Les expulsions menées par ‘Israël’ en début d’année 2025 de dizaines de milliers de Palestiniens qui vivaient dans trois camps de réfugiés en Cisjordanie occupée constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a déclaré ce jeudi Human Rights Watch.
L’ONG a appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour que les responsables israéliens rendent des comptes et pour éviter des exactions supplémentaires.
Dans un rapport, intitulé « Tous mes rêves ont été effacés », Human Rights Watch note qu’environ 32.000 habitants des camps de Jénine, Tulkarem et Nour Shams ont été déplacés de force par l’armée israélienne en janvier et février derniers durant l’offensive israélienne « Mur de Fer ».
Ces personnes n’ont pas été autorisées à revenir, tandis que des milliers d’habitations ont été détruites par l’armée d’occupation, est-il écrit dans le document de 105 pages, cité par Reuters.
« Dix mois après leur déplacement, aucune des familles de résidents n’ont été en mesure de retrouver leurs maisons », a déclaré mercredi à Reuters une chercheuse de HRW, Milena Ansari.
Les conventions de Genève interdisent tout déplacement de civils hors de territoires occupés, à l’exception de mesures temporaires pour des impératifs militaires ou pour la sécurité de ces civils.
Ni abri, ni aide
Human Rights Watch a déclaré que les représentants israéliens de haut rang responsables de ces agissements devaient être poursuivis en justice pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Dans son rapport, HRW décrit comment les soldats israéliens ont pris d’assaut des habitations, les ont saccagées, et ont donné des ordres aux familles via des haut-parleurs installés sur des drones.
L’armée d’occupation israélienne a utilisé des bulldozers pour raser des bâtiments contraignant les habitants à fuir, affirme l’ONG.
L’occupation n’a proposé ni abri, ni aide, n’offrant d’autre choix aux familles que de s’entasser chez des proches ou de chercher refuge dans des mosquées, des écoles et des associations caritatives, est-il ajouté dans le document.
Expulsé du camp de réfugiés de Jénine avec les membres de sa famille, Hicham Abou Tabeekh a dit n’avoir rien pu emporter avec eux quand ils ont été expulsés de leur logement.
« Ni nourriture, ni boisson, ni médicaments (…) Nous vivons une vie très compliquée », a-t-il dit mercredi à Reuters.
Human Rights Watch indique avoir interrogé 31 Palestiniens déplacés de trois camps de réfugiés de Cisjordanie occupée et avoir analysé des images satellite, des ordres de démolition et des vidéos à l’authenticité vérifiée.
L’ONG a recensé plus de 850 structures détruites ou lourdement endommagées, tandis que les Nations unies en ont comptabilisé 1.460.
Appel à des sanctions ciblées
Ces expulsions, menées alors que l’attention de la communauté internationale était focalisée sur la bande de Gaza, font partie des crimes d’apartheid et de persécution, a dit Human Rights Watch.
Une commission d’enquête indépendante de l’Onu a conclu dans un rapport distinct publié en septembre dernier qu’Israël commettait un génocide dans la bande de Gaza et que les plus hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont incité à de tels actes.
En marge du siège total lancé par ‘Israël’ contre la bande de Gaza, l’armée israélienne a tué près de 1.000 Palestiniens en Cisjordanie occupée, où elle a également démoli des habitations et accéléré l’installation de colonies, a déclaré HRW.
L’armée d’occupation a eu un recours accru aux détentions arbitraires, tandis que les faits de violence commis par des colons et les faits de torture de détenus palestiniens se sont multipliés, est-il ajouté dans le rapport de l’ONG.
La plupart de la communauté internationale considère les colonies israéliennes comme illégales au regard du droit international.
Human Rights Watch exhorte les gouvernements à imposer des sanctions ciblées contre des responsables et commandants israéliens, à suspendre les ventes d’armes à ‘Israël’ et les bénéfices commerciaux dont il dispose.
L’ONG appelle également à faire respecter les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale. La CPI a émis des mandats d’arrêt visant Benjamin Netanyahu ainsi que son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.
HRW décrit les expulsions menées par l’armée israélienne comme du nettoyage ethnique.






