La flottille mondiale Soumud vise à briser le blocus illégal d’Israël sur Gaza, à fournir une aide humanitaire d’urgence et à dénoncer la guerre génocidaire ayant couté la vie à 63.000 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants.
Des militants pro-palestiniens s’apprêtent à appareiller d’Espagne dimanche avec l’objectif de franchir le blocus naval de Gaza à bord de dizaines de bateaux transportant de l’aide, la plus importante flottille du mouvement à ce jour, et ont appelé les gouvernements à faire pression sur ‘Israël’ afin d’assurer un succès à leur mission.
« Israël organise délibérément la famine » qui sévit actuellement à Gaza, où 500 000 personnes sont en situation de détresse selon l’ONU, en limitant l’entrée des aides humanitaires aux frontières maritimes et terrestres.
L’activiste suédoise Greta Thunberg, la politicienne portugaise Mariana Mortagua et l’actrice américaine Susan Sarandon font notamment partie des centaines de personnes originaires de 44 pays qui prendront la mer ce weekend pour Gaza dans le cadre de la Global Soumud Flotilla. Soumud signifie « persévérance » en arabe.
En juillet 2025, une nouvelle initiative maritime internationale a été lancée : la flottille mondiale du Soumud. Il a été formé par quatre grandes coalitions : la Campagne mondiale pour le retour en Palestine, la Coalition de la Flottille de la liberté, le Convoi du Soumoud du Maghreb et l’Initiative Nusantara Soumoud en Asie du Sud-Est. Le départ de la flottille mondiale de Soumoud est prévu pour le 31 août 2025. Son objectif est clair : briser le blocus illégal d’Israël sur Gaza, fournir une aide humanitaire d’urgence et dénoncer la guerre génocidaire menée contre les Palestiniens.
La flottille est composée de dizaines de petits navires civils transportant des militants, des parlementaires, des médecins et des syndicalistes, ainsi que des cargaisons humanitaires. Plus de 39 délégations nationales se sont engagées à y participer, ce qui en fait le plus grand effort maritime mené par la population en solidarité avec Gaza depuis le « Mavi Marmara » de 2010.
Derrière chaque passager de la flottille se cache une histoire de conviction. Les syndicalistes grecs ont apporté des banderoles promettant la solidarité des travailleurs avec la Palestine. Des médecins d’Espagne et d’Italie transportaient des médicaments essentiels interdits d’entrée à Gaza. Des parlementaires d’Afrique du Sud et de Norvège ont insisté sur le fait que la levée du siège est un devoir moral et politique.
Ce n’est pas la première flottille de ce type cette année. Le « Handala » et le « Madleen », deux des navires amiraux de la Flottille de la Liberté, ont également pris la mer pour tenter de briser le blocus de Gaza. Cependant, ils ont été attaqués par des drones et pris d’assaut par les forces israéliennes. Les passagers ont été battus, kidnappés et déportés. Des téléphones ont été confisqués, des militants ont été interrogés et beaucoup ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention. L’attaque n’a pas seulement visé la Flottille de la liberté ; C’était une attaque contre le principe de la solidarité mondiale lui-même.
La flottille mondiale du Soumoud insiste sur le fait que sa mission est tout à fait légale en vertu du droit maritime international. Les navires civils transportant de l’aide humanitaire dans les eaux internationales sont protégés par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. L’interception par Israël du « Handala » et du « Madleen » ne constitue rien de moins que de la piraterie et un crime de guerre.
Les organisateurs de la flottille rappellent au monde qu’Israël a maintenu un blocus terrestre, aérien et maritime sur Gaza depuis 2007. Alors qu’ils se préparaient pour les missions à venir, les porte-parole de la flottille ont déclaré :
« Nos bateaux transportent plus que de l’aide. Ils portent un message : le siège doit cesser. Le plus grand danger ne réside pas dans la confrontation avec Israël en mer, mais dans le fait de permettre au génocide de se poursuivre en toute impunité.
Criminaliser la solidarité, violer le droit international
Ces derniers mois, Israël a intensifié sa campagne visant à réduire au silence la solidarité internationale avec la Palestine en ciblant les flottilles civiles qui tentent de briser le blocus de Gaza. Ces navires, transportant des militants, de l’aide et un message de défi contre le siège, sont devenus des symboles de la résistance mondiale. Au lieu de s’engager par la diplomatie ou de respecter les principes humanitaires, Israël a eu recours à la force en haute mer, traitant les missions civiles pacifiques comme des menaces militaires.
Les attaques contre le « Handala » et le « Madleen » sont plus que des actes de piraterie, elles constituent de graves violations du droit international. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) garantit la liberté de navigation dans les eaux internationales. En saisissant des navires en dehors de sa juridiction territoriale, Israël a agi comme un État voyou.
Les experts juridiques internationaux ont toujours affirmé que le blocus de Gaza depuis 2007 constitue une punition collective, en violation de la quatrième Convention de Genève. La Cour pénale internationale a reçu de nombreuses soumissions documentant le siège de famine d’Israël, maintenant exacerbé par un génocide ouvert. Pourtant, les gouvernements qui invoquent bruyamment « l’ordre fondé sur des règles » restent silencieux lorsque les Palestiniens et leurs partisans en sont les victimes.
Au lieu de protéger les citoyens, les gouvernements occidentaux ont facilité la répression d’Israël. Les passagers à bord des flottilles ont été dépouillés de leurs téléphones, interrogés et certains se sont vu refuser l’entrée dans l’espace Schengen. Le silence des États occidentaux relève de la complicité.
Certains détenus ont entamé des grèves de la faim dans les prisons israéliennes pour protester contre leur enlèvement. D’autres sont rentrés chez eux pour mener des campagnes de diffamation. Les médias occidentaux de droite ont accusé les militants de « provocation » ou de « mise en danger de la sécurité ». L’activiste suédoise Greta Thunberg, qui a rejoint la flottille « Madleen », a été attaquée par les médias grand public, sur les réseaux sociaux et par des personnalités politiques influentes. De telles tactiques visent à délégitimer la solidarité et à semer la peur parmi ceux qui osent agir.
Mais ces campagnes n’ont pas réussi à éteindre la clarté morale du mouvement. Qu’il s’agisse de dockers à Barcelone refusant de charger des armes à destination d’Israël, ou d’étudiants occupant des universités aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la flottille est devenue un symbole : la solidarité ne peut pas être bloquée.
Le visage humain de la résistance mondiale
La Flottille Mondiale du Soumoud représente une convergence de luttes à travers les continents :
-La Campagne mondiale pour le retour en Palestine a mobilisé des milliers de militants dans le monde entier.
-La Coalition de la Flottille de la Liberté, dont les racines remontent à 2010, apporte une longue expérience de l’organisation de la résistance maritime.
-Le convoi du Soumoud du Maghreb, lancé en juin 2025, a rassemblé plus de 1 000 participants venus de toute l’Afrique du Nord sous la bannière de « l’action coordonnée pour la Palestine ».
-L’Initiative Nusantara Sumud, lancée depuis la Malaisie et huit autres pays d’Asie du Sud-Est, incarne la solidarité Sud-Sud inspirée par la détermination palestinienne.
Ensemble, ces quatre réseaux ont transformé la flottille d’une poignée de navires en un couloir humanitaire alimenté par la population. La première mission officielle est prévue pour le 31 août 2025 depuis l’Espagne, suivie d’un second lancement depuis la Tunisie le 4 septembre, avec plus de 50 navires attendus.
Source: Avec peoplesdispatch.org