La coalition menée par l’Arabie saoudite a bombardé mercredi la province du chef des séparatistes du sud du Yémen, soutenu par les Emirats arabes unis, en fuite après avoir été chassé de la présidence du pays et accusé de « haute trahison » pour tentative de sécession.
Plus de 15 frappes ont visé la province de Dhale, selon un responsable local, le jour même où le chef des séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC), Aidarous al-Zoubaidi, devait se rendre à Ryad pour des pourparlers entre les différentes factions à la tête du pays.
Ces frappes ont tué quatre civils, selon deux sources hospitalières.
La coalition menée par Ryad a annoncé avoir mené des « frappes préventives limitées » contre les séparatistes pour les empêcher selon elle d' »étendre le conflit ».
Elle a ajouté que M. al-Zoubaidi avait « fui vers un lieu inconnu » et n’était pas monté dans l’avion qui devait le conduire la veille en Arabie saoudite.
Aidarous al-Zoubaidi dirige le STC, une faction membre de la coalition gouvernementale yéménite qui aspire à recréer un Etat dans le sud du Yémen.
Début décembre, ses forces se sont emparées de vastes territoires. Mais les autres factions proches de Ryad, appuyées par des frappes saoudiennes, ont riposté, reprenant début janvier le terrain perdu.
L’Arabie saoudite avait invité dans la foulée les deux camps à un « dialogue » dans la capitale saoudienne mercredi pour mettre fin à ces affrontements. Le STC avait confirmé sa participation à ces discussions.
Mais vers minuit (21H00 GMT mardi), la coalition a « reçu des informations selon lesquelles Aidarous al-Zoubaidi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions » vers la province de Dhale, son fief dans le sud-ouest du Yémen, selon le communiqué.
En fuite
La délégation séparatiste a décollé vers Ryad, mais sans M. al-Zoubaidi « qui a fui vers un lieu inconnu, laissant les membres et dirigeants du STC sans la moindre information sur ce qu’il était devenu après avoir distribué des armes et des munitions (…), dans le but de provoquer des troubles à Aden dans les heures à venir », a ajouté la coalition, mentionnant la capitale provisoire du gouvernement yéménite.
La coalition a dit avoir repéré les forces séparatistes dans la province de Dhale et, à 04H00 (01H00 GMT), avoir « mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l’objectif d’Aidarous al-Zoubaidi de provoquer une escalade du conflit et de l’étendre dans le gouvernorat de Dhale ».
Un peu plus tard, le chef du Conseil présidentiel pro-saoudien a annoncé la révocation de M. al-Zoubaidi pour « haute trahison ».
Il a également ordonné son défèrment devant le procureur général pour avoir « constitué une bande armée », commis des meurtres de militaires et de civils et violé la Constitution, entre autres.




