Le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a accusé Washington de violer la souveraineté du Venezuela et d’avoir procédé à « l’enlèvement odieux » du président Nicolas Maduro et de son épouse.
Dans une série de messages publiés sur la plateforme américaine X, Mélenchon a affirmé que « les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté », assurant que le narcotrafic sert désormais de « prétexte » pour justifier une opération militaire qu’il qualifie « d’un autre âge ».
Selon lui, « avec l’Ukraine, Gaza et la République démocratique du Congo, l’invasion est redevenue un mode opératoire », ajoutant que « la paix du monde entier est en cause ».
Par ailleurs, il a interpellé le chef de l’État français, appelant Paris à condamner officiellement l’attaque contre Caracas. « Quelqu’un réveille le président Macron ? Il est temps que la République française condamne l’attaque contre le Venezuela. Il n’y a pas de bonne invasion, seulement des mauvaises », a-t-il écrit, plaidant pour que « la parole de la France reste non alignée et constante sur les principes du droit international ».
Macron s’est en outre attiré les foudres du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, en refusant de condamner l’opération américaine qui a permis le renversement de Nicolas Maduro au Venezuela.
Le président français fait partie des rares dirigeants à avoir salué l’enlèvement de Maduro sans formuler de réserve à l’égard de l’offensive militaire américaine, réalisée hors du cadre du droit international. « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a tweeté le locataire de l’Élysée dans la soirée du samedi 3 janvier. Et d’ajouter: « La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition. Je m’entretiens en ce moment avec nos partenaires de la région. »
En réaction Melenchon a écrit sur X : « La prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international. Jour sombre pour notre pays ».
La prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international. Jour sombre pour notre pays.
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 3, 2026
Les Insoumis ont fustigé en chœur cette déclaration française. « La prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international. Jour sombre pour notre pays », a tonné le chef de file du mouvement, Jean-Luc Mélenchon.
La députée LFI Ersilia Soudais s’est indignée : « Vous êtes le paillasson de Trump ! Il piétine le droit international et vous applaudissez ? Honte à vous, qui salissez l’honneur de notre pays ! » De même, sa collègue Danièle Obono a lâché sur X : « LARBIN IMPÉRIALISTE »
Dans un communiqué distinct publié par le mouvement LFI, le parti exprime son « plein soutien au peuple vénézuélien et à ses autorités », jugeant l’intervention militaire américaine « illégale et illégitime ».
Le texte appelle le gouvernement français à « condamner sans ambiguïté cette guerre », à exiger « un cessez-le-feu immédiat » et à défendre la souveraineté du Venezuela, notamment par la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d’attaques aériennes contre le Venezuela et Donald Trump a annoncé que ses forces avaient « capturé et exfiltré » son dirigeant. Lors d’une conférence de presse, le locataire de la Maison-Blanche a ajouté que Nicolas Maduro et sa femme allaient « être traduits devant la justice américaine, pour narcoterrorisme ».
Nicolas Maduro est arrivé samedi 3 janvier sur le sol américain, selon les médias américains. Des images le montrent sortant d’un avion sous escorte à l’aéroport Stewart International, au nord de New York.




