Par Amer Ali
L’attentat terroriste qui a visé un café fréquenté par des avocats près du « Palais de Justice » dans la capitale syrienne, Damas, et qui a fait 10 morts et environ 20 blessés, a ravivé les craintes d’un regain d’activité des organisations extrémistes et d’une reprise de l’élan du terrorisme.
Cela intervient à la lumière des avertissements continus lancés par les Nations Unies concernant l’exploitation par l’organisation Daech de l’état de fragilité sécuritaire en Syrie, et le transfert de ses centres d’opérations vers les villes, y compris Damas, à travers des groupes extrémistes utilisés comme vitrines, parmi lesquels le groupe Ansar al-Sunna, qui avait revendiqué l’attaque terroriste ayant visé l’église Mar Elias dans le quartier de Douwelaa l’année dernière.
Pour ce nouvel attentat, qui a visé un café de la rue al-Nasr dans la zone de Hedjaz, un engin explosif artisanal a été utilisé. Le ministère syrien de l’Intérieur a déclaré qu’il pesait environ un kilogramme et qu’il était truffé de fragments métalliques, ce qui a causé de graves blessures et d’importants dégâts matériels sur le lieu de l’explosion.
Alors que des sources sécuritaires ont rapporté que l’engin avait été placé au sol à l’intérieur du café et orienté vers les clients, ce qui a provoqué ce grand nombre de victimes et de blessés, aucune partie n’a revendiqué l’attaque jusqu’à présent, ce qui multiplie les interrogations sur ses motivations et la partie qui se cache derrière elle.
En parallèle, l’organisation Daech a intensifié son offensive médiatique contre la nouvelle Assemblée du peuple syrien, dont la composition complète a été annoncée et qui s’apprête à tenir sa première session lundi prochain.
Sous le titre « L’Assemblée du Polythéisme », Daech a attaqué, dans l’éditorial de son magazine Al-Naba, l’idée même d’une assemblée législative, considérant que la législation est un « droit divin » qui ne peut être confié à des êtres humains, et que la création d’une assemblée qui édicte des lois ou participe à la législation constitue une « sortie de l’Islam ». L’éditorial a également accusé les nouvelles autorités de remplacer la charia par des « lois humaines » et a qualifié les membres de l’Assemblée de représentants d’un régime « apostat ».
Cette escalade verbale de Daech survient à un moment où le dossier des combattants étrangers, spécifiquement les Français et les Ouzbékis, connaît une nouvelle complication, avec le refus des deux factions qui les regroupent de se plier aux décisions des autorités de transition concernant leur dissolution et leur intégration au sein de la structure du ministère de la Défense naissant.
Ce refus se renforce à la lumière des craintes des combattants de voir les nouvelles autorités conclure un « accord » à leur sujet avec le président français, Emmanuel Macron, dont la visite à Damas est attendue dans les prochains jours.
Par ailleurs, trois membres des forces de sécurité ont été blessés à la suite de l’explosion d’une grenade lancée par deux individus sur un barrage à l’entrée de la ville de Jaramana, dans la campagne de Damas, avant que l’un d’eux ne soit tué et l’autre arrêté.
L’Agence de presse syrienne (SANA) a cité une source sécuritaire affirmant que l’un des barrages de sécurité aux entrées de Jaramana avait arrêté deux individus circulant sur une moto pour vérifier leur identité. Lors des procédures de fouille, l’un d’eux a soudainement sorti un pistolet et tiré plusieurs coups de feu en l’air, puis a lancé deux grenades à main en direction des éléments du barrage, blessant trois d’entre eux.
La source a précisé que l’assaillant avait tenté de lancer une troisième grenade à main, mais qu’elle avait explosé sur lui, entraînant sa mort immédiate, indiquant qu’après le transfert du corps du défunt à l’hôpital et son identification, il s’est avéré qu’il était recherché pour des crimes de meurtre et de trafic de stupéfiants, selon ce qu’a rapporté SANA.
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
