La Turquie, qui a suspendu depuis l’an passé ses relations commerciales avec Israël, a annoncé vendredi avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux avions militaires et officiels israéliens.
« Nous avons fermé nos ports aux navires israéliens (…) et nous n’autorisons pas les avions (israéliens) à entrer dans notre espace aérien », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan devant le parlement turc sans préciser depuis quand ces restrictions étaient en vigueur.
Une source diplomatique turque a précisé à l’AFP que la fermeture de l’espace aérien ne concernait pas les avions de ligne israéliens survolant la Turquie. Le journal israélien Israel Hayom a mis en garde : « Si la décision turque de fermer l’espace aérien entre en vigueur, les vols au départ d’Israël seront prolongés. Par exemple, le vol entre Tel-Aviv et la Géorgie passera de deux à cinq heures ».
Les vols directs entre les deux pays avaient déjà été suspendus.
« Aucun autre pays que le nôtre n’a totalement interrompu ses échanges commerciaux avec Israël », s’est félicité M. Fidan lors d’une session extraordinaire consacrée au génocide israélien perpétré à Gaza.
Le chef de la diplomatie turque a précisé que les navires turcs avaient également interdiction d’accoster dans les ports israéliens, et que les porte-conteneurs transportant des armes et munitions à destination d’Israël n’étaient plus autorisés à entrer dans les ports turcs.
La grande entreprise israélienne de transport maritime ZIM avait déjà indiqué lundi avoir reçu un avis des autorités portuaires turques l’informant que « les navires détenus, gérés ou exploités par une entité liée à Israël ne seront plus autorisés à accoster dans les ports turcs ».
Fidan a accusé Israël de « violer les valeurs humaines fondamentales en commettant un génocide à Gaza depuis deux ans, sous les yeux du monde entier. »
« La résistance palestinienne contre Israël changera le cours de l’histoire, servira de symbole aux opprimés et ébranlera les fondements d’un régime en ruine », a-t-il estimé, selon l’agence russe TRT.
Selon lui, la brutalité perpétrée par Israël à Gaza « s’inscrira dans l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’humanité ».
Et Fidan de conclure en assurant que son pays s’oppose au projet de déplacement des Palestiniens de Gaza. Quel que soit son auteur, il est invalide pour nous. »
Les relations entre Israël et la Turquie, qui est le premier pays à majorité musulmane qui a reconnu l’entité sioniste, se sont détériorées depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée en riposte à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et qui a tué plus de 63 mille Palestiniens.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a plusieurs fois accusé l’armée israélienne de perpétrer un génocide à Gaza, qualifié à plusieurs reprises Israël « d’Etat terroriste ». Il estime que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « a surpassé Hitler ».
Des voix continuent toutefois de s’élever en Turquie pour demander le blocage des livraisons de pétrole azerbaïdjanais à Israël via le port turc de Ceyhan (sud).
Le Hamas a salué la décision de la Turquie, appelant le monde à « intensifier les mesures punitives » contre Israël.
« Nous exhortons la Turquie, les pays arabes et islamiques, ainsi que les nations du monde libre, à intensifier les sanctions contre [Israël], à rompre toute relation avec [lui] et à l’isoler, afin de l’obliger à mettre un terme à son génocide et à la destruction de la bande de Gaza », écrit le mouvement de résistance palestinien dans un communiqué.
Source: Agences