La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont posé, le vendredi 29 août, trois conditions fondamentales au report de la réimposition des sanctions de l’ONU contre l’Iran, selon un communiqué conjoint publié avant une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU.
Les trois pays, connus sous le nom de « Troïka européenne », se sont déclarés prêts à reporter les sanctions jusqu’à six mois si Téhéran acceptait de « rouvrir l’accès des inspecteurs nucléaires de l’ONU à son programme nucléaire », de « répondre aux préoccupations concernant son stock d’uranium enrichi » et d’« engager des négociations avec les États-Unis ».
L’ambassadrice britannique auprès de l’ONU, Barbara Woodward, a déclaré : « Nos exigences sont justes et réalistes, mais jusqu’à présent, l’Iran n’a montré aucun signe de sérieux quant à leur satisfaction. »
Elle a appelé Téhéran à « reconsidérer sa position et à parvenir à un accord sur la base de notre offre, et à contribuer à créer un climat propice à une solution diplomatique durable.»
Iran : Conditions irréalistes
En revanche, l’ambassadeur d’Iran auprès des Nations Unies, Amir Saeed Iravani, a rejeté l’offre européenne, la qualifiant de « pleine de conditions préalables irréalistes », ajoutant que « ces exigences devraient être l’aboutissement de négociations, et non un point de départ, et ils savent qu’elles ne pourront être satisfaites ».
M.Iravani a souligné que ce qui est actuellement requis, c’est un soutien à une « prolongation technique brève et inconditionnelle de la résolution 2231 », qui a jeté les bases de l’accord nucléaire de 2015, lequel prévoyait la levée des sanctions onusiennes et occidentales contre l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire.
Projet sino-russe
Parallèlement, la Russie et la Chine ont soumis au Conseil de sécurité un projet de résolution appelant à une prolongation de six mois de l’accord nucléaire, exhortant toutes les parties à reprendre immédiatement les négociations. Cependant, les deux pays n’ont pas encore demandé de vote sur ce projet.
L’ambassadeur iranien a décrit le projet de résolution russo-chinois comme une « mesure concrète pour donner plus de temps à la diplomatie », soulignant que son adoption requiert au moins neuf voix pour, à condition qu’aucun des cinq membres permanents (Grande-Bretagne, France, États-Unis, Chine et Russie) n’utilise son droit de veto.
Sur le terrain, les inspecteurs de l’ONU sont retournés en Iran pour la première fois depuis la suspension de la coopération en juin, suite à l’agression américaine et israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Cependant, aucun accord n’a encore été trouvé sur un mécanisme de reprise complète des travaux entre l’Iran et l’AIEA.