mardi, 21/07/2026   
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Le Premier ministre espagnol en visite en Algérie pour discuter de gaz, de migration et de coopération économique

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est arrivé lundi à Alger pour une visite de travail et d’amitié, la visite de plus haut niveau entre les deux pays depuis la reprise des relations diplomatiques après la crise déclenchée par le changement de position de Madrid sur la question du Sahara occidental.

À son arrivée, M. Sánchez a été accueilli par le Premier ministre algérien, Sifi Ghrib, avant d’être officiellement reçu par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, au Palais présidentiel.

M. Sánchez est accompagné de la vice-Première ministre et ministre de la Transition écologique, Sara Agues, du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Álvarez, ainsi que des dirigeants et responsables de quatre grandes entreprises énergétiques espagnoles : Naturgy, Repsol, Movi et Enagás.

Au cours de cette visite d’une journée, M. Sánchez s’entretiendra avec M. Tebboune et M. Ghrib, et abordera les relations politiques, la coopération économique, l’énergie, la migration irrégulière et les enjeux sécuritaires au Sahel et en Méditerranée occidentale. MM. Sanchez et Tebboune devraient publier une déclaration conjointe à l’issue de leurs entretiens, une initiative visant à consolider la normalisation des relations et à inaugurer une nouvelle phase de coopération entre les deux pays.

L’énergie au cœur des discussions

La sécurité énergétique est au centre des préoccupations de cette visite, Madrid cherchant à renforcer ses approvisionnements en gaz algérien et à développer la coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert.

L’Algérie et l’Espagne mènent des discussions depuis plusieurs mois concernant l’augmentation du volume de gaz transporté via le gazoduc sous-marin Medgaz, qui relie directement les deux pays, ainsi que la possibilité d’accroître les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL). L’Algérie a fourni environ 34,5 % des importations de gaz de l’Espagne en 2025, avant que sa part n’atteigne environ 29 % au cours des deux premiers mois de 2026.

La participation de dirigeants de grandes entreprises espagnoles souligne le rôle central de l’énergie dans ce nouveau rapprochement, notamment au vu des contrats à long terme liant Naturgy à la compagnie énergétique publique algérienne Sonatrach, et de l’implication de cette dernière dans le gazoduc Medgaz.

Les discussions ont également porté sur les opportunités de projets communs dans les secteurs de l’eau, du ferroviaire, de l’ingénierie, de l’agroalimentaire, de la défense et des énergies propres, ainsi que sur la résolution des questions financières et commerciales en suspens auxquelles sont confrontées les entreprises espagnoles.

Reprise des relations commerciales

Les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne ont atteint environ 8,5 milliards d’euros en 2025, les exportations espagnoles vers le marché algérien ayant triplé par rapport à l’année précédente. Plus de 100 entreprises espagnoles sont implantées en Algérie.

Les autorités algériennes ont progressivement levé les restrictions commerciales imposées à l’Espagne durant la crise diplomatique, permettant ainsi la reprise des exportations et des investissements, et le rétablissement des liens politiques et économiques entre les deux pays.

Madrid considère l’Algérie comme un partenaire stratégique en Méditerranée méridionale, compte tenu de sa proximité géographique et de son rôle dans l’approvisionnement énergétique, la coopération en matière de migration, la lutte contre le terrorisme et la stabilité au Sahel.

Les relations algéro-espagnoles ont connu un regain d’activité progressif ces deux dernières années, avant de s’accélérer avec la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères en Algérie en mars 2016. Lors de cette visite, les deux parties ont discuté de l’augmentation des approvisionnements en gaz et du renforcement de leur coopération politique et économique.

La visite actuelle de M. Sánchez marque une étape cruciale pour sortir de la crise, les deux pays se concentrant sur leurs intérêts économiques, la sécurité énergétique, les migrations et les défis communs en Méditerranée et au Sahel.

Source : Médias