Comme les pharaons d’antan, le sionisme d’aujourd’hui se croit éternel, protégé par la force et la peur. Mais aucun empire ne résiste à la justice du Temps. Celui qui se dresse sur l’injustice finit toujours par s’effondrer.
L’arrogance des empires face à la loi du Temps.
Il fut un temps où les pharaons se prenaient pour des dieux.
Ils régnaient sur les hommes, sur la terre et sur le fleuve. Leur parole faisait loi, leur pouvoir ne connaissait ni limites ni contrepoids. Ils pensaient que leurs pyramides défieraient les siècles, que leurs empires survivraient à la mort.
Mais l’histoire a tranché : les pyramides édifiées en tombeaux pour défier la mort ont survécu. Les restes des temples sont là aussi, moins imposants. Mais les pharaons ne sont plus. Ni leur peuple non plus. Restent aussi les hiéroglyphes qui célébraient leur toute-puissance comme des avertissements muets.
Chaque civilisation qui s’élève sur la peur et la domination finit par périr sous son propre poids.
C’est la loi immuable de l’histoire. Et c’est cette loi que le sionisme, dans sa démesure contemporaine, semble vouloir ignorer.
D’une promesse à une domination.
Le sionisme serait né d’une douleur légitime : celle d’un peuple persécuté, déraciné, humilié.
Mais au fil du temps, cette douleur s’est transformée en justification.
L’idéal d’un refuge s’est mué en dogme exclusif, en certitude absolue selon laquelle la sécurité d’un peuple ne peut exister qu’au prix de la négation d’un autre.
Ce qui devait être un abri est devenu une forteresse. Ce qui devait être une promesse d’espoir est devenu un système de domination.
Les murs ont remplacé les ponts ; la peur a remplacé le dialogue.
Les pharaons dressaient des pyramides pour conjurer la mort ; le sionisme érige des murs pour conjurer la peur.
Mais, comme hier, ces murs finiront par s’effondrer, car aucun édifice politique ne peut survivre à l’absence de justice.
Nul ne règne éternellement sur la souffrance des autres
Les pharaons croyaient détenir le monopole du divin ; le sionisme aussi de même qu’il s’est convaincu de détenir celui de la légitimité morale.
Comme eux, il impose, il interdit, il réprime. Il s’érige en juge et en victime à la fois, brouillant les repères moraux du monde.
Mais l’hubris, la démesure, finit toujours par précéder la chute.
Déjà, les fissures apparaissent : les voix de la jeunesse juive mondiale qui refusent l’idéologie coloniale, les sociétés civiles qui dénoncent la guerre permanente, et la conscience universelle qui s’éveille à la réalité d’un peuple palestinien nié, affamé, dépossédé.
L’histoire se répète : les empires meurent quand la peur ne suffit plus à justifier la violence. Le sable finit toujours par recouvrir les idoles.
Les pharaons ont disparu, laissant derrière eux des monuments splendides et la trace d’un orgueil démesuré.
Le sionisme, lui, laissera dans le sable de l’histoire l’empreinte d’une illusion : celle d’avoir cru que la toute-puissance pouvait remplacer la justice.
Les pierres tombent, les murs s’érodent, les récits officiels se fissurent.
Et sous la poussière, demeure la vérité : nul ne règne éternellement sur la souffrance des autres.
La Justice du Temps
Un jour, les historiens parleront du sionisme comme d’un épisode clos, analysé à la lumière de son excès.
Ils y verront le symptôme d’une époque où la mémoire d’une tragédie a été instrumentalisée pour en créer une autre.
Et ils comprendront que la seule victoire durable est celle de la conscience sur la peur.
La fin du sionisme ne sera pas celle d’un peuple, mais celle d’une idéologie. Ce sera la victoire lente et inévitable de la vérité sur la propagande, de la justice sur la force, de la mémoire universelle sur la peur.
Les pharaons ont disparu.
Leur empire aussi.
La dignité des peuples opprimés, elle, demeure.
L’histoire, encore une fois, prononcera sa sentence.
On ne bâtit pas l’éternité sur l’injustice.
Source: Al-Manar



