Depuis le début de la guerre israélienne au Liban en 2023 et son escalade entre 2024 et 2026, les attaques ne se sont pas limitées aux populations et aux infrastructures. Elles ont également ciblé de manière directe et systématique le patrimoine culturel matériel et immatériel.
Selon un rapport du ministère libanais de la Culture, environ 55 villages et localités historiques du Sud-Liban ont été rasés ou détruits, y compris leurs maisons traditionnelles, leurs sanctuaires, leurs monuments religieux et leurs lieux de culte (églises et mosquées), leurs établissements scolaires, administratifs et médicaux, ainsi que les centres d’archives et d’état civil, les marchés, les champs et les vergers historiques, dans une tentative manifeste d’effacer la terre et sa mémoire.
Voici une liste des principaux sites historiques détruits ou endommagés par l’agression israélienne :
Sites bénéficiant d’une protection renforcée en vertu de la Convention de La Haye et de son deuxième Protocole :
– Château de Chamaa (inscrit sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO)
– Site de la ville de Tyr et site archéologique d’Al-Bass (inscrits sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO)
– Château de Beaufort (Arnoun) (inscrit sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO)
– Château de Tebnine (inscrit sur la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO)
– Sites d’Umm al-Amad, Château de Shaqra (Doubieh).
Autres sites archéologiques :
– La caserne de Gouraud et le mur romain à Baalbek
– Le dôme historique de Dores près de la ville de Baalbek.
Églises et sites chrétiens :
– Trois églises, une maronite, une autre orthodoxe et la 3eme catholique, ainsi qu’un monastère maronite, constituent des sites historiques remarquables à proximité de l’hôtel Palmyra, d’Al-Manshiyya et de l’entrée de la citadelle de Baalbek, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
– Église catholique melkite Saint-Georges (Dardaghia)
– Église Saint-Jean-Baptiste (Sarda)
– Église Sainte-Mama (Deir Mimas)
– Église Saint-Élie le Vivant (Alma al-Shaab)
– Église Notre-Dame de l’Assomption (Nabatiyeh)
– Église Saint-Georges (Qlaiaa)
– Église catholique melkite (Khiam).
Mosquées historiques et archéologiques :
– Mosquée du Prophète Chouaib (Blida)
– Mosquée Kfar Tibnite (Nabatiyeh)
– Mosquée Tayr Debba (Tyr/Sour)
– Mosquée du Patrimoine (Centre Aainatha)
– Mosquée du Patrimoine (Nabatiyeh al-Tahta)
– Grande Mosquée (Bint Jbeil)
– Mosquée du Quartier Archéologique Al-Bayad (Nabatiyeh)
– Mosquée et Sanctuaire du Prophète Mouhaybib (Mays al-Jabal)
– Mosquée du Prophète Munzer (Markaba).
Marchés historiques :
– Nabatiyeh : Le vieux marché connu sous le nom de « Marché aux épices » et de « Marché ottoman ».
– Marché du patrimoine de Bint Jbeil.
Bâtiments patrimoniaux :
– Nabatiyeh : Environ 120 bâtiments patrimoniaux répartis dans les différents quartiers de la ville (Al-Bayyad, Al-Saraya, Al-Rahibat, Al-Midan, Al-Maslakh, etc.), auxquels s’ajoutent des vestiges de l’ancien sérail de Nabatiyeh et la maison Shahin (datant d’environ 150 ans).
– Les anciennes maisons en pierre de Harouf (plus de 100 ans).
– Immeuble Al-Manshiyya (Baalbek).
– Hôtel Palmyra (Baalbek).
Villages historiques :
District de Bint Jbeil: Aainatha – Aaitaroun – Aita al-Shaab – Beit Leef – Hanin – Maroun al-Raas – Qawzah – Rshaf – Ramieh – Al-Tayri – Yaroun – Rmeish.
District de Marjeyoun : Khiam – Al-Adisa – Mays al-Jabal – Houla – Kfarkela – Markaba – Rab Thalathin – Deir Mimas – Al-Qantara – Al-Qusayr – Bani Hayyan – Al-Taybeh – Tallousa – Sarda – Deir Siryan.
District de Tyr : Al-Naqoura – Ras al-Bayada – Alma al-Shaab – Al-Bustan – Shamaa – Shihine – Marwahin – Al-Jebin – Al-Zaloutieh – Yanouh – Al-Bazouriya – Marwahin.
District de Hasbaya : Al-Majidiyeh – Al-Wazzani.
Israël cible directement et systématiquement le patrimoine culturel matériel et immatériel, dans une tentative manifeste d’effacer le territoire et sa mémoire.
Patrimoine naturel environnemental et culturel :
– De vastes oliveraies centenaires situées dans les villages et districts de Tyr, Bint Jbeil et Nabatieh ont été arrachées.
– Des oliviers, caroubiers et chênes centenaires, disséminés dans les forêts des districts de Hasbaya et Bint Jbeil, ont été volés, et des vergers de caroubiers, de figuiers et de vignes ont été détruits.
– Des incendies volontaires et le déboisement de forêts de chênes et de chênes verts ont été perpétrés afin de modifier le paysage naturel et de le défigurer.
– Des terrasses agricoles historiques ont été rasées.
Patrimoine immatériel :
– Perturbation de la mémoire collective et du tissu social : Les bombardements ont détruit des villages historiques et des sites patrimoniaux, rompant le lien entre la population, sa terre et son histoire, ce qui constitue une destruction de l’identité culturelle et de l’esprit communautaire.
– Menace sur les pratiques et les savoir-faire traditionnels : Les bombardements ont ciblé les zones d’artisanat traditionnel et les espaces sociaux, menaçant la continuité des savoir-faire, de l’artisanat et des rituels sociaux associés à ces zones.
– Disparition des « espaces de mémoire » : Les marchés historiques de Nabatiyeh, Tyr et Baalbek, ainsi que les cimetières, les églises et les mosquées, ont été endommagés, entraînant la disparition des « espaces de mémoire » où se pratiquent les traditions immatérielles.
– Déplacement et interruption de la transmission du patrimoine : Le déplacement des habitants du Sud, de la vallée de la Bekaa et des banlieues sud de Beyrouth a interrompu la transmission des connaissances et des coutumes traditionnelles entre les générations.
– Ciblage direct de l’identité culturelle, entraînant la perte du lien organique entre les Libanais et leur patrimoine.
Source : Médias