L’Association de la presse étrangère (APE) a vivement condamné les autorités israéliennes pour le maintien de l’interdiction d’accès des médias étrangers à la bande de Gaza, dévastée par deux ans de guerre génocidaire du régime.
Le groupe, qui représente des centaines de journalistes internationaux travaillant dans les territoires palestiniens occupés, a déclaré mardi que le refus persistant d’Israël de permettre des reportages indépendants depuis Gaza est « profondément décevant ».
« Au lieu de proposer un plan permettant l’entrée indépendante des journalistes à Gaza et de nous laisser travailler aux côtés de nos courageux collègues palestiniens, [Israël] a une nouvelle fois de plus décidé de nous en interdire l’accès », a déploré l’association, en précisant que l’interdiction reste en place même après la trêve.
Dans une requête officielle déposée dimanche soir devant la Cour suprême d’Israël, les autorités du régime ont prétendu que permettre aux médias internationaux d’entrer à Gaza sans escorte militaire poserait des risques pour la sécurité.
Les responsables israéliens ont également allégué qu’ouvrir Gaza à la presse internationale à ce stade pourrait entraver les efforts déployés pour localiser la dépouille du dernier captif détenu à Gaza.
L’affaire fait suite à une pétition déposée en 2024 par l’APE, demandant un accès immédiat et sans restriction au territoire, arguant que l’interdiction totale imposée par Israël constitue une grave violation de la liberté de la presse.
La Cour suprême a accordé à plusieurs reprises aux autorités israéliennes des délais supplémentaires pour soumettre un plan visant à traiter la question. Lors d’une audience le mois dernier, la Cour a fixé au 4 janvier la date limite finale pour la réponse d’Israël.
Les restrictions persistantes interviennent dans un contexte de critiques croissantes de la part des organisations internationales de défense de la liberté de la presse, qui affirment que le black-out médiatique a contribué à dissimuler l’ampleur de la destruction à Gaza depuis le début de la guerre génocidaire israélienne en octobre 2023.
L’entrée sur le territoire étant interdite aux journalistes étrangers, la couverture de la guerre dépendait donc presque entièrement des reporters palestiniens qui travaillaient sous des bombardements constants.
Les organisations de défense de la liberté de la presse soulignent que ces journalistes ont été pris pour cible en toute impunité quasi totale.
Début décembre, le bureau des médias du gouvernement de Gaza a rapporté que 257 journalistes palestiniens avaient été tués par les forces israéliennes depuis octobre 2023.
Le bureau des médias de Gaza a donné un bilan encore plus élevé, faisant état de 275 journalistes tués.
Un rapport publié le mois dernier par le Comité des libertés du Syndicat des journalistes palestiniens a également révélé que les attaques israéliennes avaient tué au moins 706 membres de la famille de journalistes palestiniens depuis le début de la guerre.
Le rapport a constaté que les frappes israéliennes ont régulièrement ciblé les maisons des journalistes, des abris pour les familles déplacées et des zones largement connues pour abriter des professionnels des médias et leurs proches.
Dans plusieurs cas, des familles entières ont été exterminées, contraignant les journalistes survivants à documenter la destruction de leurs foyers.
Les organisations de défense des droits humains avertissent que l’interdiction israélienne, conjuguée au bilan sans précédent des pertes parmi les journalistes palestiniens, a créé l’un des environnements journalistiques les plus dangereux de l’histoire moderne.
Cela intervient alors que les forces israéliennes continuent de violer l’accord de cessez-le-feu, qui est entré en vigueur le 10 octobre, avec des violations signalées presque quotidiennement.
Au moins 420 personnes ont été tuées à Gaza depuis la mise en œuvre de la trêve il y a trois mois. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 71 388 personnes ont été tuées et 171 269 blessées depuis le début de la guerre génocidaire israélienne contre le territoire assiégé.
Source: Avec PressTV



