Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a jugé, le mardi 6 janvier, que la récente agression américaine au Venezuela, incluant l’enlèvement du président Nicolas Maduro, rend le monde « moins sûr », « porte atteinte à un principe fondamental du droit international » et affaiblit l’architecture même de la sécurité collective.
S’adressant mardi aux journalistes à Genève, la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, a déclaré que l’attaque américaine contre le Venezuela « portait atteinte à un principe fondamental du droit international ».
« Cette intervention militaire, qui contrevient à la souveraineté vénézuélienne et à la Charte des Nations Unies, porte atteinte à l’architecture de la sécurité internationale, rendant chaque pays moins sûr », a-t-elle ajouté, faisant écho à de nombreux observateurs qui redoutent des interventions similaires dans d’autres pays.
Pour le bureau des droits de l’homme de l’ONU, l’enjeu dépasse en effet le seul cas vénézuélien. Mme Shamdasani a exhorté la communauté internationale à « s’unir et à parler d’une seule voix », rappelant que les événements du week-end constituent « une violation du droit international établi par les États membres ».
Un argument évoqué la veille lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU, qui a appelé au « plein respect » des principes consacrés dans la Charte onusienne, à savoir la souveraineté des États et la non-agression.
« Il est clair que cette agression a porté atteinte à un principe fondamental du droit international, selon lequel les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État », a affirmé la porte-parole du HCDH.
« La question ici est de savoir si les États membres respectent et défendent les lois et la Charte qu’ils ont eux-mêmes mises en place, et non pas à la carte, mais dans leur ensemble ».
La porte-parole a déclaré que l’attaque américaine contre le Venezuela « envoie le signal que les puissants peuvent agir en toute impunité ».
Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également averti mardi que l’attaque américaine contre le Venezuela « portait atteinte à un principe fondamental du droit international ».
Aux premières heures de samedi, les États-Unis ont attaqué le plus grand complexe militaire vénézuélien, situé dans la capitale, Caracas, ainsi que des sites stratégiques dans les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira.
Les forces américaines ont également kidnappé Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, et les ont transférés aux États-Unis pour y être jugés pour des accusations incluant « narcoterrorisme, complot, importation de cocaïne et trafic d’armes ».
Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU lundi, cette action a été largement condamnée et qualifiée de « crime d’agression » par les adversaires et les alliés des États-Unis.
Nicolas Maduro, qui a toujours nié les accusations, a déclaré lundi devant un tribunal de New York qu’il était prisonnier de guerre et a plaidé non coupable des charges liées au trafic de drogue.
Donald Trump a reconnu que l’un des principaux objectifs de l’intervention militaire contre le Venezuela était de placer le secteur pétrolier du pays sous contrôle américain.
Il a également menacé la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez, affirmant qu’elle « paierait un prix très élevé » si elle ne se pliait pas aux intérêts américains. Madame Rodríguez, qui a prêté serment en tant que présidente par intérim du Venezuela, a déclaré : « Nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles » et a insisté sur le fait que Maduro demeure le chef légitime du gouvernement vénézuélien.



