-animateur américain a également critiqué ce qu’il a décrit comme l’influence exercée par des personnalités pro-israéliennes et des cercles de lobbying aux États-Unis, affirmant que les personnes qui influencent le plus Trump sur cette question sont d’importants donateurs, notamment l’homme d’affaires John Paulson, Miriam Adelson et le propriétaire de News Corp, Rupert Murdoch, qui, selon lui, appelait Trump « trois ou quatre fois par jour » pour l’encourager à attaquer l’Iran.

L’Iran, une puissance mondiale

Carlson a soutenu qu’Israël avait commis une erreur stratégique, en croyant pouvoir devenir la puissance dominante au Moyen-Orient, alors que l’issue de la guerre était contraire à ses attentes. Il a ajouté : « Imaginez-vous à la place d’Israël : vous pensez devenir la puissance dominante de la région, et trois mois plus tard, l’Iran devient une puissance mondiale. C’est un véritable cauchemar. »

Il a ajouté qu’Israël « n’a même pas la capacité de mener une diplomatie », critiquant son recours à la force militaire et aux opérations de sécurité au détriment de solutions politiques. Il a soutenu que cela lui avait causé un préjudice stratégique.

Dans un contexte similaire, Carlson a déclaré qu’il était conscient depuis des années de ce qu’il a décrit comme un « système d’apartheid » en Israël, et que cela le préoccupait depuis une vingtaine d’années, mais qu’il n’en avait pas fait un enjeu majeur dans son travail médiatique, soulignant que la récente guerre l’avait incité à changer de position et à parler publiquement des politiques israéliennes.

Il a également révélé avoir rencontré Trump à la Maison Blanche avant le déclenchement de la guerre, au cours de laquelle il a déclaré l’avoir averti à trois reprises que toute tentative de changement de régime en Iran ne conduirait pas à l’établissement d’un gouvernement démocratique pro-occidental, mais créerait une crise de longue durée, ajoutant qu’il ne comprenait pas pourquoi le président américain s’était engagé sur cette voie malgré la connaissance des risques.

Dans un interview précédente, Carlson avait même d’avoir contribué à amplifier l’islamophobie dans son pays. Il s’est excusé auprès des musulmans américains pour ses positions islamophobes dans le passé.

Source : Médias