Le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a rencontré vendredi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, et sa délégation, en visite au Liban depuis jeudi. Ils ont discuté des répercussions et de l’impact des événements dans la région et dans le monde.
Cheikh Qassem a dénoncé « l’agression américano-israélienne persistante et le non-respect de l’accord de cessez-le-feu par l’ennemi », rappelant les intentions expansionnistes concernant entre autres le Liban, affichées par Netanyahu concernant le « Grand Israël ».
Par ailleurs, Cheikh Qassem a affirmé que « le Hezbollah restera déterminé à coopérer avec l’État et l’armée pour chasser l’occupant, mettre fin à l’agression et libérer les prisonniers » détenus par l’ennemi israélien depuis la guerre des 66 jours en 2024.
De son côté, le ministre iranien a souligné la volonté de l’Iran de renforcer ses relations avec le Liban, indiquant que « la présence de la délégation économique vise à accroître la coopération » entre les deux pays.
Rencontre avec le président Aoun

Araghchi a également rencontré ce matin au palais de Baabda le président libanais Joseph Aoun, qui a exprimé la volonté du Liban de « renforcer les relations économiques et commerciales entre les deux pays, d’une manière qui serve les intérêts des peuples libanais et iranien ».
Le président Aoun a réaffirmé la volonté du Liban de renforcer les relations économiques et commerciales bilatérales, dans l’intérêt des peuples libanais et iranien. Il a proposé une coordination entre les ministères concernés, notamment ceux des Affaires étrangères et de l’Économie et du Commerce, par le biais de comités mixtes.
Le président Aoun a réitéré ce qu’il avait déjà souligné au président iranien Massoud Pezeshkian lors de leur rencontre à Doha : le Liban souhaite établir les meilleures relations possibles avec la République islamique d’Iran, dans un cadre de respect mutuel, de transparence, de franchise et de non-ingérence dans les affaires de l’autre. Cette position demeure inchangée.
Le président Aoun a également évoqué les défis importants auxquels sont confrontés le Liban et l’Iran, et a souhaité au peuple iranien ami une bonne et heureuse année, placée sous le signe de la sécurité et de la paix, en espérant des jours meilleurs.
Araghchi a par ailleurs souligné avoir tenu des réunions fructueuses et des consultations constructives avec des responsables libanais de tous bords politiques. Ces réunions ont porté sur les menaces et les attaques israéliennes contre le Liban, qui affectent l’ensemble des populations de la région.
Renforcer les relations économiques
M. Araghchi a entre autres rencontré le chef du Parlement Nabih Berri.

« La politique de la République islamique d’Iran repose sur un soutien indéfectible à l’indépendance, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Liban, ainsi qu’à sa prospérité, son développement et son progrès. Nous souhaitons établir les meilleures relations possibles avec le Liban à tous les niveaux et dans divers domaines culturels, économiques, politiques et sociaux. L’un des points les plus importants que nous avons soulignés lors de nos rencontres a été le renforcement des relations économiques et commerciales entre nos deux pays. Nos deux pays disposent d’un potentiel et de capacités considérables pour consolider ce cadre », a-t-il déclaré à l’issue de cette rencontre.
110 M$ d’échanges commerciaux en 2025
Et de poursuivre : « Je tiens à souligner que l’année dernière, malgré les troubles et la situation périlleuse auxquels nos deux pays ont été confrontés en raison de la guerre israélienne, le volume des échanges commerciaux entre eux a dépassé les 110 millions de dollars. Les chiffres et statistiques enregistrés à cet égard concernent les échanges directs entre nos deux pays. Nous nous sommes engagés avec les autorités libanaises à renforcer nos relations économiques et commerciales. »
Israël et les USA derrière les émeutes
En réponse à une question sur l’impact de l’escalade israélienne sur les relations bilatérales, outre les manifestations en cours en Iran, Araghchi a déclaré : « Je tiens à vous informer de la situation en Iran, qui est similaire à celle qui a secoué les rues du Liban ces dernières années. La hausse du cours de la devise a poussé la population à manifester. Le problème iranien est comparable à celui du Liban, et le gouvernement a entamé un dialogue et des consultations avec toutes les parties prenantes afin de le résoudre. Cependant, une différence majeure réside dans le fait que les Américains et les Israéliens ont reconnu leur implication directe dans les troubles en Iran. Ils s’efforcent de transformer ces manifestations pacifiques en violences, comme en témoignent les nombreuses déclarations de responsables américains et israéliens. Par exemple, il y a quelques jours, Pompeo a tweeté : « Je félicite tous les manifestants dans les rues d’Iran pour le Nouvel An, ainsi que les agents du Mossad qui les accompagnent. » Je rappelle à M. Pompeo que le peuple iranien célèbre le Nouvel An solaire iranien, et non le Nouvel An grégorien. Le point le plus important de cette déclaration de Pompeo est qu’il s’agit d’un aveu explicite de soutien à ces manifestations. »
Une intervention militaire peu probable
Le ministre iranien a poursuivi en excluant une intervention militaire contre son pays : « Concernant l’éventualité d’une intervention militaire contre l’Iran, nous estimons cette possibilité peu probable, car l’expérience passée a été un échec, et quelle que soit la répétition de cette stratégie, ce sera un échec. »
Interrogé sur les informations concernant la visite du ministre omanais des Affaires étrangères en Iran dans les deux prochains jours, il a déclaré : « Oui, le ministre des Affaires étrangères du Sultanat d’Oman doit se rendre en Iran demain, conformément à un programme établi. Cette visite s’inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre l’Iran et le Sultanat d’Oman. Quant à savoir s’il est porteur d’un message, nous devrons attendre son arrivée pour le savoir. »
Concernant la présence de sa famille à Beyrouth avec lui, comme cela a été rapporté sur les réseaux sociaux, il a déclaré : « Je vous assure que ma famille est à Téhéran et je la rejoindrai prochainement. »
Rencontre positive avec Rajji

S’agissant de la déclaration du ministère libanais des Affaires étrangères Youssef Rajji qui s’en prend règlement à l’Iran et lui impute toute escalade, M. Araghchi a déclaré : « J’ai pris connaissance de cette déclaration. Je tiens à préciser que ma rencontre avec le ministre Rajji a été très positive, amicale, transparente et franche à tous égards. Ce fut une réunion constructive et fructueuse. Le ministre Youssef Raji et moi-même avons décidé de maintenir le dialogue et la communication. Nous convenons que l’hostilité d’Israël envers le Liban et l’Iran est une hostilité partagée et que l’entité sioniste menace l’ensemble du Liban. Bien entendu, des divergences de points de vue existent et, dans ce contexte, nous avons décidé de poursuivre les consultations. Nous avons également convenu que toute critique formulée par l’une ou l’autre partie ne constitue pas nécessairement une ingérence dans les affaires de l’autre. »
Le rapprochement avec Israël contraire aux intérêts de la Syrie
Concernant la position de l’Iran sur la situation en Syrie et le rapprochement israélo-syrien, il a déclaré : « L’Iran soutient l’indépendance, l’unité et la stabilité de la Syrie. Nous rejetons toute mesure visant à partitionner la Syrie et nous nous opposons à toute forme d’occupation du territoire syrien. Nous réclamons la fin immédiate de cette occupation. La stabilité de la Syrie est essentielle pour tous les pays de la région, et les plus hautes autorités doivent comprendre que tout rapprochement avec Israël est contraire aux intérêts de la Syrie et que toute normalisation alimentera de sinistres complots sionistes contre elle. »
Rencontre avec Salam

Dans l’après-midi, le ministre iranien des AE a rencontré le Premier ministre Nawaf Salam au Grand Sérail en présence de l’ambassadeur d’Iran au Liban, Mojtaba Amani. Au cours de cette rencontre, les relations bilatérales entre les deux pays ont été abordées. Le Premier ministre Salam a souligné l’engagement du Liban à établir des relations saines avec l’Iran, fondées sur le respect mutuel de la souveraineté nationale et la non-ingérence dans les affaires intérieures.
Le ministre Araghchi a déclaré que sa visite au Liban visait à renforcer et à développer les relations bilatérales, notamment dans les secteurs économique et commercial. Il a également insisté sur les dangers qui menacent la région, et en particulier le Liban, du fait de la politique agressive d’Israël, et sur l’importance de la concertation entre les différentes parties libanaises, notamment le Hezbollah, pour relever ces défis.
Pendant la rencontre, le Premier ministre Salam a affirmé que son gouvernement était déterminé à mettre en œuvre sa déclaration ministérielle, qui a reçu deux votes de confiance au Parlement, y compris de la part des députés du Hezbollah. Il a réaffirmé que la déclaration stipule clairement que la décision de faire la guerre et de faire la paix appartient exclusivement au gouvernement, qui doit veiller à ce que les armes soient exclusivement sous son contrôle.

Araghchi a également rencontré le vice-président du Conseil suprême islamique chiite du Liban, cheikh Ali Khatib, ainsi que le ministre de l’Économie, Amer Bsat, avec lequel il a discuté des moyens de renforcer les relations économiques bilatérales.
Dans la soirée de jeudi, M. Araghchi s’était rendu au mausolée de Sayyed Hassan Nasrallah, le Maitre des martyrs de la oumma, où il a déposé une gerbe de fleurs et récité la sourate al-Fatiha.
Source: Al-Manar






