jeudi, 14/05/2026   
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Financial Times : L’Arabie saoudite évoque un pacte de non-agression entre les États du Moyen-Orient et l’Iran

Des diplomates ont confié au Financial Times que « l’Arabie saoudite a discuté avec ses alliés de l’idée d’un pacte de non-agression entre les États du Moyen-Orient et l’Iran, dans le cadre des négociations sur la gestion des tensions régionales après une éventuelle guerre israélo-américaine contre l’Iran ».

Deux diplomates occidentaux ont expliqué que « Riyad considère les accords d’Helsinki, signés dans les années 1970 et qui ont contribué à apaiser les tensions en Europe pendant la Guerre froide, comme un modèle possible ».

Les diplomates ont ajouté « qu’un pacte de non-agression figure parmi les différentes pistes envisagées, soulignant que les États du Golfe ont exprimé leur inquiétude, depuis le début du conflit, face à la possibilité d’un régime iranien affaibli et plus intransigeant, notamment en raison de la réduction de la présence militaire américaine dans la région ».

Selon d’autres diplomates, les récents mois de guerre ont « renforcé le sentiment d’urgence parmi les États arabes et islamiques quant à la nécessité de repenser leurs alliances et leur architecture de sécurité régionale, tandis que les capitales européennes et les institutions de l’UE ont soutenu la proposition saoudienne et exhorté les autres États du Golfe à l’approuver ».

Les partisans de cette idée y voient un moyen d’éviter de futurs conflits et d’offrir à Téhéran des garanties contre toute attaque.

Un diplomate arabe a déclaré au journal « qu’un pacte de non-agression, similaire aux accords d’Helsinki, serait bien accueilli par la plupart des pays arabes et islamiques, ainsi que par l’Iran ».

Des diplomates ont évoqué « les divergences entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis concernant leurs visions régionales », expliquant « qu’Abou Dhabi avait adopté la position la plus intransigeante envers l’Iran pendant la guerre et reprochant aux institutions arabes de ne pas avoir pris une position plus ferme face aux attaques iraniennes ». Ils ont également noté « l’intention d’Abou Dhabi de renforcer ses relations avec Israël après la guerre, ce qui a semé le doute quant à la volonté des Émirats arabes unis de se joindre à un tel accord ».

En revanche, l’Arabie saoudite et d’autres États du Golfe ont apporté leur soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan pour parvenir à un accord entre les États-Unis et l’Iran et mettre fin à la guerre.

Des diplomates ont également confié au Financial Times faire état d’un « rapprochement croissant entre l’Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Égypte, malgré l’absence d’alliance formelle », laissant présager « un renforcement de la coopération en matière de défense, de politique et d’économie entre ces pays après la guerre ».

Les accords d’Helsinki, signés en 1975 par les États-Unis, les pays européens, l’Union soviétique et ses alliés, visaient à résoudre les problèmes de sécurité et à promouvoir la coopération économique entre puissances rivales. Ils ont été présentés comme un modèle potentiel pour le Moyen-Orient.

Source : Divers