Après le raid de l’armée d’occupation israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, pour la première fois après quatre mois de trêve, le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Hezbollah n’est pas l’auteur des tirs de deux roquettes en direction du nord de la Palestine occupée, utilisés comme prétexte de l’attaque.
« Compte tenu des expériences précédentes, tout indique (…) que le Hezbollah n’est pas responsable » des tirs, a-t-il affirmé, en visite à Paris, assurant l’ouverture d’une enquête sur ces tirs dont l’un a été intercepté et l’autre est tombé sur le sol libanais.
L’armée libanaise a annoncé avoir découvert dans le sud du pays les rampes de lancement de roquettes. Elles étaient installées « dans la zone de Qaaqaiyat al-Jisr », à la limite nord du fleuve Litani, la zone d’où le Hezbollah est censé se retirer en vertu de l’accord de cessez-le-feu, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne.
Le Hezbollah a nié être à l’origine de ces tirs.
C’est la deuxième fois depuis le début du cessez-le-feu que des roquettes sont tirées depuis le Liban vers les colonies du nord, la précédente remontant au 22 mars.
Joseph Aoun a condamné « toute tentative détestable de ramener le Liban dans un tourbillon de violence » après les frappes israéliennes qui ont aussi visé plusieurs régions au sud du Liban. Celles-ci ont fait 5 martyrs dont 3 à Kfar Tebnit, un village du sud du Liban, selon l’agence de presse libanaise Ani.
Son homologue français, Emmanuel Macron, a dénoncé des frappes « inacceptables », « en violation du cessez-le-feu », et annoncé qu’il allait s’entretenir avec le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« Un déchaînement sioniste »
Au début de l’après-midi, la frappe israélienne a visé le quartier densément peuplé Al-Jamous-Hadath, dégageant un immense champignon de fumée noire.
Le correspondant d’al-Manar a indiqué que les avions de l’ennemi israélien a détruit un bâtiment résidentiel après trois tirs de drones sur le bâtiment.
Le député Ibrahim al-Moussawi, membre du bloc de la Fidélité à la Résistance, a déclaré à la chaîne de télévision Al-Manar que « ce déchaînement sioniste ne peut pas continuer », notant que « le gouvernement libanais doit être honnête avec le peuple et révéler ce qu’il a préparé pour mettre fin à cette violation continue de la souveraineté libanaise. »
Dans les ruines fumantes des immeubles soufflés, où les pompiers tentaient d’éteindre les flammes, les secouristes fouillaient les décombres et évacuaient des blessés, selon des images de l’AFP.
Le porte-parole arabophone de l’armée d’occupation israélienne, Avichay Adraee, avait appelé peu avant les habitants de Hadath à évacuer une zone située autour « d’installations du Hezbollah », en désignant un bâtiment en rouge sur une carte.
Un énorme embouteillage s’est formé aux portes de la banlieue sud, dont beaucoup d’habitants cherchaient à fuir.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a aussitôt menacé: « S’il n’y a pas de calme à Kiryat Shmona et dans les localités de Galilée », « il n’y aura pas de calme à Beyrouth », a-t-il dit. Le ministre a prévenu plus tard que la banlieue sud serait frappée « à chaque tentative d’attaque contre le nord d’Israël ».
Depuis le retrait incomplet des soldats israéliens du sud du Liban le 15 février, Israël continue de mener des frappes en territoire libanais.
Israël a par ailleurs rompu le 18 mars deux mois de trêve à Gaza, afin de contraindre le Hamas à libérer ses derniers captifs, en refusant de passer à la seconde phase de l’accord de cessez-le-feu comme prévu. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 896 personnes ont été tuées dans le territoire palestinien depuis cette date.