L’armée d’occupation israélienne a déclaré vendredi « zone de combat dangereuse » la ville de Gaza, où elle entend lancer une offensive terrestre d’envergure après l’avoir bombardée sans répit ces dernières semaines.
« A partir d’aujourd’hui, à 10H00 (07H00 GMT), la pause tactique locale dans l’activité militaire ne s’appliquera pas à la zone de la ville de Gaza, qui constitue une zone de combat dangereuse », a indiqué l’armée dans un communiqué. Cette pause tactique de 10 heures par jour avait été décrétée en juillet dernier.
De son côté, le chef d’état-major israélien Eyal Zamir a déclaré que ses forces intensifieront leurs frappes sur la ville de Gaza dans les semaines à venir.
Selon le Haaretz, l’armée a notifié à des dizaines de milliers de soldats de réserve qu’ils devaient se présenter au service mardi prochain.
Des milliers de martyrs et de blessés prévus
Fait suspect : l’armée israélienne n’a pas appelé la population à quitter Gaza-ville, et la plupart de ses habitants ne l’ont pas quittée.
« Seules quelques milliers sont partis au sud », a alerté le conseiller l’UNRWA Adnan Abou Hasna, dans une interview avec al-Jazeera.
Des camions et des voitures surchargés de matelas, de chaises et d’effets personnels ont quitté la ville de Gaza en direction du sud du territoire en proie à la famine selon l’ONU.
« C’est la cinquième fois que je suis déplacé depuis le début de cette guerre sans fin et aujourd’hui une fois encore, je dois abandonner ce qui reste de ma maison et de mes souvenirs », a déclaré à l’AFP Abdel Karim Al-Damagh, un habitant de Gaza-ville.
Adnan Abou Hasna a mis en garde contre « une catastrophe humanitaire si l’armée israélienne fait pénétrer ses forces » dans la ville. Il a dit s’attendre à des milliers de martyrs et de blessés palestiniens.
Vers Nusseirat et Deir al-Balah ?
L’ONU estime à près d’un million de personnes la population actuelle du gouvernorat incluant Gaza-ville et ses environs.
Alors que l’armée d’occupation israélienne affirme vouloir établir dans le centre de l’enclave des points pour accueillir les habitants déplacés de la ville de Gaza, Abou Hasna a expliqué qu’elle souhaite refouler un million de Palestiniens vers des zones du centre de la bande de Gaza, comme Nusseirat et Deir al-Balah.
D’une superficie de seulement 40 km2, celles-ci abritent déjà 1,2 million de Palestiniens, et manquent d’infrastructures, d’eau, de vie et de produits de première nécessité, explique-t-il.
50 martyrs dont 21 à Gaza-ville et 22 demandeurs de l’aide
Ces trois dernières semaines, l’armée d’occupation a intensifié ses bombardements aériens sur plusieurs quartiers de Gaza et multiplié les opérations en périphérie, resserrant l’étau autour de la ville, la plus grande du territoire.
Drone israélien tueur à Gaza-ville
Elle a récemment pénétré dans les faubourgs d’Al-Zeitoun et d’Al-Sabra au sud-est de la ville de Gaza, sous le couvert de bombardements dévastateurs.
Sur les 50 Palestiniens qu’elle a tués ce vendredi à travers la bande de Gaza, 21 étaient à Gaza-ville.
22 autres sont des demandeurs de l’aide humanitaire. Ils ont été abattus par des tirs de soldats israéliens ou de contractuels étrangers travaillant pour la Fondation humanitaire de Gaza. Et ce dans la rue Salaheddine, au centre de l’enclave, sur l’axe Zikim ainsi que dans la région al-Chakouche au nord-ouest de Rafah à son sud.
Ce qui porte à 2.200 le nombre des demandeurs de l’aide qui ont été éliminés depuis le mois de mai dernier. 16 mille ont été blessés.
Les adieux d’un dame palestinienne à son mari tué pendant qu’il attendait la distribution de l’aide
Les bombardements israéliens ont également touché la vieille ville et le quartier de Zarqa (à l’est de la ville de Gaza), et le quartier de Sheikh Radwan.
« Entre 02h30 et 03H00 du matin, ils ont soudain frappé avec des barils d’explosifs. Nous sommes des civils, tous ceux qui ont été tués étaient des personnes déplacées du quartier d’al-Zeitoun, de jeunes enfants et des femmes. C’est tragique », a indiqué Saqer Irhim, 28 ans, un habitant du quartier de Tal al-Hawa du sud de Gaza-ville.
1500 bâtiments détruits à Gaza-ville par des robots

Le responsable de l’UNRWA a par ailleurs assuré que l’armée israélienne poursuit sans relâche les opérations de destructions sans précédent dans la ville de Gaza.
Révélant qu’elle utilise pour cela des robots explosifs, Abou Hasna a assuré qu’elle a éliminé plus de 1500 bâtiments ces derniers jours.
Selon le directeur général du ministère de la Santé de Gaza, le Dr Mounir al-Barch, « l’armée d’occupation utilise entre 7 et 10 robots explosifs par jour dans la ville de Gaza, transportant environ sept tonnes d’explosifs », selon Al Jazeera.
« L’occupation vise, par ses opérations de bombardement aux robots, à faciliter la pénétration des forces et des véhicules israéliens, à éviter les pertes humaines et à priver les combattants palestiniens de l’avantage de se dissimuler et de se cacher dans les bâtiments et les arbres », selon la chaine qatarie.
L’effet de l’explosion d’un robot piégé
Les robots explosifs sont à l’origine des véhicules blindés de transport de troupes M113 de fabrication américaine. Ayant été attaqués par des combattants de la résistance palestinienne, ils ont été convertis en robots explosifs.
Télécommandés à distance, leur portée de destruction est divisée en deux catégories : destruction complète et incinération dans un rayon de 50 mètres, et destruction partielle dans un rayon de 150 mètres.
« La résistance palestinienne est parvenue à neutraliser certains robots piégés, puis a utilisé les explosifs contenus dans des opérations sophistiquées et des embuscades contre les forces et les véhicules israéliens », d’après al-Jazeera.
Hamas : l’armée va en payer le prix
Abou Obeida, porte-parole militaire des Brigades Al-Qassam du Hamas, a déclaré ce vendredi après l’annonce israélienne que « les plans criminels de l’ennemi visant à occuper la bande de Gaza seront dévastateurs pour ses dirigeants politiques et militaires ».
Il a souligné que « l’armée d’occupation va payer le prix de ces plans au prix du sang de ses soldats », estimant que « les chances de capturer de nouveaux soldats vont augmenter ».
5 nouveau martyrs de la faim
Le ministère de la Santé a déploré la mort de 5 nouvelles victimes de la faim et de la malnutrition durant ces 24 dernières heures. Ce qui porte le bilan à 322 morts, dont 121 enfants.
Il fait remarquer que depuis que la famine a été officiellement déclarée à Gaza par l’ONU, le 22 août 2025, 44 décès ont été enregistrés, dont 6 enfants.
Source: Divers