Les autorités américaines ont arrêté et placé en détention une étudiante turque, dernier exemple en date de la volonté de l’administration Trump de museler le mouvement pro-palestinien sur les campus universitaires aux Etats-Unis.
Rumeysa Ozturk est détenue par le département de la Sécurité intérieure depuis mardi et a déposé une requête pour obtenir des autorités qu’elles expliquent sur quelles bases légales elles l’ont arrêtée, selon un document judiciaire consulté mercredi par l’AFP.
Aux termes de cette requête, un juge a décidé qu’elle ne pouvait pas être légalement transférée en dehors de l’État du Massachusetts, où elle étudie à l’université Tufts.
L’étudiante a co-signé en mars 2024 un article dans son journal universitaire, le Tufts Daily, critiquant la façon dont son établissement gérait le mouvement de contestation contre la guerre menée par ‘Israël’ à Gaza.
Selon ce même journal universitaire, qui présente Rumeysa Ozturk comme une aspirante au doctorat, la jeune femme était détenue mardi soir à Somerville, dans le Massachusetts.
Et puis, un doctorant de l’Université d’Alabama a également été arrêté mardi par les services de l’Immigration et des Douanes (ICE).
Selon The Crimson White, Alireza Doroudi, doctorant iranien en génie mécanique, a été arrêté par des agents de l’ICE mardi à 5 heures du matin à son domicile.
Alireza Doroudi est répertorié sur le localisateur en ligne de l’ICE comme étant détenu, mais la cause et le lieu de sa détention ne sont pas indiqués.
Alex House, porte-parole de l’Université de l’Alabama, a déclaré mercredi dans un communiqué : « L’Université de l’Alabama a récemment appris qu’un doctorant avait été détenu hors du campus par les autorités fédérales de l’immigration ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a pris en grippe les grandes universités accusées de laisser prospérer sur leurs campus des manifestations propalestiniennes.
Le cas le plus emblématique, ces dernières semaines, est celui de la prestigieuse université new-yorkaise de Columbia, que le président américain accuse de laxisme et de ne pas suffisamment ‘protéger les étudiants juifs sur le campus’.
Son gouvernement a pour l’heure coupé 400 millions de dollars de subventions fédérales à l’université pour la faire plier et menacé les autres établissements de renom comme Harvard ou Stanford de subir le même sort s’ils ne suivent pas ses directives.
La police fédérale de l’immigration a arrêté début mars une figure de ces manifestations à Columbia, Mahmoud Khalil, un détenteur de la carte verte de résident permanent que le gouvernement veut expulser coûte que coûte.
Une manœuvre contestée en justice et qui suscite un vif émoi aux États-Unis, notamment parmi les défenseurs de la liberté d’expression.