Un mois complet après l’annonce de l’accord de cessez-le-feu entre le mouvement Hamas et l’occupation israélienne, qui prévoyait la levée du blocus sur la bande de Gaza, l’ouverture des passages frontaliers pour l’acheminement de l’aide humanitaire et médicale, et le voyage des blessés pour les faire soigner à l’étranger, l’occupation n’a respecté aucune de ces clauses.
L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a souligné que l’occupation israélienne continue de perpétrer un génocide à Gaza sous diverses formes un mois après le cessez-le-feu.
Dans ce contexte, Maha Hussaini, directrice des médias de l’Observatoire, a déclaré au quotidien libanaise al-Akhbar : « Au cours des quatre dernières semaines, nous avons documenté la poursuite par l’armée d’occupation israélienne des crimes d’homicide intentionnel, des bombardements et de la démolition de bâtiments à Gaza. »
Hussaini a expliqué que depuis le début de l’accord de cessez-le-feu, l’armée d’occupation a tué 242 Palestiniens, dont 85 enfants, et en a blessé environ 619 autres. Elle a ajouté : « L’occupation continue d’assiéger la bande de Gaza et de maintenir des politiques de famine délibérée, privant les habitants des moyens de subsistance, puisqu’elle a empêché l’entrée d’environ 70 % de l’aide qui était censée être acheminée en vertu de l’accord. »
Elle a également souligné que l’occupation continue de priver les habitants de la bande de Gaza de leur droit à la liberté de mouvement et aux soins, d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire et d’empêcher la reconstruction.
Hussaini a affirmé que l’occupation exerce un génocide « de manière plus lente et moins bruyante, comme un génocide silencieux, d’autant plus que la couverture médiatique de Gaza a diminué par rapport au niveau d’avant le cessez-le-feu », soulignant que l’occupation continue de tuer des civils au rythme de huit personnes par jour et d’en blesser des dizaines, « dans une politique de génocide même pendant le cessez-le-feu. »
« Elle continue de priver les habitants de la bande de Gaza de leur droit à la liberté de mouvement et aux soins » (AFP)
Elle a ajouté que l’ennemi cherche à éliminer le peuple palestinien, à détruire les conditions de vie dans la bande de Gaza et à en faire un environnement inhabitable, puis à en expulser les habitants à l’extérieur du pays.
Elle a attribué la poursuite des violations au « silence de la communauté internationale face aux crimes de l’occupation depuis octobre 2023, ce qui lui a donné le feu vert pour continuer et s’entêter, faisant dépasser le nombre de victimes à 70 000, en plus des dizaines de milliers de personnes bloquées sous les décombres. »
L’Observatoire a appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à œuvrer pour mettre fin aux violations contre les Palestiniens et aux crimes « qui s’apparentent à des génocides, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. »
Le flot de sang change de rythme
Quant à Moatasem Billah Al-Haddad (18 ans), il estime que la guerre ne s’est pas arrêtée, « c’est le flot de sang qui a changé de rythme », a-t-il dit à al-Akhbar : « Le ciblage des civils se poursuit, et la famine persiste ; nous n’avons mangé ni poulet, ni viande rouge ou blanche jusqu’à présent, et ce qui est autorisé à entrer est très peu et à des prix exorbitants. »
Il a ajouté : « Peut-être que des photos montrent l’entrée de quelques aliments, mais cela ne sert à rien face à la faim, et ce sont surtout des aliments malsains comme des nouilles instantanées, des snacks et du chocolat, et même ceux-là, nous ne pouvons pas les acheter en raison de leurs prix élevés et de nos revenus limités. »
Rawane Al-Tatari (20 ans) est d’accord avec cela et dit à al-Akhbar : « Nous n’avons ressenti aucune différence entre avant et après le cessez-le-feu. Nous nous réveillons souvent avec les portes et les fenêtres qui tremblent à cause des opérations de démolition et de l’explosion des véhicules piégés dans les zones contrôlées par l’armée d’occupation. »
Elle a ajouté : « La mort nous entoure toujours. Il y a quelques semaines, 105 citoyens sont morts en une seule nuit, anéantissant tout espoir de vivre en sécurité. Après avoir remercié Dieu d’avoir trouvé un demi-logement, nous craignons aujourd’hui d’être ciblés à l’intérieur. »
Quant à Mahmoud Al-Madhoun (50 ans), il a déclaré à « Al-Akhbar » qu’il vivait dans un état de « trouble psychologique constant », affirmant : « Les explosions, les ciblages et les menaces de reprise de la guerre n’ont pas cessé. »
Il a ajouté : « On ne peut pas faire confiance à la ruse de cet ennemi. Il pourrait se retourner contre nous et reprendre la guerre, comme cela s’est produit lors de la trêve de novembre 2023 et de la deuxième trêve en janvier 2025. »
Il a souligné que « l’occupation n’a pas laissé entrer l’aide humanitaire et médicale, les tentes et les caravanes, et nous nous approchons de l’hiver sans vêtements ni couvertures que l’occupation empêche d’entrer. »
Source: Média



