Le Cabinet libanais se réunira, jeudi prochain, sur fond des menaces israéliennes d’étendre les combats à plusieurs fronts et de la volonté de Washington d’imposer sa loi du plus fort sur le terrain, sans aucune contrainte.
Une part importante de cette réunion sera consacrée à la présentation du quatrième et dernier rapport concernant la première phase du plan visant à confiner les armes à la zone située au sud du fleuve Litani. Ce rapport sera présenté par le commandant de l’armée, le général Rodolph Haykal.
Cette réunion intervient dans un contexte politique et sécuritaire extrêmement tendu, notamment après les déclarations du Premier ministre Nawaf Salam, fin 2025, concernant le passage à la deuxième phase du plan, à savoir son extension à la zone située au nord du fleuve Litani.
Cependant, la réponse ferme du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, qui a déclaré refuser toute concession sur ce point, compliquera la tâche du gouvernement pour définir une stratégie claire pour la prochaine phase, compte tenu des répercussions potentiellement graves.
Par conséquent, toute décision pratique prise lors de cette session s’avère extrêmement complexe, compte tenu de la position de la résistance, qui contraint le gouvernement et l’armée à une extrême prudence quant à toute action potentielle au nord du fleuve.
Selon les informations recueillies auprès des participants aux réunions de ces deux derniers jours, le Premier ministre lui-même n’a toujours pas de réponse claire quant à la démarche à suivre pour la deuxième phase, se contentant de confirmer que la session comprendra la présentation du dernier rapport de l’armée sur la première phase.
Ce rapport détaille les progrès accomplis sur le terrain, notamment les armes et équipements reçus par l’armée, ainsi que les tunnels et installations inspectés et perquisitionnés.
Dans ce contexte, des sources bien informées indiquent que le général Haykal réaffirmera les difficultés rencontrées sur le terrain, entravant le déploiement de l’armée dans le sud, notamment le maintien de l’occupation israélienne de plusieurs points frontaliers.
Concernant la deuxième phase évoquée par Salam, des sources indiquent que la position de l’état-major sera claire : il est impératif de parvenir à un accord avec les parties concernées et de refuser toute implication de l’armée dans une confrontation politique ou sécuritaire. L’armée présentera également ses besoins logistiques actuels non satisfaits.
Ces besoins figurent parmi les points clés à l’ordre du jour de la prochaine conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, prévue en février prochain.
Cependant, au-delà des exigences logistiques et militaires de l’armée, la deuxième phase, dont les discussions ont déjà commencé – l’une des quatre phases restantes qui concerneront ultérieurement Beyrouth, la vallée de la Bekaa, le nord et le Mont-Liban – est considérée, au vu de toutes les données disponibles et de l’évolution de la situation, tant intérieure qu’extérieure, comme un enjeu politique majeur.
Toute erreur dans le traitement de cette question pourrait avoir de graves répercussions sur la stabilité interne.
Par conséquent, les données suggèrent que l’armée déconseillera de fixer des échéances ou des dates prédéterminées et privilégiera plutôt une évolution politique apaisée, en évitant les tensions, notamment compte tenu des inquiétudes liées aux réactions israéliennes et à la menace quotidienne d’escalade.
Pour revenir aux propos du président américain Donald Trump après sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant « la nécessité d’attendre les efforts du gouvernement », propos interprétés par certains comme l’octroi d’un délai supplémentaire, et aux positions divergentes du président libanais Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam quant à la possibilité d’une escalade, un climat de confusion règne quant aux intentions du Premier ministre israélien et au terrain qu’il choisira pour sa prochaine aventure.
Parallèlement, le ministre des Finances, Yassin Jaber, a annoncé la tenue d’une réunion du cabinet au Sud-Liban, au cours de laquelle le lancement de la phase de reconstruction devrait être annoncé. M. Jaber a expliqué que le gouvernement a entamé des négociations avec la France, qui a proposé un prêt de 75 millions d’euros spécifiquement destiné à la reconstruction.
Il a également mentionné des négociations parallèles avec plusieurs fonds arabes, notamment le Fonds arabe pour le développement économique et social au Koweït, qui s’est déclaré prêt à accorder un prêt de 120 millions de dollars.
Série de raids intensifs
À la veille de la réunion du cabinet, Tel-Aviv a lancé un message menaçant et, après avoir émis des ordres d’évacuation, a mené des frappes aériennes contre les localités d’Anan (district de Jezzine) et d’Al-Manara (dans la Bekaa ouest), ciblant, selon ses dires, des « infrastructures militaires appartenant au Hamas ». D’autres frappes ont visé les villages de Kfar Hatta (district de Sidon) et d’Aïn al-Tineh (Bekaa ouest), sous prétexte de viser des « infrastructures militaires appartenant au Hezbollah ».
L’ennemi a également mené des frappes aériennes durant la nuit contre les régions de Sarafand et de Zahrani.
Feu vert US à ‘Israël’ ?
Dans ce même contexte, les médias israéliens se sont concentrés sur les résultats divulgués de la réunion entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et les chefs de la sécurité. Lors de cette réunion, les militaires ont discuté des préparatifs militaires en vue d’un conflit sur plusieurs fronts, notamment en Iran, au Yémen, au Liban et dans la bande de Gaza.
Le quotidien israélien Maariv, citant des sources militaires, a déclaré que « l’armée israélienne s’efforce de renforcer ses capacités pour faire face à chacun des quatre fronts ».
Le journal a également souligné que « la situation au Liban a fait l’objet de discussions approfondies, l’armée présentant ce qu’elle a qualifié de violations du Hezbollah et le renforcement continu de ses positions de part et d’autre du fleuve Litani ».
Maariv a ajouté que la réunion a abordé plusieurs options opérationnelles potentielles, chargeant le Commandement Nord, le renseignement militaire, l’armée de l’air et d’autres instances d’évaluer plus en détail l’état de préparation et les scénarios futurs.
Le journal israélien a également fait état d’évaluations indiquant que « les États-Unis pourraient donner leur feu vert à Israël pour mener une opération militaire contre le Liban ».
Départ forcé pour Ortagus ?
Suite aux révélations médiatiques concernant une relation amoureuse entre l’envoyée américaine pour le Liban, Morgan Ortagus, et le banquier Antoun Sehnaoui, et sa demande de divorce pour pouvoir épouser le propriétaire de la banque Société Générale, la journaliste et militante juive américaine Laura Loomer, citant des sources qu’elle qualifie de « bien informées », a révélé que « l’administration du président Donald Trump a décidé de suspendre Mme Ortagus en raison d’activités qu’elle aurait pu entretenir avec un citoyen libanais dans l’exercice de ses fonctions officielles ».
Source: Traduit à partir d'AlAkhbar






