Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Karim Souaid (Souhaid) , a annoncé l’ouverture d’une série de poursuites judiciaires contre des personnes physiques et morales reconnues coupables de détournement de fonds, ayant entraîné l’épuisement des actifs de la banque.
Lors d’une conférence de presse jeudi, il a affirmé que ces mesures visent à recouvrer les fonds détournés afin d’injecter des liquidités et de permettre ainsi le remboursement des déposants.
Il a souligné qu’il s’agissait d’une obligation légale et transparente pour la banque, précisant qu’une plainte avait été déposée auprès de la justice contre un ancien responsable et une autre personne ayant détourné des fonds par le biais de quatre sociétés écrans dans le but de s’enrichir illicitement. Il a ajouté que les faits démontrent qu’ils étaient conscients des conséquences de leurs actes.
Souaid a également annoncé le dépôt d’une plainte contre la société « Fawry », qui prélevait des commissions sur chaque opération de change interbancaire, causant un préjudice direct à la Banque centrale.
Cette société est contrôlée par Raja Salamé, frère de l’ancien gouverneur Riad. Les deux hommes contestent toute implication.
Il a indiqué que des poursuites judiciaires supplémentaires sont en préparation contre d’autres entités, notamment une société (dont le nom n’a pas encore été divulgué) qui a utilisé un compte ouvert sous le nom de « Consultations » pour y transférer des sommes considérables.
Souaid a révélé que la Banque centrale du Liban élabore un rapport exhaustif afin de déterminer le montant des fonds déposés ou déboursés par les différents gouvernements jusqu’en 2023, en vue d’en exiger le recouvrement par voie légale. Il a souligné la coopération de la banque avec les enquêteurs et les agences internationales pour retracer et recouvrer les fonds transférés clandestinement à l’étranger par des fonctionnaires, des particuliers et des entreprises ayant participé au détournement de fonds publics. Il a annoncé qu’il se rendrait prochainement en France afin d’échanger des informations sensibles avec les enquêteurs.
Il a insisté sur le fait que la banque n’hésitera pas à défendre ses droits dans l’intérêt des déposants et que la responsabilité juridique sera engagée pour tous les acteurs impliqués.
Source: Médias



