mercredi, 13/05/2026   
   Beyrouth 19:04

Expert militaire : « La zone tampon n’est plus une zone tampon ». Les drones du Hezbollah pourraient avoir « un impact opérationnel et stratégique »

La poursuite des tirs de drones de la résistance compromet l’établissement de la zone tampon au sud du Liban, estime l’expert militaire de la chaine qatarie Al Jazeera.

Qualifiant l’entrée en action des drones à fibres optiques de « surprise tactique », le général de brigade à la retraite Elias Hanna estime qu’ils pourraient avoir « un impact opérationnel et stratégique sur l’armée israélienne, au cas où les pertes tactiques s’accumulent ».

Selon lui, la zone tampon imposée par l’armée d’occupation, baptise « ligne jaune » et qui s’étend sur une superficie de 1300 km2 « n’est plus une zone tampon au sens géographique du terme, comme auparavant ».

Constatant que le Hezbollah est capable de surveiller les mouvements de l’armée, il en conclut que ses drones constitueront « un lourd fardeau s’ils sont utilisés de façon prolongée ».

Mardi, la Résistance islamique avait revendiqué des tirs de drones sur la position israélienne établie sur la colline al-Abbad, à proximité du village de Houla dans le secteur oriental de la frontière. Elle a rendu compte dans ses communiqués de 5 opérations au cours desquelles ont été frappés un véhicule de transport, deux véhicules de communication, un char Merkava et un équipement de brouillage de drones de type Drone Dom.

Ce mercredi, la chaine 15 israélienne a fait état de « la plus importante attaque aux drones contre Israël » indiquant qu’elle a visé « une position au nord d’Israël », sans préciser laquelle. La description fournie indique qu’il s’agirait de la position al-Abbad qui a été occupée par l’entité sioniste apres le retrait israélien en l’an 2000.

Le chaine évoque plusieurs étapes de cette attaque : la première consistait en plusieurs drones contre les forces israéliennes au sud du Liban, faisant deux blessés. Elle a été suivie par deux drones qui ont visé une position à la frontière avec le Liban causant un incendie, rapportant que les tentatives d’interception des drones ont échoué.

Après moins d’une heure, un autre vague de drones a visé la même position. Ils ont survolé la région pendant plusieurs minutes à la recherche de la cible idéale avant de frapper.

Un soldat a rapporté à la chaine de télévision avoir vu deux drones frapper leurs cibles puis un 3eme qui survolait entre plusieurs bâtiments à la recherche de cibles humaines ».

« Tu peux voir tout avec tes yeux…le drone et l’obus énorme », a-t-il souligné.

Assurant que les informations fournies ont reçu l’autorisation de publication de la censure militaire, la chaîne israélienne admet qu’il s’agissait de la première attaque coordonnée de cette ampleur contre une même cible. Force est de constater que les communiqués militaires ennemis qui rendent compte des attaques de la résistance évitent de signaler les sites frappés.

La chaine 15 rapporte en outre que les services de sécurité israéliens s’inquiètent de plus en plus de la tactique des « essaims de drones », qui rend difficile pour les systèmes de défense aérienne de gérer un grand nombre d’aéronefs simultanément.

Le défi le plus sérieux réside dans le fait que la destruction d’un certain nombre de drones n’empêche pas d’autres aéronefs d’atteindre leurs cibles, étant donné la capacité de certains d’entre eux à manœuvrer, à poursuivre et à rechercher des points de frappe précis, lui a confié une source sécuritaire israélienne bien informée.

Mardi, la résistance libanaise avait revendiqué 24 opérations, dont la majeure partie ont été réalisées avec des drones piégés.

Embuscade

Ce mercredi, jusqu’à l’écriture de l’article, elle en a réalisé une dizaine. Dans celle effectuée vers 14h00, elle a dit avoir tendu une embuscade à une force ennemie qui tentait d’avancer de la localité de Rachaf vers celle de Hadatha. Après l’explosion d’un engin piégé au passage d’un véhicule de type Nimer , des accrochages ont suivi avec des armes légères, moyennes et des obus.

« Pendant les accrochages, l’aviation ennemie est intervenue ainsi que les drones pour assurer l’évacuation du véhicule détruit et couvrir l’infiltration d’un autre véhicule piégé conduit à distance par télécommande en direction de la localité de Hadatha . Lorsqu’il est arrivé,… les combattants ont tiré sur lui des obus qui l’ont dérouté de son chemin et l’ont endommagé , ce qui a poussé l’ennemi à le faire exploser avant qu’il n’arrive sur la place de la localité », précise le communiqué de la résistance.

Source : Divers