Une source syrienne proche du président intérimaire Ahmed al-Charaa a assuré pour le média israélien i24 que la Syrie « n’est pas opposée à l’idée qu’Israël ouvre un bureau de liaison à Damas, sans statut diplomatique ». Selon lui, « il s’agirait d’une mesure sans précédent après des décennies d’éloignement et d’hostilité entre les deux pays, pouvant indiquer un tournant vers une coordination directe, quoique limitée ».
Mardi, le nouveau gouvernement syrien et l’entité sioniste ont décidé d’établir une structure commune sous la supervision des Etats-Unis pour partager du renseignement et œuvrer à une baisse des tensions entre les deux pays, a annoncé mardi Washington.
Dans un communiqué publié à l’issue de discussions à Paris entre « Israël » et la Syrie, auxquelles a participé le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chibani, le département d’Etat a assuré, que les deux parties s’étaient engagées à « mettre en place des accords durables en matière de sécurité et de stabilité ».
« Les deux parties ont décidé de mettre en place un mécanisme conjoint de fusion – une cellule de communication dédiée – afin de faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements, de la désescalade militaire, de l’engagement diplomatique et des opportunités commerciales, sous la supervision des États-Unis », a précisé le département d’Etat.
« Ce mécanisme servira de plateforme pour traiter rapidement tout différend et œuvrer à prévenir les malentendus », ajoute le communiqué.
Depuis la chute il y a un an du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, l’entité sioniste a mené des centaines de frappes et conduit autant d’incursions dans ce pays. Elle a aussi déployé des troupes dans la zone démilitarisée sur le plateau du Golan, au-delà de la ligne de démarcation entre la partie de ce territoire syrien qu’il a annexée et le reste de la Syrie.
Pendant l’été, des contacts de haut niveau entre responsables israéliens et syriens ont été entamées, avec l’aide de Paris et Washington. La dernière réunion s’était tenue en septembre, les négociations butant sur l’insistance d’Israël à réclamer une démilitarisation de toute la partie du territoire syrien courant du sud de Damas jusqu’à la ligne de démarcation de 1974, instituée après la guerre israélo-arabe de 1973.
Le président syrien, Ahmad al-Charaa, a cherché à éviter la confrontation avec Israël, mais il a estimé en décembre que l’insistance des Israéliens à obtenir cette zone démilitarisée mettait la Syrie dans une « position dangereuse ».
Le communiqué américain n’a pas évoqué la question de cette zone.
Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a souligné dans un communiqué séparé qu’au cours de ces discussions Israël avait « réaffirmé son engagement à promouvoir la stabilité et la sécurité régionales, ainsi que la nécessité de faire progresser la coopération économique au bénéfice des deux pays ».
Reporter l’accord avec les FDS
Par ailleurs, et selon la source syrienne proche du président al-Charaa, Israël aurait demandé à Washington de reporter un accord de sécurité distinct entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, afin de se donner le temps de finaliser ses propres accords de sécurité avec le gouvernement syrien.
Israël chercherait à renforcer sa position de négociation en exploitant les tensions existantes entre Damas et les FDS, ainsi que les troubles dans la province de Soueïda, majoritairement druze.
Activités militaires gelées
Dans ce contexte, rapporte le site Axios, les États-Unis ont proposé la création d’une cellule de coordination conjointe américano-israélo-syrienne à Amman, la capitale jordanienne, afin de gérer la situation sécuritaire dans le sud de la Syrie et d’accueillir les prochaines sessions de négociations concernant la démilitarisation et le retrait des forces israéliennes.
« Toutes les activités militaires des deux parties seront gelées sur leurs sites actuels jusqu’à ce que les modalités de fonctionnement de la cellule de coordination soient finalisées », a rapporté Barak Ravid, correspondant d’Axios, citant un responsable américain. Il lui a confié que « la cellule de coordination sera le moteur du processus, tandis que les États-Unis joueront un rôle de médiateur permanent. »
Zone économique
« Chaque partie enverra des représentants à la cellule, qui concentrera ses efforts sur les aspects diplomatiques, militaires et de renseignement, ainsi que sur les aspects commerciaux.»
Dans un article ultérieur, ce responsable avait assuré à Ravid que « les États-Unis ont présenté à Israël et à la Syrie une nouvelle proposition visant à parvenir à un accord de sécurité bilatéral, prévoyant notamment la création d’une zone économique démilitarisée de part et d’autre de la frontière.»
Le responsable a ajouté : « La zone économique démilitarisée proposée est similaire à une proposition de l’administration Trump visant à créer une zone comparable dans le Donbass afin de résoudre le conflit frontalier entre l’Ukraine et la Russie.»
Il a expliqué : « Cette zone économique comprendrait des parcs éoliens, un secteur agricole et la meilleure station de ski du Moyen-Orient.»
Le responsable a ajouté que des partenaires régionaux se sont déjà engagés à financer le projet, sans toutefois préciser de quels pays il s’agissait.
Source: Divers



