Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que « son pays ne prenait ni les sanctions ni le mécanisme du snapback à la légère, considérant « qu’une grande partie de nos problèmes actuels résultent des sanctions », ajoutant que « son gouvernement chercherait inévitablement à empêcher l’activation du mécanisme ».
Dans une interview à la télévision iranienne, Pezeshkian a expliqué que « les pays qui violent le droit international n’ont pas le droit d’accuser l’Iran de violer les traités internationaux », indiquant que « l’Iran ne souhaite en aucun cas activer mécanisme du snapback ».
Notre priorité est l’unité intérieure
Le président iranien a ajouté : « Si nous avons des missiles mais que nous perdons notre peuple, alors nous n’avons plus rien », indiquant que sa crainte des divisions internes est plus grande que celle du mécanisme de déclenchement et de toute menace extérieure, appelant à une unité nationale globale.
Il a expliqué que « son principal projet au sein du gouvernement est de renforcer l’unité interne, affirmant : « Si nous renforçons notre unité interne, l’ennemi ne pourra plus nuire au pays ».
Nous ne voulons pas la guerre, mais nous résisterons à toute agression
Pezeshkian a également souligné que la République islamique « ne veut pas et ne voudra pas la guerre », notant que « l’ennemi a pensé que l’Iran serait au plus bas lorsqu’il a lancé la récente agression, imaginant que le peuple descendrait dans la rue dans les trois jours pour renverser le régime, mais cela ne s’est pas produit ».
Pezeshkian a déclaré : « Nous ne voulons pas la guerre, mais s’ils nous attaquent, nous leur résisterons avec force », soulignant « les efforts constants des États-Unis et de l’entité israélienne pour diviser et déstabiliser l’Iran ».
L’offre de repousser le rétablissement des sanctions toujours sur la table, assurent les Européens
L’offre du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne de prolonger l’accord sur le nucléaire iranien et d’éviter le rétablissement des sanctions dans 30 jours est « toujours sur table », a assuré l’ambassadrice britannique Barbara Woodward à l’ONU au nom des trois pays.
Le trio européen, connu sous le nom de E3, a déclenché jeudi le mécanisme du « snapback » permettant de rétablir les sanctions de l’ONU contre Téhéran, en vertu de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPOA) endossé par une résolution du Conseil de sécurité qui expire en octobre.
En juillet, « nous avons proposé à l’Iran une prolongation du +snapback+, si l’Iran prenait des mesures spécifiques pour répondre à nos inquiétudes les plus pressantes », notamment le respect des obligations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la question des stocks d’uranium enrichi, a rappelé Barbara Woodward devant la presse, aux côtés de ses homologues allemand et français, juste avant une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur le sujet.
Mais Téhéran a rejeté cette offre, jugeant que les Européens n’ont pas le droit de rétablir les sanctions de l’ONU levées il y a dix ans. Et « à ce jour l’Iran n’a montré aucun signe de vouloir répondre aux demandes de l’E3 », a noté l’ambassadrice britannique.
Mais le déclenchement du mécanisme de rétablissement des sanctions « ne marque pas la fin de la diplomatie. Notre offre de prolongation est toujours sur la table », a-t-elle insisté.
« Nous appelons l’Iran à revoir sa position, à accepter un accord basé sur notre offre et à aider à créer un espace pour une solution diplomatique à cette question sur le long terme », a-t-elle ajouté.
Le « snapback », différent des décisions habituelles du Conseil de sécurité, prévoit que les sanctions soient rétablies à l’issue des 30 jours à moins que le Conseil n’adopte une résolution confirmant la levée des sanctions.
Signé par le E3, l’Iran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie, le JCPOA suspend diverses sanctions économiques internationales prises par l’ONU contre l’Iran. Washington a décidé de s’en retirer en 2018 sous la première présidence de Donald Trump et a rétabli ses propres sanctions. Depuis, Téhéran s’est affranchi de certains engagements pris, notamment sur l’enrichissement d’uranium.
Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.
Source: Médias